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14 mai 1999

MAROC - UNE JOURNÉE A TAHA

Tarik arrive avec 15 minutes d'avance. Nous allons à la gare routière d'ou nous prendrons un bus pour Taza, principale ville à proximité de son village qui s'appelle Taha. Le prochain départ est à 11h00 seulement alors nous prenons un "grand taxi", un vieux modèle de Mercedes qui circule entre les villes, au contraire des "petits taxis" qui restent dans l'enceinte de la ville. Le chauffeur attend d'avoir 6 personnes (4 derrière, 2 devant) pour démarrer. Alors que nous passons devant un grand lac artificiel, Tarik fait arrêter le taxi en pleine campagne et nous descendons. Il a fait ça car il pensait que je n'avais jamais vu de barrage ! nous marchons jusqu'au bord de l'eau ou je pose mon sac pour faire un break et nous mangeons des oranges. Il est seulement 10h00 mais la chaleur est à nouveau étouffante. Je me baignerai bien un peu mais je suis trop vert d'être là au lieu d'être assis dans le taxi, même super serré. Son geste partais d'une bonne intention alors je fait semblant de prendre des photos pour pas qu'il croit que ça ne me plaît pas. Nous repartons vers la route. Le premier village pour reprendre un taxi est selon lui à coté, mais nous marchons depuis une demi heure, et rien en vue. J'ai peur d'avoir fait une connerie en ayant accepté son invitation. Nous faisons du stop et un autre taxi nous emmène directement à Taha, son village. Seules les routes principales sont goudronnées, les autres sont en terre.

La maison de ses parents se trouve au fond du village dans le creux d'une colline.Nous arrivons après 15 minutes de marche supplémentaire. Ouf ! Il était temps ! Sa mère à un visage rond, souriant et il émane d'elle une gentillesse naturelle. On prend le thé puis sa soeur rejoint le domicile. Elle est plus jeune que Tarik, ne parle pas français mais le comprend un peu. Pas de nouvelles du père. D'ailleurs, Tarik ne m'en à pas encore parlé alors quelque chose me dit qu'il ne vaut mieux pas poser de questions. J'arrive à tenir la discussion facilement ce qui me rassure un peu. Le repas aussi arrive : de la semoule avec des pommes de terre, des haricots verts et des morceaux de viande. Je mange comme eux en me servant directement avec mes mains, avec une certaine maladresse car je n'arrive pas à coincer la nourriture entre mes doigt et le morceau de pain. Pour ma défense, il faut dire, c'est très chaud tout ça ! Quand le plat est vide, je suis plein à craquer. Tarik me demande si je veux faire la sieste et je dis oui afin de ne pas à avoir à me creuser le cerveau pour trouver des sujets de discussion tout l'après-midi. C'est ça ma grande crainte : ne plus savoir de quoi parler. Nous nous installons sur un tapis dans une pièce voisine et après une discussion sur les relations entre juifs et arabes, nous essayons de dormir. Je pense encore à la manière dont je vais pouvoir partir si je m'ennuie trop. Dans tout les cas, je n'ai plus le temps d'aller à Chefchaouen alors que j'ai pris le billet de bus. J'ai perdu 40 DH. Je réussi à somnoler malgré la chaleur. En fait, il fait plus chaud dans la maison que dehors ou il y a des nuages et un petit vent frais.

Quand Tarik, se réveille, nous allons faire un tour dans les champs environnants. C'est banal, mais très agréable. Sur le chemin du retour, nous croisons une fille à laquelle Tarik demande de l'eau. Nous vidons sa bouteille. En France, nous aurions à peine eu droit à une gorgée chacun, mais pas ici. Elle repart en nous souriant, contente de nous avoir rendu service. Je cherche les WC dans la maison. La chasse d'eau est un sceau rempli, ce qui veut dire qu'il n'y a pas l'eau courante. Pour la douche, c'est râpé ! Le couscous est prêt vers 21 heures et il est énorme. Il y en a pour 10 alors que nous sommes 4 ! Il va falloir se forcer et j'ai à peine digérer le repas de ce midi. Au bout d'une demi heure, il en reste encore un paquet alors la mère de Tarik pousse les morceaux de viande vers mon coté pour que je finisse. Moi, je les enterre discrètement sous la semoule pour faire croire que je les ai mangé. Finalement, Tarik cale et je peux m'arrêter à mon tour. Nous discutons encore un peu et sa mère installe un drap dans la salle ou nous avons fait la sieste. Ce soir, je dors encore par terre mais ça ne me dérange pas. La journée est finie et s'est mieux passé que ce que je craignais. Je suis dans la peau d'un marocain, dans sa famille, dans sa maison et c'est une expérience très enrichissante. J'espère que demain sera aussi bien, voire mieux.

00:00 Ecrit par Ludovic dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | | Digg! Digg |  Facebook

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