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30 avril 2006

KALIMANTAN - PARC NATIONAL TANJUNG PUTING - UNE JOURNEE AU CAMP LEAKEY

Le réveil est bien agréable grace au soleil qui filtre a travers les petites fenetres du bateau et les reflets dans l'eau. Je passe la tete a travers la trappe qui done sur le pont supérieur et Birgit, debout a l'avant du pont, me fait signe de venir. Un varan d'environ 1,5 metres rode autours du bateau en glissant sur l'eau avec aisance. Sa longue langue grise et fourchue goute l'eau en permanence.


Il s'approche sans crainte du bateau, et essaye a plusieurs reprises de grimper a bord en s'appuyant sur le rebord de la coque. Heureusement, la prise est trop haute pour lui et il renonce a chaque fois. Si un tel animal avait réussit a se glisser sur le bateau dans la nuit, je n'imagine meme pas la panique que cela aurait été !

En attendant, voila une journée qui commence bien. Nous prenons le petit déjeuner sur le pont, au soleil, pendant que note ami le varan continue de chercher sa nourriture. Il fait déja tres chaud a 8h00, surtout a cause de l'humidité ambiante, lorsque nous reprennons la direction du Camp Leakey.

Siswi est toujours la pour nous accueillir sur le ponton. Un guide lui donne un morceau de savon qu'elle met dans sa bouche, et elle se dirige vers l'escalier qui mene au bord de l'eau. Assise sur la derniere marche, elle fait mousser le savon sur son bras, et commence a lecher la mousse pendant plusieurs minutes comme si c'était une friandise. C'est un phénomene cette Siswi !

 

A 11h00, nous partons pour le Camp, ou d'autres orang-outans se balladent librement, nullement impressionés par les aller et venus de leur lointains cousins que nous sommes. Sisoko, un gros male 3 fois plus large que moi est la avec sa compagne Princess, et son bébé. Il part a la recherche de bananes et Princess le précede. Je suis juste derriere. Des que Princess s'éloigne un peu trop, il rapplique, l'attrappe sans ménagement par la jambe, et la traine avec lui dans un coin de foret. La, il l'installe en face lui et se met a prendre soin d'elle et du bébé. Apres la brutalité, un peu de tendresse ... Apparement, elle est rancuniere car elle ne se laisse pas faire et veut dorloter son bébé toute seule.


Je les laisse tranquille et je suis une autre femelle avec son fiston, qui est bien espiegle. Elle cherche aussi a manger et va frapper a la porte d'un bungalow ou se trouve une employée du camp. La porte reste close et elle s'assoit sur les marches de l'escalier, grattant son bras comme si elle consultait sa montre pour voir si l'heure du déjeuner n'est pas passé !



Au bout d'une minute, elle repart, s'asseyant a nouveau dans le gazon, a l'ombre. Pendant ce temps, le petit orang-outan s'amuse avec son sexe dans le dos de sa mere, et fini par une franche masturbation. A la fin, il esquisse un petit sourire qui semble exprimer sa satisfaction, sous mon regard médusé. J'ai toute la scene en vidéo, c'est a mourrir de rire !



Je rejoins les autres au Centre d'Information du camp, une grande cabane dans laquelle est exposé l'histoire du camp et de ses 2 fondateurs canadien en 1971. Ils furent les premiers a étudier les orang-outans dans les années 60 dans leur environnement naturel. Ils sont a l'origine de toutes nos connaissances actuelles sur ce fabuleux ancetre. Aujourd'hui encore, ils passent 6 mois de l'année dans la jungle pour continuer leurs recherches.


Dans l'une des pieces, il y a un arbre généalogique des plus fameux orang-outans du Parc, dont nous avons déja rencontré quelques membre. Siswi est l'un d'eux (ca ne m'étonne pas), et j'apprend qu'elle est la p'tite copine de Kusasi, un male monstrueux, qui regne sur la foret et que l'on nomme "The King".
Une partie de l'exposition explique les dégats causés par la déforestation, et surtout son ampleur. A la déforestation malheureusement légale, s'ajoute celle illégale, parfois orchestrée par le Chef du Parc National lui meme ! L'histoire ne dit pas ce qu'il est devenu, mais il a surement encore de beaux jours devant lui. Un bien bel exemple de corruption qui ronge l'économie indonésienne depuis des décennies.
Selon les estimations, d'ici a 2010, la totalité de la foret de Borneo aura été détruite par des industriels sans scrupules qui la remplacent par des lucratives plantations de palmier a huile, par des bucherons mercenaires, ou simplement par les paysans locaux qui pratique le brulis pour étendre leur surface de terre cultivable. 70% de la foret indonésienne a déja disparue. Et plus de foret = plus d'orang-outans : 2000 d'entre eux meurent chaque année dans la destruction de leur habitat naturel.

Quand est-ce que l'homme cessera d'etre égoiste et pensera au Monde qu'il va léguer a ses enfants et petit-enfants ?

Nous devions voir un film sur l'histoire de Kusasi, mais le cameraman et le photographe d'hier ont utilisé toute l'énergie pour charger leur matériel. Et comme le camp fonctionne a l'énergie solaire, ca prend du temp a recharger.

Nous retournons au bateau pour déjeuner, puis partons dans la jungle pour autre séance d'observation des orang-outans. Il ya une dizaine de touristes présents et plus d'orang-outans que toutes les autres fois. C'est toujours aussi fascinant de les observer. Une femelle avec son bébé joue meme les starlettes en prennant des pauses holywoodiennes sur sa branche, dignes d'un mannequin professionel ! Elle s'allonge de tout son long, bouge un bras, nous regarde avec un battement de cil, bouge l'autre bras, nous regarde a nouveau en faisant la moue, puis se retourne, etc ... Personne ne loupe une miette du spectacle.


 

La plateforme se vide petit-a-petit de ses bananes et du lait dans le bidon, et les orang-outans regagnent les profondeurs de leur foret. Nous sommes restés 2 heures ici et retournons au camp pour voir le film sur Kusasi, car la baterie est a nouveau chargée.

Quand nous quittons le camp, le soleil est déja couché, et le bateau se hate de regagner l'endroit ou nous avons fait halte cette nuit. Le ciel prend une teinte rose du plus belle effet, et la migration nocturne des chauves-souris recommence.


L'emplacement d'hier est déja occupé par un klotok, et nous devons aller un peu plus loin. Le générateur n'a plus d'essence, donc nous nous éclairons a la bougie toute la soirée. Le diner est excellent comme les jours précédents, mais la "German team" ne fait pas beaucoup d'effort pour parler anglais ce soir. Pour la peine, une chauve-souris pisse en plein vol sur la tete d'Anton ! Je vais me coucher vers 21h30.

10:20 Ecrit par Ludovic dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Ciao Ludo, Toujours aussi genial ton site. Je sors de Bolivie où tes conseils m'ont ete precieux. Lorsque j'etais a Sucre, j'ai pense fort a ton aventure et me suis vraiment dit: "tiens Ludo etait aussi par ici....ou : sur les traces de Ludo...Drole!!! Continues a nous faire rever!!! Dans 2 semaines je pars au Bresil. J'ai un peu peur, etant donne les multiples histoires d'agressions que j'ai entendues, mais bon....profil bas et croisons les doigts... A + et keep on enjoying!!! Laurent en Bolivie

Ecrit par : Laurent Hochuli | 30 avril 2006

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