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01 novembre 2005

RIBERALTA - SANS ARGENT EN BOLIVIE

A 8h00, je suis au garde-a-vous devant le poste d'immigration. Les formalités prennent 5 minutes, j'ai un visa de 90 jours. Par contre, aucune banque à Guayaramerim ne permet de retirer de l'argent avec une carte VISA, il faut donc tenter notre chance à Riberalta, la plus grosse ville à l'extrême Nord de Bolivie. Avec plus 60 000 habitants, il doit bien y avoir un distributeurs automatique la-bas ! Je change mes derniers Reals brésiliens contres des bolivianos, ainsi que quelques dollars, par sécurité.

L'objectif initial était d'aller directement à Rurrenabaque pour faire un trek de plusieurs jours dans la jungle, mais nous avons raté l'unique bus de la journée qui part à 8h00. De toute façon, avec moins de 30 euros en tout sur moi, je ne vais pas aller loin pour toute la semaine. Donc je prend la direction de la gare routière avec Sylvia et Isabella, une suisse rencontré en chemin dans la même situation financière que nous, pour se rendre à Riberalta.

Le prochain bus part à 14h45 et il n'est que 10h15. Pas question de perdre plus de temps, donc nous prenons un taxi collectif qui coûte le même prix que le bus (30 Bol) mais qui ne met que 2 heures pour y aller au lieu de 3 en bus. La voiture est complètement délabrée, plus aucun circuit électrique ne fonctionne, les vitres sont bloquées en position ouverte, le pare-brise est fendu de partout, la ceinture de sécurité est cassée, une poussière rouge à envahi la voiture, etc ...



Bref, nous partons dans une épave roulante sur une piste de latérite qui traverse la forêt amazonienne, d'une ligne droite jusqu'à Riberalta. Le trajet n'a rien d'extraordinaire : on manque de se faire mettre dans le décor par un bus qui nous double à moins de 20 centimètres, et on franchit une rivière sur une barge.





 

Nous arrivons à Riberalta à 12h30. Sans poser nos sacs à dos, nous arpentons le centre-ville à la recherche d'un distributeur, en demandant à tous le monde. Impossible d'avoir 2 versions identiques. Un coup c'est "oui", un coup c'est "non". Au final, nous allons de de déception en déception. il n'y a rien non plus ici. Ca commence à devenir grave. Une lueur d'espoir naît quand un agent de sécurité de la Banco Mercantil nous dit que nous pouvons avoir une avance sur notre Carte VISA ici. Il y a déjà 15 personnes qui font la queue à l'extérieur, nous en rajoutons 3 de plus. La banque ferme à 16h00, il est 14h00.
Le système de queue est assez particulier ici : les clients rentrent dans la banque par groupe de 7, et il faut attendre que la banque soit vidée du groupe précédent pour en faire entrer un nouveau. Autre règle importante, les personnes âgées de 60 ans et plus ont la priorité, et peuvent donc rentrer quand elles le veulent. Au bout d'une heure, nous n'avons pas avancé d'un centimètre, des personnes sont sortis, mais entre-temps, pleins de personnes âgées sont arrivées, prenant directement notre place au guichet. Et je ne parle même pas de l'efficacité des employés de la banque ! Au bout d'une heure et demi, un nouveau groupe entre enfin. Au prochain, c'est notre tour. A 15h50, nous sommes toujours devant la porte... et à chaque fois qu'une personne sort, une vieille passe devant tous le monde, retardant encore notre échéance. Je n'en peux plus de ce système à la con qui va nous obliger à rester ici cette nuit pour refaire la queue demain matin. Je demande à l'agent s'il pense qu'on pourra passer quand même. Il ne sait pas trop, mais il va demander à l'intérieur. Quand il revient, la réponse n'est pas celle que nous attendions : la banque ne fait pas d'avance sur les cartes de crédit internationales ! Je souffle un grand coup, Isabella sourit nerveusement, Sylvia craque ...

Nous venons d'apprendre une chose très importante sur les boliviens : quand ils ne connaissent pas la réponse à une question, ils préfèrent donner une fausse réponse, plutôt que de montrer leur ignorance. Ca va nous aider dans notre voyage ça !
 
Nous allons à l'hôtel le plus proche pour faire le point et permettre à Sylvia de se reposer. Nous n'avons pas d'autre choix que de dormir ici cette nuit car le prochain bus pour Rurrenabaque part demain main à 11h30. Il n'y a plus qu'à prier pour que nous puissions payer le trek la-bas avec nos cartes de crédit.

Commentaires

Mmmmmm.....C'est pas folichon tout ça. Allez, allez on pense à toi très fort !!! Biz

Ecrit par : Flopo | 02 novembre 2005

Je ne sais pas ce que vous êtes allés faire dans un coin encore plus paumé, il fallait aller à Trinidad... Plus vous allez vers l'intérieur de l'Amazonie plus vous vous enfoncez, et puis il y a moins de choses. Nous respectons les personnes agées, et ne sommes pas d'un style européen...

Ecrit par : Céciline Rivals | 04 novembre 2005

Céciline, le monsieur va où il veut dis-donc !! non mais !! Bon Ludo, ça m'a bient fait rire ta remarque sur les boliviens, c'est telement vrai : ils préfèrent vraiment raconter un pipo plutôt que de dire simplement je sais pas, c'est plus fort qu'eux !! En tout cas fait gaffe à toi là-bas surtout dans les grandes villes...Il y a un an jour pour jour j'étais en Bolivie avec une suisse moi aussi (soupir....) See u !

Ecrit par : Alexis | 04 novembre 2005

Ceciline, désolé, j'ai tapé un peu fort sur le systeme des personnes agées. C'est vraiment tres bien, le probleme, c'est que ce jour la, beaucoup de boliviennes ayant quelques cheveux gris, mais surement pas plus de 50 ans en on profité pour doubler tous le monde car il n'y a pas de controle d'identite... Et quand tu fais la queu pendant 2 heures, ca enerve de te voir claquer la porte au nez a la derniere minute.

Ecrit par : Ludovic | 31 octobre 2005

Je te comprends mon cher Ludo, ce n'est pas pour rien que je suis moitié bolivienne et moitié française... En fait il ne faut pas hésiter à harceler de questions les personnes aux alentours, car c'est un meilleur moyen de savoir la vérité. La patience, c'est tout un art en Bolivie. Et je sais de quoi je parle.

Ecrit par : Rivals | 26 novembre 2005

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