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12 mai 1999
MAROC - FÈS
Le bruit a été infernal jusqu'à très tard dans la nuit et a repris dès qu'il a commencé à faire jour, vers 5 heures. Comme dans ma chambre donne en plein sur la rue ... J'ai l'impression de retrouver l'agitation perpétuelle des villes indiennes. L'intérêt de Fès, c'est sa médina (vieille ville) qui est une des plus authentique du Maroc. Je tente d'établir un parcours pour visiter les plus beaux endroits, mais c'est un tel labyrinthe de ruelles que je laisse tomber et que je me contente de marcher au hasard. Comme j'ai déjà pu le constater en Inde, les souks sont répartis par spécialité : Le cuir, la céramique, le cuivre et l'étain, les vêtement, etc. C'est assez pratique pour faire du shopping, car on sait tout de suite ou aller pour trouver ce qu'on veut. Par contre, pour les commerçants, la concurrence est âpre.
Le premier monument que je croise est une Médersa. C'est une école théologique ancienne dont l'ornementation toute en zelige (des carreaux de céramique multicolore tressant des motifs complexes) est plutôt impressionnante. Celle ci est en restauration et la visite qui coûte 10 DH se limite à la cour intérieur avec une fontaine au milieu. Avec en prime un groupe de 50 italiens répartis sur 50m², je suis obligé d'attendre 25 minutes pour faire ma photo tranquille.
A coté se trouve, la mosquée Karaouine qui est la plus renommé du pays. Comme toutes les mosquée, l'accès en est interdit aux non musulmans. Comme en Inde avec les temples hindous. C'est chiant car l'intérieur, que j'ai pu apercevoir à travers quelques portes, est superbe. Ce qui m'étonne, c'est que là-bas, les mosquée sont accessibles par tout le monde alors que la religion musulmanes représente 30 % du pays. Pourquoi cette ségrégation religieuse ? Les lieux de culte occidentaux sont ouverts à tout le monde que je sache ! Le seul moyen de faire des photos, c'est de monter sur une terrasse à proximité qui permetde voir par dessus l'enceinte. Celle d'un magasin de tapis est accessible mais je vais devoir me taper la visite des ateliers et tout l'argumentaire de vente au passage. Je ne bronche pas et quand le vendeur comprend qu'il n'arrivera à rien me vendre, il s'en va. Je fais quand même un don de 2 DH pour la visite qui était intéressante.
Je continue d'errer dans les ruelles jusqu'à ce qu'une odeur très agressive de fasse sentir. Ca veut dire que j'approche des tanneries, une des attraction majeure de Fès. Un gamin me propose l'accès à la meilleure terrasse pour 2 DH. Bien sur, il faut passer par un magasin de cuir et d'objet artisanaux. Mais le point de vue est parfait. En bas se trouve une cinquantaine de puits remplit de liquide. Des ouvriers travaillent dedans en pataugeant pieds nus, sans masques pour se protéger des émanations nocives.
Les liquides en question sont, soit de la chaux pour séparer le cuir de la fourrure, soit des couleur dans les tons rouges.On obtient le bordeaux avec des essences de cèdre, le jaune avec de l'urine de vache. Puis, les peaux sont étalés sur les toits dans de la fiente de pigeon qui contient de l'ammoniaque pour assouplir le cuir. Une fois sèches, les peaux sont travaillées. Je comprend mieux d'ou vient l'odeur nauséabonde. Rien que pour ça, ce travail est très pénible. Je m'attarde un peu dans le magasin à la recherche d'un cadeau pour mes parents mais rien ne convient. Une fois de plus, les vendeurs (ils se sont mis à deux sur moi) sont tombés sur un os.
Après un déjeuner sur le pouce dans une échoppe misérable, je sors de la médina pour aller au palais royal. C'est à 1 kilomètre et la marche sous le soleil de 13h00 est épuisante. J'arrive à la première porte ou est posté un garde. Après renseignement, j'apprend que le palais n'est pas ouvert au public. Il me demande aussi ou se trouve mon hôtel pour venir me rejoindre dans ma chambre et discuter ...
Je me casse et fait le tour des murailles pour déboucher sur une grande place ou se trouve l'entrée principale du palais. Ce sont de lourdes portes en laiton sculpté avec tout autour de superbes ornementations en tuk. Magnifique exemple du savoir-faire marocain dans l'ornementation. Les bus de touristes défilent.
Je repars vers la médina par un autre chemin. Un marocain juif m'aborde et me propose de me faire visiter le Mellah (ghetto en arabe, quartier juif de la ville). Il va me demander à coup sur une contribution à la fin. Effectivement, après un rapide tour, il m'emmène dans un cul de sac, me demande un stylo pour que j'écrive mon nom sur un papier et ainsi faire une donation. A qui ? Je lui donne 1 DH pour sa peine mais il fait la gueule. Il veut un cadeau en plus ! Je ne cède pas, alors il part en m'indiquant un mauvais chemin pour la sortie. Pas rancunier le mec !
Je continue vers la médina. En chemin, je passe devant plusieurs école dont c'est la fin des cours. Plusieurs jeunes filles me lancent des « bonjours » avec un sourire. Je suis assez surpris de leur audace dans un pays aussi traditionaliste. Ca me fait plaisir, non pas pour moi, mais parceque je trouve ça bien que les jeunes se libéralisent. Quand j'arrive à l'hôtel, je suis crevé, il est seulement 18h00 et je ne sais plus quoi faire alors je m'assois sur le trottoir et je regarde les gens passer. Un passe-temps typique des pays en voie de développement. Je vais me coucher tôt car je tombe de sommeil.
00:00 Ecrit par Ludovic dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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