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16 mai 1999

MAROC - MEKNES

J'ai eu froid une partie de la nuit et j'ai mal à la gorge. Sûrement un coup de froid dans le gouffre. J'espère que je vais pas tomber malade. Tarik me raccompagne jusqu'au bus en me disant que je ne reviendrai probablement plus jamais ici malgré l'invitation réitéré de sa mère et de lui même. Il me demande aussi si je préfère qu'il vienne en France par surprise ou si je préfère qu'il me prévienne avant. C'est beau et nécessaire de rêver mai là, je trouve ça triste car il ne mettra, sans doutes, pas les pieds en France avant très longtemps, voire jamais. Il me fait le plein de recommandations (ça m'énerve) et le bus part enfin à 6h30. Le temps est très nuageux et un peu frisquet. Quand je pense qu'il faisait 40 degrés il y a 3 jours !

Le bus arrive à Meknès à 9h20 après un arrêt à Fès pour cause de bagarre. Une fois de plus, l'accrochage verbal s'est finie aux poings. Ils disent qu'ils ont le sang chaud, mais là trouve plutôt qu'ils sont cons. Je me suis levé à peine 30 secondes pour regarder l'altercation par la fenêtre et quand je reviens un vieux s'est assis à ma place. Mon sac à dos est à ses pieds mais il ne s'est pas gêné pour autant. Je meurt d'envie de le dégager car je ne supporte pas ce genre d'attitude mais ce n'est sûrement pas une bonne idée. Le respect pour les patriarches est immense et je risque de me faire jeter du bus, avec quelques baignes au passage ....

Arrivé à Meknès, je choisi un hôtel près de la médina ou sont regroupés tout les sites dignes d'intérêt : l'hôtel Agadir avec une chambre à 40 DH. Je vais d'abord visiter les environs du Palais Royal avec le temple dédié à Moulay Ismaïl, l'un des plus cruels empereurs marocains. Après être passé sous une grande arche aux bas reliefs superbes, je pénètre dans le temple. Une succession de cours à ciel ouvert, aux murs jaunes et avec des fines mosaïques au sol mène à la salle du tombeau. L'intérieur est très impressionnant et présente un superbe panorama du savoir faire des marocains en matière de décoration intérieure. Mais je commence à connaître le style et les photos deviennent répétitives. Ce qui manque au Maroc, c'est la diversité architecturale. L'Inde est loin devant sur ce point.

En fait, ça commence à me gonfler et comme je me sens vraiment fébrile, je n'ai même pas envie de faire le souk cet après-midi. Je fais le tour du rempart du palais et paye 10 DH pour visiter des greniers à blé et des écuries en ruine. Je prend la direction de mon hôtel en coupant par les ruelles de la Médina mais je me perd. Là encore, c'est un vrai labyrinthe.

Je déjeune dans un boui-boui assez glauque mais pas cher. Lorsque je sors mon tube d'aspirine, le cuisinier se pointe et me demande pour quel douleur c'est ? Il prend le tube et se sert un comprimé qu'il emballe dans de l'aluminium sans me demander la permission. Pas chié le mec ! Ca m'énerve encore plus. Décidément, c'est vraiment pas la journée. Je n'arrive pas à savoir si cette attitude sans gène est naturelle chez eux ou si c'est uniquement avec les touristes. Alors que je suis sur le point de partir, une assiette pleine vole depuis la mezzanine, un homme hurle et tape sur les tables des clients présents en envoyant tout valser, plats, couverts, carafe d'eau. Je reçois des gouttes de sauce à 5 mètres. Quel abruti ! Il se croit dans un film celui la ? Le patron arrive et le calme aussitôt. Les autres clients sont médusés, voire terrorisés par la soudaineté de cette colère sans raisons apparentes. Je cherche même pas à en savoir les raisons, elles ne doivent être de toute façon pas justifiées. Encore une belle illustration de leur sang chaud .... Je paye en demandant une réduction pour le cachet d'aspirine offert. Le repas passe de 20 DH à 15 DH puis 13 DH.

Pas de programme cet après-midi alors j'erre dans les rues bien que ça ne m'enchante pas et je me dirige vers le marché. Des montagnes de fruits et légumes sont disposées sous des tentes avec le vendeur assis en plein milieu. C'est une belle image. Je me fait super chier et il n'y à rien à voir ni à faire. Le cinéma ne propose que des navets locaux ou des films avec Jean Claude Van Damne ou Jackie Chan. Je trouve un banc tranquille pour m'allonger et lire au soleil mais au bout de 20 minutes, des gamins s'en servent comme cage de but.

Je retourne à l'hôtel pour dormir tranquillement et quand je me réveille, il est 19h30. Je sort pour aller m'acheter un sandwich et 2 mecs m'arrête pour me proposer une adresse. Je leur dit que je m'en fous mais l'un d'eux passe devant moi quand je marche et se retourne toute les 30 secondes pour vérifier que je suis toujours là. Au bout de 5 minutes, ça m'énerve trop alors je lui fait un « fuck » avec le doigt. Ouuups ! Ça m'a échappé. Il s'arrête et me demande sur un ton agressif ce qui ne va pas. Je m'explique sans retenue et miracle, il laisse tomber. Je me voyais déjà en train de me battre avec cet andouille. Après avoir acheter mon sandwich, je rentre dans une échoppe pour avoir une bouteille d'eau. Un homme arrive derrière moi, pose une pièce sur le comptoir et passe sa commande sous mon nez. Je le remet à sa place et le marchand rigole. Ici, c'est la loi de la jungle, il n'y pas de queue. Je vais manger dans ma chambre et au lit.

00:00 Ecrit par Ludovic dans Maroc | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | | Digg! Digg |  Facebook

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