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13 décembre 2005

DE BUENOS AIRES À USHUAÏA EN AVION

Je me réveille tôt pour terminer de préparer mon sac, et je prend la direction de l'aéroport en taxi. Comme d'habitude, je tombe sur un fou qui se prend pour un pilote de Formule 1 mais ça a le mérite de me faire arriver vite. Il y a encore des traces de la grève des pilotes d'Aerolineas Argentinas qui a paralysée le trafic aérien pendant plusieurs semaines : un stand avec des banderoles se tient en face des guichets. Au milieu, deux grévistes qui campent dans une tente prennent le café.

J'ai demandé une place près du hublot et dès que l'avion quitte le sol, je ne regrette pas d'avoir pensé à ça. La vue sur Buenos Aires est superbe. L'immense Avenue 9 de Julio et son Obelisque prend toute son ampleur vue du ciel. Elle est tout simplement impressionnante par son gigantisme.



Le découpage urbain est surprenant aussi : le quadrillage parfaitement rectiligne des rues forme une immense trame qui ressemble à une ville de Légo, puis au fur et à mesure que l'on s'éloigne et prend de la hauteur, les maillons se resserrent et ne forment plus qu'un fond gris.
Les nuages, projetant leur ombre sur le sol, apparaissent et parsèment le ciel tel une flotte d'OVNI prête à envahir la Terre.



Petit à petit, les nuages s'étendent et le sol n'est plus qu'un tapis blanc jusqu'à l'horizon. Je profite des 3 heures de vol pour sortir mon ordinateur et écrire les articles en retard.

A 14H30, l'hôtesse me fait signe de ranger mon ordinateur car nous amorçons la descente sur Ushuaia. L'avion crève la couche de nuages et une vision magique apparait. Une multitude de pics de montagnes blanchies par la neige s'étend à perte de vue, uniquement interrompus par les lagunes aux eaux d'un bleu profond, et le Canal de Beagle. L'avion amorce un virage à 90 degrés et Ushuaia apparaît nichée dans une petite baie. Dans quelques minutes, je vais toucher terre, plus proche que jamais de l'Antarctique. L'aéroport est sur une presqu'île juste en face de la ville et jusqu'à ce qu'on atterrisse, la vue est superbe.

Quelques touristes débarquent en tongs et en t-shirt, mais ils sortent vite fait des affaires chaudes quand ils récupèrent leur sac. Moi aussi d'ailleurs. La température extérieure n'est pas désagréable mais le fond de l'air est frais. Un froid spécial, pas celui d'un hiver parisien, mais un froid pur, un froid qui vient d'au delà l'Océan, là ou des kilomètres de glace recouvrent la terre... La magie d'Ushuaia est en train d'opérer.

Je prend une navette pour le centre-ville avec d'autres voyageurs, qui me dépose au Backpacker Cruz del Sur dans la rue principale. Le lit en dortoir coûte 25 pesos. L'endroit n'est pas spécialement confortable et tranquille mais l'ambiance est sympa, et le contact avec les autres voyageurs est facile. Je pose mon sac et je me demande ce que je vais faire maintenant. Une idée dingue me passe par la tête, mais j'ai peu d'espoir de la réaliser : je demande au propriétaire s'il y a des bateaux du genre ravitaillement de mission scientifique qui partent pour l'Antarctique en ce moment. Il m'indique alors une agence à 30 mètres qui commercialise carrément des croisières. Je n'en demandais pas tant ! Je m'y rend et demande des informations. Un bateau part le 18 décembre pour 10 jours. Le prix est astronomique, quasiment 2900 euros et il ne reste que 5 places. Mais est-ce que je peux laisser passer ça ??? Est ce que je vais revenir à Ushuaia un jour ? La question mérite réflexion. Je sors de l'agence un peu abasourdi. L'Antarctique ... c'est un rêve que je ne pensais pas pouvoir réaliser ... et je suis là, à quelques centaines de kilomètres de la banquise ... je peux sentir l'air qui en vient ...

Je me dirige vers le port pour prendre des renseignement sur une mini-croisisère de 4 heures dans la baie et les îles aux alentours. Je discute avec un des vendeurs et une vendeuse qui m'apprennent que je peux avoir un billet bradé à moins de 1000 dollars si j'arrive à trouver une place de libre le jour du départ. Il faut de la chance, mais c'est envisageable. Si le Père-Noël veut me faire un beau cadeau, c'est maintenant ou jamais !

Je me fais un rapide passage sur Internet pour vérifier l'état de mon compte en banque (au cas ou ...), et je vais me promener un peu en ville pour m'imprégner de l'ambiance du Bout du Monde.  Puis je rentre à l'hôtel pour étudier mon itinéraire et les conséquences d'une croisière de 10 jours non prévus sur mon planning. Il est 20h30 mais il fait encore jour comme au milieu de l'après-midi. C'est l'été austral. Le soleil se couche vers 23h00, et se lève vers 5h00, ce qui fait des journées très longues. C'est mon appareil photo qui est content !

Je vais au supermarché m'acheter une pizza surgelée, que je laisse brûler dans le four pendant que je suis sur Internet. Ca enfume toute la cuisine mais personne ne m'en veut. Je discute une partie de la soirée avec une israélienne et une française et je vais me coucher vers minuit

Commentaires

salut coco! tu vas quand meme pas nous faire attendre dix jours pour savoir si tu es parti en antartic! le rêve!!! si t'as l'argent n'hésite même pas une seconde, tu le regretteras jamais. comme tu dis, on y vient pas tous les jours ici. je croise les doigts pour que tu dégottes cette place à 1000 dollars. good luck

Ecrit par : namaste | 14 décembre 2005

Quelques bonds de géants et te voilà à la porte de l'Antarticque. Incroyable, non ? On peut quand même remercier les avions sans qui tous ces voyages ne seraient pas possibles à moins d'avoir un temps infini pour les faire. Et le temps dans ce monde moderne étant compté... Comme on dit en créole Ludo "Démerdaou pour trouver les 1000 dollars" afin aller visiter les glaciers avant qu'ils ne fondent... Bonne route dans les grands espaces !

Ecrit par : Polofille | 15 décembre 2005

Félicitations pour cette ellipse finale, cet antarctique latent sous forme de pizza surgelée ! Blague à part, ça vaut sûrement le coup d'oeil si on part du principe où le même antarctique n'en a de toute façon plus pour longtemps. Ainsi, tu le dis toi-même : "c'est maintenant ou jamais".

Ecrit par : Laurent Knauth | 15 décembre 2005

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