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13 mai 1999

MAROC - LA RENCONTRE DE TARICK

J'ai mieux dormi car j'ai mis des boules Quiès. Un accessoire indispensable en voyage auquel on pense très rarement. Ce matin, direction le hammam pour un décrassage complet. L'entrée coûte 4 DH, puis 2 DH pour faire garder ses affaires, puis 2 DH pour le savon . Le massage est négociable (sûrement à mon désavantage). Je me met en slip et on m'emmène par la main dans une salle ou le sol en pierre chauffante est en permanence arrosé de manière à produire de la vapeur. Il n'y a que moi et un autre marocain. Je m'assois par terre et l'employé me ramène un baquet d'eau chaude qu'il me verse sur la tête. Je m'allonge sur la brique brûlante (et gluante) sans bouger pendant 10 minutes afin de bien transpirer puis le masseur, un vieil homme, arrive. Là, les choses se corsent. Il commence par me masser le dos puis me fait faire des étirements. Certains sont assez douloureux. Je m'accroche à son coup (il est derrière moi) et me bascule sur le dos. Je dois alors faire des abdominaux en montant et descendant les jambes lentement. A la fin, il me fait faire un salto arrière pour que je retombe sur mes jambes. Puis il me frotte avec un gant et du savon, tout en me faisant un discours sur la générosité des touristes français. Les plus généreux lui ont donné 200 DH. Je le vois venir. C'est exactement la même situation que le massage sur les ghats de Varanasi. Finalement, les techniques d'arnaque à touristes ne varient pas beaucoup d'un continent à un autre. Je lui donne 35 DH, il râle un peu et je m'en vais en pleine forme.

Je prend la direction du Tombeau des Mérinides qui se trouve sur une colline à l'extérieur des remparts.. c'est complètement en ruine mais il y a une belle vue sur la ville ancienne. Je m'installe au soleil pour lire et bronzer en même temps. Un homme arrive, discute 5 minutes avec moi et fini par sortir sa marchandise. Je savait bien qu'il allait me proposer quelque chose! Il ne peux pas la vendre en ville car il n'a pas d'autorisation. Ceux qui le font, comme les marchands ambulants de fruits, payent un bakchich à la police pour ne pas se faire tabasser.

Je retourne en ville quand je commence à avoir faim. A nouveau, je me fait saluer par 2 personnes et à chaque fois, c'est pour me vendre quelque chose ou pour demander de l'argent. Ici, ce n'est pas comme dans le désert : les gens sympathiques le sont par pur intérêt. Dans le restaurant ou je vais manger, une dispute éclate entre le cuisinier et le patron. Ils crient super fort. Un torchon vole. C'est marrant de les entendre hurler en arabe. Ca fait parti de l'ambiance du pays. Quand je demande à mon voisin ce qui se passe, il se contente de me dire qu'ici, un rien se transforme vite en grosse dispute. J'avais remarqué.

Je repart sans avoir d'idée sur ce que je vais faire cet après-midi alors je prend la direction du souk. Toutes les échoppes sont fermées. Ca fait bizarre de voir un endroit comme ça aussi calme mais c'est une ambiance que je préfère largement à celle d'hier.

Comme le temps ne passe pas vite, je vais au cyber-club que j'ai repéré hier en face du Palais Royal. C'est 20 DH l'heure de connexion, ce qui n'est pas cher. J'ai un e-mail de Paul très court et très énigmatique, un de Thierry sur son nouveau boulot et un de Jol sur le colis surprise de Thierry. A coté de moi, se trouve un marocain qui semble avoir du mal à se servir d'internet. Il veut envoyer un e-mail mais ne possède pas lui même de boite électronique. Du, dur dans ces conditions. Je lui promet de l'aider dès que j'ai fini ce que je fais. En fait, les ordinateurs sont tellement lents que ma démarche reste sans succès. On commence à discuter et il je le trouve assez sympathique. Il prend le même chemin que moi pour rentrer chez lui et je lui propose de prendre un verre. Il s'appelle Tarik, a 19 ans et s'apprête à devenir instituteur après des études d'électronique. Ou est le rapport ? Aucun, il va seulement là ou il y a du travail... il me dresse un bilan économique du Maroc très noir. Il n'a pas d'avenir pour lui ici et donc il va tenter d'étudier en France, ce que je lui souhaite de réussir. Il me montre le logement qu'il partage avec 2 amis. C'est minuscule et il y a juste la place de mettre leur matelas et une télévision. Il m'invite aussi à manger (il a déjà payé le pot à ma place) puis me propose de venir passer le week-end chez ses parents à 60 kilomètre de Fès. J'hésite, puis je me dit que c'est une opportunité à saisir pour mieux comprendre la vie ici. Nous allons donc à la gare pour faire changer mon billet puis nous reprenons notre discussion, tout en déambulant dans les rues, sur la Famille Royale, les filles marocaines, ses ambitions, ... etc. Tarik est un marocain particulier, plus intelligent que les autres pour son âge, il me semble. Nous nous fixons un rendez-vous demain à 7h30 à mon hôtel pour le départ et nous nous quittons.

00:00 Ecrit par Ludovic dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | | Digg! Digg |  Facebook

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