26 décembre 2005

ANTARCTIQUE - RETOUR DANS LE PASSAGE DE DRAKE

Je me réveille à 8h00 pour le petit déjeuner, mais quand j'arrive dans la salle, il n'y a personne. La table n'est même pas encore mise. La serveuse qui est là, me dit que c'est à 9h00 car comme il n'y a plus de sorties, il n'y a plus besoin de le faire tôt. En plus, il fait un soleil radieux, et pas un iceberg à l'horizon pour en profiter.
Christophe arrive quelques seocndes plus tard, il s'est trompé comme moi. Du coup, nous nous installons dans la bibliothèque et on se met à délirer un ptit coup pour bien commencer la journée, en pensant à toutes les conneries qu'on auraient pu faire si nous n'avions pas eu les organisateurs sur le dos tout le temps. Du genre : attraper un pingouin et le prendre en photo avec des lunettes de soleil, ou lui mettre un masque et une cape, reconstituer un squelette de baleine avec les os qui traînaient sur la plage, etc ...

Il n'y a pas grand monde qui se pointe à 9h00. Le Passage de Drake fait son effet sur nos appétits.
Le petit-déjeuner terminé, j'ai une visite de la salle des machines qui m'attend avec quelques autres. Je descend dans la cabine du chef machiniste, un petit local avec une console de contrôle bardées de boutons et de jauges. Nous mettons des casques anti-bruit, et nous pénétrons dans la salle des machines. C'est un enchevêtrement impressionnant de tuyaux de toutes les tailles et de robinets. Plus bas, se trouve l'énorme moteur qui fait tourner les hélices. Nous passons ensuite dans la proue, mais ça commence à trop tanguer pour moi, et je remonte avant de me sentir trop mal. Le ciel s'est couvert et nous naviguons maintenant dans un épais brouillard.

 


 

Je vais m'allonger dans le salon et m'endors jusqu'au déjeuner, que j'expédie. L'après-midi se passe tranquillement entre siestes et tri des photos pour le blog.

25 décembre 2005

ANTARCTIQUE - ILE DU ROI GEORGE Ier - PUNTA HENNEQUIN

Je me réveille à 7h00, et je ne me sens pas très bien car la mer est toujours aussi agitée qu'hier soir. Je retrouve Christophe au petit déjeuner, puis Audrey qui, comme moi, commence a avoir le mal de mer. Du coup, je ne mange pas grand chose. Le Capitaine nous rejoint à table, et je demande des cachets qu'il envoi faire chercher par une serveuse. Ca fait bizarre de les revoir sérieuses au travail, nous traitant à nouveau comme des clients, alors qu'hier soir, on avait "cassé la glace" en discutant et dansant.
Le cachet m'assomme et je retourne dans mon lit. Je dors jusqu'à 13h00, et ça va beaucoup mieux en me réveillant.

Nous apprenons que l'escale dans la Baie de la Demi-lune sur l'île de Livingstone est annulée en raison des conditions météo trop mauvaises. Nous continuons donc notre route vers l'île du roi George Ier. Je m'installe dans la bibliothèque pour écrire jusqu'à 16h00, puis je monte sur le pont pour voir ou nous sommes. La bateau s'est arrêté dans une baie entourée de nombreux glaciers d'une taille monstrueuse, au point que leurs sommets se noient dans les nuages. Ils recouvrent les montagnes (parfois un pic réussit a émerger) puis se jettent dans la mer.

L'organisateur annonce au micro que nous sommes arrivés à notre nouvelle destination. Le ciel est gris, le vent est fort, il neige même un peu. Ce n'est pas très encourageant pour sortir dehors, mais c'est la dernière fois que nous posons le pied en Antarctique, donc je vais en profiter au maximum.

Nous sommes à Punta Hennequin, devant une côte qui abrite de nombreux vestiges de l'époque des baleiniers. Nous débarquons sur la plage où des gros morceaux de glace flottent près de la rive en créant une barrière blanche. Il faut les écarter pour pouvoir accoster avec le Zodiac.


Nous sommes encore sur une île volcanique a en juger de la cendre qui jonche le sol. Pour une fois, il n'y a pas de pingouins. Nous sommes juste autorisés a rester sur la plage, où des immenses os de baleines jonchent le sol. Un vrai cimetière ! Un os de vertèbre fait en moyenne deux fois la taille de ma tête et les côtes font jusqu'à 4 mètres de long. Des colonnes vertébrales entières pourraient être reconstituées mais nous n'avons pas le droit de toucher et déplacer les os.

 


Je marche jusqu'à un phoque qui se repose sur les galets, je prend quelques photos, puis je fais demi-tour avec Christophe qui m'a rejoint pour aller faire des photos un peu délirantes avec les os de baleine.
Le rappel sonne à 18h00, et je quitte l'île dans le dernier Zodiac.

 

 


Le bateau prend la direction d'Ushuaïa en empruntant le Passage de Drake, qui va nous secouer, comme à l'aller. Le médecin de bord va encore être très sollicité a en juger déjà par l'état de certains.

 

Je profite de mes derniers repas à bord tant que je me sens bien : double portion de frite et double dessert. Le Capitaine a encore squatté à notre table, et à la fin du repas, il nous ramène une bouteille de blanc pétillant qui n'est pas mauvaise.
Il y a un film en projection ce soir, mais je préfère faire le tri des photographies de la journée. Vers 23h00, nous dépassons le dernier iceberg  avant le Passage de Drake que j'immortalise, même s'il n'est pas le plus beau que j'ai vu ces derniers jours. Voilà... le cadeau de Noël est fini.

 

24 décembre 2005

NOËL EN ANTARCTIQUE

Le débriefing de notre promenade en Zodiac terminé, chacun va prendre sa douche et revient pour un cocktail. Christophe et moi, nous nous faisons des Martinis "On The Rock" avec le morceau d'iceberg que nous avons ramené. Ca, c'est la classe !

Au dîner, nous faisons une table de français, auquel se joint Amichaï, notre ami israélien, et le Capitaine qui a un petit faible pour Audrey. Le repas n'est pas mal, mais pas exceptionnel pour un réveillon. Je vais chercher ma bouteille de vin que je porte depuis que je suis en Amérique latine : un Margaux Grand Cru Classé de 1997 (Château Boyd-Cantenac), qui fait sont petit effet sur la table. Il était temps que je l'ouvre car ça faisait lourd dans mon sac. Le capitaine garde le bouchon en souvenir, et se fait prendre en photo avec la bouteille. Mais attention, il faut que ses galons soient surtout bien visibles !



Le repas terminé, un autre cocktail, avec tout l'équipage cette fois, a lieu dans le grand salon. Les serveuses nous apportent des Pisco Sour, boisson alcoolisée nationale du Chili et du Pérou. Puis elles vont se changer, et viennent se joindre à nous. La musique démarre et on peut se mettre à danser. Les "vieux" sont vite partis se coucher, donc il ne reste plus grand monde dans le salon dès 23h00. Ce n'est pas très grave car la vraie fête n'a pas lieu ici, mais en dessous, avec uniquement le personnel de bord, à partir de minuit et demi. Une des serveuses nous a proposé de se joindre à eux. Je suis fatigué par les longues journées que nous avons, mais je vais aller y faire un tour quand même.

Minuit arrive. Il fait encore jour et il neige. Nous faisons une photographie en souvenir dehors, et nous rentrons vite au chaud. Christophe, Amichaï et moi, attendons de pouvoir rejoindre l'équipage en bas. Le capitaine nous croise et nous fait signe que nous pouvons y aller. C'est dans un petit local, au premier niveau, qui fait un peu squat. Nous sommes les seuls "étrangers" bien sûr... Musique plutôt latine, ça bouge bien, mais rapidement, les vagues se chargent de nous remuer encore plus, et le mal de mer n'est pas très loin. Je vais me coucher à 2h00, épuisé.

ANTARCTIQUE - PUERTO FOYN - PROMENADE EN ZODIAC DANS LA BAIE

Le bateau s'est stationné dans une nouvelle baie entourée de montagnes magnifiques, et de glaciers aux bords fissurés, à deux doigts de s'effondrer dans l'eau. Notre "Ice captain" a soigneusement choisi l'endroit.

 
     
 

Un premier groupe part en Zodiac à 14h30, puis à 15h30, c'est notre tour. Nous nous dirigeons d'abord sur une île où des chasseurs de baleines ont abandonné des tonneaux de poudre, puis nous faisons un stop sur une autre île où un phoque dors sur les galets du rivage. Nous attendons 10 minutes dans le froid que ce gros paresseux daigne bouger un peu pour prendre une photo, mais à part la narine droite qui s'ouvre de temps en temps, il n'esquisse pas l'ombre d'un mouvement.

 

 


Nous repartons et nous rapprochons d'un petit iceberg bleu, magnifiquement sculpté par le vent et l'eau. Le Zodiac le contourne pour l'admirer sous plusieurs perspectives, et à chaque fois, c'est une nouvelle oeuvre d'art qui se présente devant nous. La nature est un artiste qui fait des merveilles. Je le constate depuis plus de 7 mois maintenant. Nous renouvelons l'expérience un peu plus loin avec un autre iceberg, et le spectacle est toujours au rendez-vous. Christophe réussit même a décrocher un morceau de glace que nous ramenons à bord.




Le Zodiac se dirige ensuite vers une épave de bateau rouillée dont la proue pointée vers le ciel donne un caractère dramatique à la scène. Le naufrage a eu lieu en 1950. C'est un bateau norvégien qui transportait de l'huile de baleine qui à pris feu. Il a brûlé pendant plus de 3 jours, mais le capitaine a réussit à sauver tout son équipage. Nous accostons l'épave pour passer une tête par les hublots et la rambarde.

 

Nous revenons à l'Ushuaïa au bout d'une heure. Un buffet de nougat, chocolat, fruits sec et des gâteaux aux fruits nous attend, pour enchaîner sur le débriefing de la journée. C'est l'anniversaire d'une touriste et les organisateurs nous font chanter "Bon anniversaire" dans toutes les langues. Les versions chinoises et israéliennes sont sympathiques. Ensuite, les préparatifs pour Noël commencent.

ANTARCTIQUE - DANCO ISLAND

Exceptionnellement, je me suis permis de me lever à 7h00 ce matin car la baie n'avait pas un grand intérêt au niveau photographique. Il neige toujours, et c'est magique de découvrir le paysage depuis le pont.


Le bateau repart pendant le petit-déjeuner, et nous passons devant la base chilienne qui se trouve sur un rocher. Un bateau mouille juste à côté et quand nous le dépassons, quelques membres de notre équipage vont sur le pont pour faire un coucou à leur homologues chiliens en les regardant dans les jumelles.



Nous arrivons à l'île de Danco, qui ne renouvelle pas le genre. Les éternels pingouins sont là. Comme l'île est recouverte de plusieurs mètres de neige, ils ont tracé un réseau de chemins de 50 cm de profondeur avec des bifurcations, des embranchements, qu'ils empruntent a la queue leuleu. J'aperçois un pingouin qui commence sa descente et je me poste au bout du chemin pour le photographier. Mais dès qu'il me voit, il s'arrête, réfléchit, et fait demi-tour jusqu'en haut pour prend un autre chemin. Pas con le pingouin !

 

 

Je continue mon ascension de l'île et grimpe jusqu'au sommet d'où la vue sur le glacier qui se jette dans la baie, me rappelle les photos du Perito Moreno. La neige est molle et des que je sors du chemin, je m'enfonce jusqu'à la taille. C'est l'occasion de faire quelques bonnes photos.




J'ai rapidement les pieds gelés donc je redescent au bout de 30 minutes. La pente est suffisante pour tenter de faire de la luge sur le ventre. Christophe part en premier et me trace une piste. Je me lance à mon tour mais je n'avance pas vite, et suis obligé de donner des coups de jambe et de m'aider de mes mains pour continuer la descente. Maintenant, je sais ce que c'est la vie de pingouin ! Je fais un rapide tour sur la plage, qui me permet de ce qui ce passe sous la neige. En fait, nous sommes sur un glacier qui avance et se casse au niveau de la plage de galets. Un espace subsiste entre le sol et la glace, ce qui me permet de passer ma tête dedans. Et voilà, ce que j'y vois : La glace a pris une couleur jaune-verte, et se termine en stalactites translucides.


Quelques photos, et je reprend le Zodiac.

23 décembre 2005

ANTARCTIQUE - BARBECUE ET GROSSE FATIGUE

Sur le bateau, c'est la surprise pour le déjeuner. Compte-tenu du soleil splendide et de l'absence totale de vent, les organisateurs ont décidé de faire un barbecue sur le pont arrière !!! Une garden-party en Antarctique ... Avec Christophe, nous hallucinons.



Les tables sont déjà installées quand nous arrivons, et la viande est sur le grill. Nous nous prenons une bouteille de vin et le festin commence. Les vieux se sont rués sur le buffet comme des affamés qui n'ont pas mangé depuis 3 jours. Nous attendons que la queue se termine pour y aller à notre tour.


Une fois le barbecue terminée, le bateau repart dans le canal et la magie de l'Antarctique continue. L'eau est comme un miroir, et la beauté des montagnes est multipliée par deux lorsqu'elles se reflètent dans la mer.

 




J'ai un  gros coup de barre après le repas : le bateau repart pour 2 heures de trajet, et j'en profite pour aller écrire le carnet de bord de la veille. Mais je m'allonge et je m'endors sur le canapé de la bibliothèque. Quand je me réveille, je monte aussitôt sur le pont pour voir ou nous sommes. Je croise Audrey :
- "Ah te voilà toi ! C'était génial, émouvant même...
- Heuuuu... de quoi tu parles là ?
- Bin du passage dans le canal. T'étais pas en train de prendre des photos ?
- Tu plaisantes ? Merde ! J'ai rien vu, je me suis endormi dans la bibliothèque ...  je dors depuis une heure.
- Quoi ?!?! Merde, j'en ai pris aucune car comme je ne te voyais pas, je croyais que tu étais en train de mitrailler !
- Bin non ...

Elle me fait le descriptif de ce que j'ai raté... je suis vert.

ANTARCTIQUE - GOUDIER ISLAND - UNE STATION POLAIRE AU BOUT DU MONDE

Je me lève à 5hOO ce matin car les organisateurs nous ont prévenus que le paysage serait très beau, et je fonce aussitôt sur le pont. La vision qui s'offre alors à moi est tout simplement époustouflante : nous sommes entourés d'une chaîne de montagnes escarpées recouvertes de glace, alternant avec d'immenses champs de neige, et sur l'eau, des icebergs sont judicieusement clairsemés. Un filet de nuages coupe les montagnes en deux. Mais surtout, la surface de l'eau est tellement calme qu'elle reflète l'ensemble dans une image presque parfaite. Une vision tout simplement féerique.

 

 



Le bateau reste immobilisé au même endroit pendant 1 heure, me permettant d'apprécier pleinement le spectacle, puis nous repartons et nous enfonçons dans le canal de Lemaire, un étroit passage où des dizaines de glaciers continentaux descendent des montagnes et se brisent net dans l'eau pour former les icebergs. Tout le monde est sur le pont avant, penché au dessus des rambardes, pour regarder la proue du bateau briser les plaques de glaces qu'il heurte.

 

 

La base antarctique anglaise sur l'île Goudier se trouve au milieu de ce canal, dans une petite baie abritée des vents appelée Port Lockroy. Ce n'est qu'un rocher d'une centaine de mètres au pied d'un glacier, sur lequel une baraque en bois aux fenêtres rouges est plantée. Le rocher est aussi une zone de nidification de pingouins. Nous n'avons donc pas le droit de nous promener partout. L'île n'est déjà pas grande, mais là, on va vite en faire le tour ...




Le Zodiac doit éviter quelques morceaux de glace avant de toucher terre. Pour une fois, c'est moi le premier de la journée à fouler le sol de l'Antarctique. L'odeur caractéristique de nos amis les pingouins me saute au nez. Ils ont tracé des chemins dans la neige entre les différentes zones, et il faut se pousser pour leur laisser la voie libre dès que l'un d'eux approche. La photo de la matinée, c'est ce pingouin au garde-à-vous devant le drapeau anglais. En fait, il a fait son nid au pied du mat, et garde cette position pendant des heures. L'eau cristalline autours de l'île permet d'observer les pingouins en train de nager jusqu'aux rochers à plusieurs dizaine de mètres de la rive.

 

 

La station est aussi un musée historique. L'intérieur de la base à été parfaitement conservé dans l'état où elle se trouvait il y a plus de 50 ans. Dans la cuisine, les boites de conserves sur les étagères sont intactes, et toutes les autres pièces rendent parfaitement l'atmosphère de l'époque. C'est vraiment génial.

 

Je reste 2h00 sur l'île et rentre avec le dernier Zodiac.

ANTARCTIQUE - PLENAU ISLAND - LES PINGOUINS FONT DE LA LUGE

Le bateau s'arrête à la sortie du canal devant une petite île d'1 kilomètre, au pied d'une montagne. L'île de Pléneau, du nom de son découvreur français, est un cailloux recouvert de neige qui, pour faire dans l'originalité, abrite une colonie de pingouins Gentoo. Le ciel est couvert d'un épais manteau nuageux, ce n'est pas terrible pour les photos. En plus, je suis encore à moitié endormi, et je ne suis pas tellement motivé pour une sortie. J'enfile quand même ma combinaison, je me fais un café à toute allure, et me voilà dans le sas des Zodiac.



Aussitôt le pied à terre, j'entame la marche dans la neige pour aller de l'autre coté, d'où la vue est censée être superbe. Avec les bottes en caoutchouc, ce n'est pas très pratique, mais surtout mes pieds sont gelés au bout de 10 minutes. Le paysage de désolation avec sa glace à perte de vue donne toujours cette impression d'être au bout du monde. C'est la réalité en fait, mais je ne me rend toujours pas compte je pense.

 

Ce qui est bien sur cette île, c'est qu'elle est appropriée pour faire des chouettes vidéos des pingouins. Pour rejoindre leur nid sur les rochers en hauteur depuis la rive (ou inversement), ils doivent traverser un champ de neige. Pour cela, ils ont une technique particulière : ils se mettent sur le ventre et pédalent dans la neige pour grimper la pente. Pour descendre, c'est plus simple et plus rapide : sur le ventre, un coup de patte, et hop, ça fait une luge. Ils sont trop rigolos !



Je traverse aussi le champ de neige et j'arrive sur un promontoire d'où la vue panoramique vaut le coup d'oeil. L'eau aux alentours de l'île est limpide et permet de voir les fonds marins avec leurs dégradé de couleurs. Ca me fait penser aux photos aériennes des îles paradisiaques entourées de coraux, sauf que là, il fait 0°C.


Je fais faire des photos de moi dans la neige, en marchant un peu et en m'enfonçant jusqu'à la taille. Forcément, dès que les autres voient ça, ils veulent faire la même. Et bientôt, tout le monde se retrouve avec de la neige jusqu'à la taille en train de faire les cons dans toutes les positions. L'idée était donc bonne ! ;-)


Je retourne vers les Zodiacs à 19h00, en dernier, comme souvent. On enchaîne sur le dîner où on se fend la poire. On fait un super trio avec Christophe et Audrey. Et même avec Marité, une retraitée Française que nous avons commencé à connaître il y a 2 jours. Je suis content de les avoir avec moi en expédition et de passer Noël avec eux.

Pour finir la journée en beauté, le bateau repasse par le canal de Lemaire pour le chemin du retour. Cette fois, je suis sur le pont, paré à mitrailler. Le canal est très étroit et longe une chaîne de montagnes aux parois vertigineuses blanchies par la glace. On se sent tout petit ici. Et comme nous sommes protégés du vent, le bateau navigue sur une mer d'huile qui reflète parfaitement le paysage. Audrey avait raison, c'est fabuleux. Le canal s'élargit petit à petit et le vent revient cassant le miroir de l'eau.



 


Le dîner est servit donc je me met à table, mais prêt à bondir dehors si j'aperçois quelque chose qui vaut une photo. Le bateau stationne pour toute la soirée dans une baie, à proximité d'une station polaire chilienne que nous ne pouvons pas apercevoir. Une brume dense est apparue après le dîner, puis la neige s'est mise à tomber. Je peux tranquillement écrire pour le blog toute la soirée, pendant que les autres vont au cours de tango donné dans le salon.

22 décembre 2005

ANTARCTIQUE - DECEPTION ISLAND - DES PAYSAGES SURRÉALISTES

Les traditionnels icebergs nous accompagnent jusqu'à Deception Island que nous atteignons à 15h00. L'île volcanique est en fait une caldeira d'effondrement. Les montagnes recouvertes partiellement de neige forment un anneau de 2 kilomètres de diamètre dont le centre est submergé par la mer. L'entrée dans la caldeira se fait pas un étroit passage devant lequel des hauts et étroits pitons rocheux semblent faire la sentinelle. De l'extérieur, la côte nous offre de somptueuses formations rocheuse colorées.

L'île fut utilisée comme une base de chasseurs de baleine dès 1918, puis repris par les anglais après la seconde guerre mondiale pour en faire une base scientifique. Une éruption volcanique en 1967 les forcent a abandonner l'île. Ils reviennent l'année suivante, mais abandonne la station définitivement suite à 2ème éruption en 1963 qui la détruit entièrement. Aujourd'hui, les vestiges de la station sont classés Monument Historique de l'Antarctique. Ce sont des cabanes en bois éventrées ou recouvertes de cendre, ainsi que d'immenses réservoirs d'essence rouillés et vides, ainsi que quelques autres vieilleries métalliques.

Le bateau jette l'encre au milieu de l'île et les Zodiacs nous débarquent sur la plage de sable noir. De la fumée émane du sol car des geysers réchauffent l'eau du lac. Sur plusieurs mètres, un nuage de brume chaude nous enveloppe et crée une atmosphère mystique. On se croirait sur un autre monde. Je marche en longeant la plage (ça me permet de me réchauffer les pieds!) en admirant un paysage de désolation, sûrement crée par la dernière éruption volcanique.


Des barques de l'époque des baleiniers à moitié recouvertes de cendre, et des os de baleines traînent sur la plage. Quelques petits icebergs flottent a 2 mètres de la rive. L'un d'eux, superbement sculpté par l'eau et les vents s'est échoué. Il y a aussi quelques pingouins esseulés qui renforce cette impression de bout du monde. Je ne sais pas ce qu'ils contemplent, mais ca a l'air intéressant, vu le temps qu'ils y passent !

 

 

 

 


Une cabane de tôle est restée debout au loin dans un champs désertique, mais il n'y a plus de fond, ce qui permet de voir le reste du paysage à travers la porte. Arrivé au bout de la plage, je grimpe sur montagne dont la pente est un champ de cendres orange où sont parsemées des rochers. Ca me rappelle le Sud Lipez en Bolivie, avec ses paysages dignes de tableaux de Salvador Dali. Bref, cette île est un paradis pour faire des photographies d'ambiance surréalistes.

 

 

Je redescend vers la plage en empruntant un chemin qui longe la pente de la montagne mais un membre organisateur de l'expédition me fait des grands signes au loin pour me dire de rebrousser chemin et reprendre le même chemin par lequel je suis monté. Les déplacements sur l'île sont ultra réglementés, il y a des zones interdites, et bien sûr, il faut toujours que j'y mette les pieds...

Je rejoint les organisateurs qui se sont postés au bout de la plage pour nous empêcher d'aller plus loin. En effet, un bébé phoque avec sa fourrure grise dort sur le sable. De retour vers le groupe, des téméraires touristes sont en train de se baigner dans l'eau chaude fumante. J'y serai bien allé aussi mais je n'ai pas pensé a prendre mon maillot de bain et il me reste des choses à voir sur l'île.


Je vais visiter rapidement les installations en ruine de la base, et je reviens juste à temps pour prendre le dernier Zodiac de la journée.

 

 

 


Je suis claqué ce soir. J'ai les yeux explosés à cause de la forte luminosité, et ici les UV sont plus forts que n'importe où ailleurs sur Terre en raison de la finesse de l'atmosphère aux pôles, et bien sûr, du trou dans la couche d'ozone. Heureusement, il pas de grand spectacle sur la mer ce soir et je peux aller me coucher à minuit. Encore une journée fabuleuse qui s'achève.

 

ANTARCTIQUE - LIVINGSTONE ISLAND - ENCORE DES PINGOUINS ET DES ELEPHANTS DE MER

Estimant que j'ai assez pris de photographies d'icebergs pour le moment, je m'accorde une grâce matinée jusqu'à 6h00. Je ne suis pas le seul a avoir eu ce raisonnement ce matin, car quand j'arrive sur le pont de commandement, il n'y a personne à part moi. L'officier me dit que si j'étais arrivé 10 minutes plus tôt, j'aurai eu droit à un spectacle de baleines qui ont fait plusieurs sauts juste devant la proue du bateau. A part ça, la mer est calme, quelques icebergs flottent au loin, et nous longeons la côte enfouie sous un immense glacier qui fini sa course dans l'eau, le tout sous un superbe soleil.



 

Notre destination est Livingstone Island, une île volcanique dont la baie accueille une colonie de pingouins Gentoo et Chinstrap. Et si nous avons de la chance, nous pourrons même voir un pingouin Macaroni, avec ses sourcils oranges. Pour les 2 autres, la différence se situe au niveau de leur tête qui n'arbore pas les même motifs, ni la même couleur de bec.

Le petit déjeuner fini, je vais enfiler mes couches de vêtement, mes bottes, et me voilà qui débarque l'île dès 9h00. Un os de baleine, une vertèbre je pense, gît sur la plage. L'île est composée d'un grande pente sur laquelle les pingouins ont élus domicile pour faire leur nid, en raison de l'exposition permanente au soleil.

 

Au milieu d'un groupe immobile, le guide nous montre le fameux Macaroni. Ses longs sourcils oranges et ses yeux cramoisis lui donne un air sévère, voire agressif. Lorsqu'il commence à bouger un peu trop, il se fait mettre à la porte par les autres pingouins, qui le poussent hors du cercle de nidification.

 

Leur nids, fait de cailloux empilés, ressemblent à des cratères desquels rayonnent des traces blanches. Après avoir observé un pingouin en train de faire sa "grosse commission", je comprend que les traces blanches sont en fait leurs fientes, savamment orientées...

 

Nous grimpons la côte jusqu'au rebord de la falaise d'où la vue sur la baie est fantastique. Tout en bas, un phoque se prend son bain dans une petite lagune, qui sert aussi de "piste d'atterrissage" pour les pingouins qui s'éjectent de l'eau.


 

Nous devons attendre pendant que le groupe précédent se déplace pour pouvoir à notre tour longer le flanc de la montagne pour atteindre un point de vue sur une plage où se prélassent des dizaines d'éléphants de mer. Ils ont squatté le point de vue pendant une demi-heure, profitant bien du soleil, et partant quand ce dernier est passé derrière les nuages. Les enfoirés !


Nous marchons dans un chemin de cendre volcanique qui domine une longue plage où des morceaux de glaces, gros comme des ballons de baudruche, s'accumulent, poussés par les vagues. 2 éléphants de mer se font des mamours dans l'eau en émettant des bruits qui ressemblent à des rots monstrueux, tandis que ceux sur la plage font plutôt dans le registre du pet foireux de 60 décibels, dont l'onde de choc fait onduler leur graisse. Charmants animaux ...


Aussi gros et lourds soient-il sur terre (plus de (5 mètres pour certains, et quelques tonnes), quand ils sont dans l'eau, ils acquièrent une agilité et une force qui leur permet de darder leur museau à plus de deux mètres de haut. Il y en deux autres qui s'amusent dans l'eau sous nos yeux.  Leur jeu consiste à se mettre des coups de tête, mais comme ce n'est que de la graisse, ça ne doit pas faire trop mal. Je filme toute la scène, puis je reprend la marche vers l'extrémité de la plage où le premier groupe est déjà en train de monter dans un zodiac.

 

D'autres mastodontes gisent sur la plage, projetant du sable en l'air en grattant le sol avec leurs nageoires. Quelques pingouins passent entre eux, insouciants, alors qu'il pourraient de retrouver aplatit comme une crêpe si l'un des éléphant venait a se retourner d'un coup sec.

 

Nous arrivons à notre tour au lieu d'embarquement. En attendant que le zodiac arrive, je vais faire un tour un peu plus loin ou des fossiles de fougères ont été trouvés et laissés sur un gros rocher, puis je reviens sur la rive, et quitte l'île.

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