31 octobre 2005
DE PORTO VELHO A GUAYARAMERIM (BOLIVIE)
Je suis sur le sentier de guerre dès 6h30, pour prendre le premier bus à destination de la Bolivie. Nous devons d'abord nous rendre à Guajara-Merim, ville frontière à 4 heures de bus de Porto Velho, puis traverser le Rio Mamoré en barque pour atteindre Guayaramerim en Bolivie. Si le temps nous l'autorise, nous tenterons d'aller jusqu'à Riberalta, à 3 heures de bus supplémentaire.
Comme à l'accoutumée, nous découvrons que les horaires de bus ont changé. Le bus de 8h0 pour Guajara-Merim, le premier de la journée, pour lequel nous nous sommes dépêchés, part finalement à 9h00. Cela nous laisse le temps de prendre un petit-déjeuner à la gare routière. Le bus est en retard et part finalement de la gare à 9h30. Mais comme la climatisation du bus ne marche plus, au lieu de prendre la route, nous sommes acheminés vers le dépôt de la compagnie, pour en changer, ce qui nous fait perdre encore du temps. Enfin, à 10h30, nous sommes sur le bon chemin.
La route à moitié goudronnée traverse la forêt amazonienne mais il est difficile de l'apercevoir. Après la pollution des fleuves qui sillonnent l'Amazonie, je prend conscience du danger qui pèse sur la forêt elle-même. Tout a été défriché aux alentours via la méthode du brûlis, et il ne reste plus de part et d'autre de la route qu'une plaine verdoyante. Parfois, quelques troncs calcinés trônent tristement au beau milieu d'un périmètre noirci. A l'horizon, quelques colonnes de fumée rejoignant les nuages grisâtres indiquent que la forêt continue de mourir.
Le bus fait le plein de personnes en cours de route. Toutes portent les traces de la pauvreté : t-shirt ou chemise troués, pantalon d'occasion trop grand. Et sur le visage des hommes, marqués par les brûlures du soleil (ou de la foret qui part en fumée), une barbe de plusieurs jours négligée. Certain ressemblent presque à des bandits de grand chemin.
Le bus arrive à Guajara-Merim, côté Brésil à 15h00. Les taxis demandent une fortune pour rejoindre le centre-ville donc nous attaquons la route à pied. Mais devant l'inexactitude aberrante du plan de la ville dans mon guide de voyage, nous nous résignons à en prendre un taxi quand même.
Nous arrivons dans une nouvelle ville-fantôme. Pas une âme qui vive dehors, pas un bruit dans la rue. Il faut d'abord aller au Bureau de la Police Fédérale pour obtenir le tampon de sortie. Quand nous arrivons devant le bâtiment, tout est fermé. Un homme attend devant et nous apprend que ce n'est pas ouvert le Dimanche. Bon sang ... Dimanche ... une fois de plus ! Mais pourquoi nous arrivons toujours dans une nouvelle ville un dimanche ? Je ne m'imagine pas bloqué dans cette ville pourrie pour la nuit, donc je frappe à la porte, j'appelle quelqu'un à travers la fenêtre, et une minute plus tard, un officier nous ouvre. Après de multiples formules de politesse, nous avons notre tampon. Ma bonne étoile ne nous a pas entièrement abandonné.
Nous fonçons au port qui se trouve au bout de la rue déserte. En face de nous, sur l'autre rive, c'est la Bolivie. Enfin !

Je ne m'imaginais pas quitter le Brésil dans un tel endroit, et dans de telles conditions. C'est assez glauque. La barque pour traverser le Rio Mamoré part une fois que 10 personnes ont été réunies. Nous attendons 15 minutes, juste le temps pour moi d'aller faire des photos de la fameuse ligne de chemin de fer inachevée qui devait relier le Brésil à la Bolivie, et l'embarquement commence. Ciao Brésil, Bolivie j'arrive !


La ville de Guayaramerim est un peu plus animée que sa jumelle brésilienne, mais notre chance s'arrête là. Le Service d'Immigration est fermé pour de bon, et il ne fera pas exception pour nous cette fois. De plus, il n'y a aucun distributeur automatique d'argent en ville. Je n'ai pas de monnaie bolivienne d'avance, et les banques sont toutes fermées. Là, je me fais la promesse de ne plus jamais traversée une frontière, ou d'arriver dans une nouvelle ville un Dimanche.
Bref, impossible d'aller plus loin sans visa d'entrée, ni argent, donc nous sommes contraint de dormir ici ce soir, en attendant l'ouverture des commerces demain à 8h00. Ce qui va nous faire rater notre bus pour Rurrenabaque censé être à la même heure. Le voyage en Bolivie commence bien ...
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : brésil, guayaramerim, porto velho, amazonie, fleuve, bateau, frontière
29 octobre 2005
DE MANAUS À PORTO VELHO - CROISIÈRE AU COEUR DE L'AMAZONIE
Le Donna Lili n'est plus au port officiel quand nous nous y rendons à 15h00. Il s'est déplacé jusqu'au dock non officiel, ce qui nous permet d'embarquer sans avoir besoin d'attendre le gars auquel nous avons acheté les billets (de toute façon, il n'est pas là), ni de prendre une barque pour rejoindre le bateau en fraude.


Nos hamacs sont toujours là. Il nous reste 2 heures avant de partir, donc je vais faire des provisions de nourriture. J'achète le nécessaire pour faire des caipirinhas pendant plusieurs jours, une bouteille de vin pour fêter notre embarquement réussit, des ananas et des oranges. Le bateau se met en route à 18h00, juste au moment du coucher de soleil. Nous sommes les seuls étrangers à bord. C'est parti pour 4 jours de croisière sur le Rio Madeiras à vivre dans un hamac.

![]() | ![]() |
Après 2 mois de vadrouille ininterrompue, je vais en profiter pour me reposer, pour lire, pour préparer les prochaines semaines en Bolivie, et bien sûr, observer la vie sur les rives de la forêt amazonienne.
Le dîner est servi immédiatement. C'est une soupe de légume avec des morceaux de viande grasse flottant dedans. Pas d'entrée, ni de dessert... Je ne dit rien, mais je crains le pire pour les jours suivants. A 20h00, toutes les lumières du bateaux sont déjà éteintes, tous le monde est dans son hamac, prêt a dormir. La nuit est fraîche en raison du vent. Je suis obligé de sortir mon duvet, chose que je n'imaginais pas faisable ici. Et le bruit perpétuel du moteur du bateau, combinée au confort relatif de mon hamac, font que la nuit n'a pas été très reposante finalement.
Le petit déjeuner est servi à 5h00, à l'aube, ce qui me vaut de le louper, car je n'ai pas le courage de me lever. Heureusement, un "délicieux" déjeuner est servit dès 10h30 : une assiette de riz, des spaghettis, et des morceaux de poulet baignant dans une sauce aux flageolets. Et ça va être comme ça pendant tout le trajet ! Au bout du deuxième jour, je n'en peux plus de ce régime de bagnard.
Le bateau longe la rive à contre-courant, ce qui permet de voir les villages disséminés le long du fleuve. Le niveau de l'eau est si bas (plus de 5 mètres en moins) que cela provoque un effondrement des berges, donnant une vue immédiate de la végétation, comme si j'étais à l'intérieur de la forêt.


Des grandes plages fluviales sont apparues, laissant parfois des embarcations sur le sable, a plus de 100 mètres de la nouvelles rive du fleuve.

Le fleuve lui-meme ne manque pas de distractions. De nombreuses personnes vivent a proximité, et offre un spectacle permanent de la vie locale en Amazonie. Tel cet homme se lavant de bon matin dans l'eau boueuse, ou encore cette femme "travaillant" sur un charter fluvial de marchandises.


Il arrive de croiser de temps en temps des cabanes flottantes de chercheurs d'or. Le toit en paille abrite une puissante pompe qui drague le fond du fleuve. L'eau est filtrée sur un tapis roulant à 2 niveaux et rejetée dans le fleuve avec sûrement quelques substances chimiques en plus. Ils récoltent 15 grammes d'or par jour. Ca m'a l'air peu mais ici, c'est suffisant pour survivre.

Le bateau charge parfois des nouveaux passagers. Il ne fait pas tojours escale, mais envoi son canot à moteur récupérer les gens sur la rive. Ceux-ci doivent ensuite se débrouiller pour escalader la balustrade avec leurs bagages, tout en continuant d'avancer avec le bateau. Et il fallait que ça arrive : une nuit, un malheureux passager rate son lancer de bagages, et lorsque le "plouf" retentit, tous le monde se précipite à la balustrade croyant que c'est le nouveau venu lui-même qui est tombé à l'eau.



Au bout du 2ème jour, le bateau est plein. Il y a beaucoup de jeunes mères à bord avec 2 ou 3 enfants, et détail typique du Brésil, ce sont quasiment toutes des filles. La sur-représentation féminine n'est pas prête de s'arrêter ! Il n'y a presque plus de place entres les hamacs, et c'est la guerre pour pouvoir s'étendre complètement. Heureusement, j'arrive à trouver un autre emplacement que celui où j'étais initialement, avec de l'espace. La place que je laisse libre ne le reste pas longtemps : un gros brésilien s"y installe, coinçant Sylvia entre lui-même, et un joueur de football pot-de-colle à l'haleine fétide (dixit Sylvia).
Autre problème apparaissant avec la surpopulation du bateau : l'odeur. Les douches et les toilettes sont situées dans la même cabine, et elles deviennent de moins en moins fréquentables. Les chasses d'eaux sont toutes cassées, et l'odeur qui en émanent devient insupportable quand on s'en approche. Quelques hamacs sont suspendus juste en face ...
Quand la nuit tombe à nouveau, l'Amazonie révèle son vrai visage : celui d'une forêt sauvage peuplée d'insectes en tout genre. Sauterelles géantes hideuses avec des crochets, moustiques de la taille d'une mite, papillons de nuit gros comme ma main, coléoptères à gogo, et bien sûr des araignées qui se régalent de ce petit monde. Une horde de ces charmants autochtones s'abat sur le bateau, attiré par les quelques lumières restantes. Impossible de rester plus de 5 minutes sur le pont sans qu'un insecte volant non identifié me heurte le visage ou le corps. Hier, nous avions été épargné grâce au vent qui soufflait trop fort pour leur permettre d'atterrir sur le bateau.
Le troisième matin, je me lève à 5h00 pour admirer le lever de soleil. Sur le pont, des centaines d'insectes sont morts, englués dans la rosée matinale. Le ciel se drape d'un violet-orange, qui se reflète dans l'eau, avant qu'un grosse boule rouge n'apparaissent derrière les arbres. Une fine bande de brume coupe l'horizon en deux. Ce spectacle magique, je l'ai vu des dizaines de fois, mais je ne m'en lasse jamais. Du coup, je me lève tous les matins suivants pour y assister seul sur le pont supérieur du bateau.
![]() | ![]() | |
![]() | ![]() |
Je me rend compte à quel point les brésiliens n'ont que faire du respect de l'environnement. J'ai l'impression que c'est une préoccupation de riche occidental, que je suis. Dans les villes, les gens ne prennent pas la peine de faire les 10 mètres qui les séparent d'un poubelle publique, quand il ont besoin de jeter quelques chose. Le trottoir où le caniveau font parfaitement l'affaire pour s'en débarrasser. Sur le bateau, c'est pire, et ça me révolte encore plus. Tous les détritus passent par dessus bord : chaussures usagées, canettes de bière, gobelets en plastique, mégots de cigarette, etc ... Ca me met hors de moi à chaque fois que j'assiste à ces scènes pathétiques. Et ça ne sert à rien de leur dire, car dans l'énervement je ne peux pas aligner trois mots de portugais.
Le bateau arrive à Porto Velho à 17h30, le quatrième jour. Un ciel noir et menaçant nous accueille. Nous avons à peine le temps de débarquer qu'un orage éclate. Nous attendons 30 minutes, mais ça ne se calme pas. Il nous faut encore trouver notre hôtel, aller manger, et se renseigner sur les bus pour demain matin, ce qui ne nous permet pas de nous attarder à l'abri dans le port. Nous utilisons donc nos sacs poubelles géants pour envelopper les sacs, je me fais un joli t-shirt en plastique, et nous voilas parti sous la pluie, dans les rues sombres de Porto Velho. La route qui mène au centre-ville est inondés et je patauge dedans avec mes tongs. Nous passons juste la nuit ici, et repartons dès demain en bus pour Guajara-Mirim où se trouve le poste de frontière avec la Bolivie.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : brésil, manaus, porto velho, amazonie, fleuve, bateau, coucher de soleil
25 octobre 2005
MANAUS - PRÉPARATIFS POUR LE DÉPART EN BATEAU SUR LE RIO AMAZONAS
Le lundi est une journée morte. Tout est (encore!) fermé car c'est un jour férié. Impossible de rester dans la chambre sombre, chaude et humide de l'hôtel, donc je me force à sortir. Il y a quelques musées intéressants à voir, mais la culture fait aussi le pont. Donc, à part aller sur Internet dans le seul cybercafe ouvert, aucune raison d'errer dans la ville.
Ha si! Il y en a une bonne : trouver un distributeur d'argent qui fonctionne avec ma carte de crédit Visa ! Je n'ai plus un centime, et je dois encore payer le billet pour le bateau, l'hôtel, le dîner, etc ... J'essaye dans une dizaine d'endroits mais rien ne semble vouloir faire preuve de bonne volonté. Un jour férié même pour les distributeurs, c'est sacré ici ! Il n'y a plus qu'a prier pour qu'ils se remettent au travail demain.
Même trouver un endroit potable pour manger se révèle être une galère. Les seuls restaurants ouverts sont des boui-bouis peu avenants dans des rues désertes, sombres et parfois malodorantes. Ou en bordure de la route à 4 voies où les taxis et les bus pollueurs passent à toute allure. Nous finirons par choisir la rue sombre.
Heureusement, le lendemain est notre dernier jour à Manaus. Nous nous levons à 7h00 pour aller acheter notre billet de bateau dès l'ouverture du port. Il fait un temps pourri, une pluie diluvienne pour commencer la journée. Nous retrouvons au port le vendeur qui nous avait fait visiter le 2ème bateau pour Porto Velho. Il nous y emmène encore, en prenant une barque à moteur. Il faut escalader la rambarde pour monter à bord, puis nous suspendons nos hamacs au 2ème étage, loin des toilettes, loin des lumières qui attirent les moustique, à l'abris du vent et de la pluie.
Il ne reste plus qu'à payer. C'est là que la paranoïa de l'arnaque commence : en effet, nous contournons le système officiel en achetant notre billet à un vendeur de rue pour l'avoir moins cher (130 reals au lieu de 170). Du coup, nous ne pouvons pas embarquer par la passerelle officielle, et devons prendre une barque, depuis la rive à 300 mètres, pour atteindre l'arrière du bateau. Nous avons rendez-vous avec le vendeur à 15h00 pour embarquer définitivement. Mais s'il n'est pas là ? Le gars de la barque va nous demander une fortune pour nous emmener au bateau ? Et si le capitaine refuse de nous laisser monter à bord en prétendant que nos tickets ne sont pas valables ? Maintenant que nous avons payé, tous les coups sont permis ...
En attendant, il nous faut préparer le voyage. Comme je m'y attendais, j'arrive à retire de l'argent au premier distributeur (ouf!), j'achète des grands sacs en plastique pour protéger mon sac à dos de la pluie et de l'humidité, de l'anti-moustique, du papier-toilette, de l'eau minérale et de la nourriture en complément des repas inclus à bord. J'ai échangé des nouveaux livres avec des voyageurs français. Je suis prêt pour l'aventure amazonienne.
Rendez-vous dans 1 semaine pour savoir si je suis bien passé en Bolivie, via Guajara-Mirim.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brésil, manaus, amazonie, fleuve, bateau
23 octobre 2005
MANAUS - PROMENADE SUR LE RIO AMAZONAS, À LA RENCONTRE DES EAUX
Après une nuit de folie à danser non-stop, le réveil est plutôt difficile. Nous arrivons tout de même à partir pour le sud de la ville afin d'y prendre un bateau. L'objectif est d'observer la fameuse Encontradas dos Aguas (Rencontre des eaux), point de contact entre le Rio Negro et le Rio Solimoes, qui forment le mythique fleuve Rio Amazonas. Le bus nous emmène au port situé à 13 kilomètres au sud de la ville d'où nous prenons un petit bateau qui nous fait traverser le fleuve. Un arc en ciel m'accueille pour mon premier contact avec Le Rio Amazonas.

L'eau du fleuve est noire, puis apparaît à l'horizon une tache jaunâtre. Au fur et à mesure que nous nous approchons, une ligne de démarcation nette se confirme. Les eaux ne semble pas vouloir se mélanger. Le bateau franchi la ligne, et nous voici sur l'autre fleuve.
Nous débarquons dans un village qui n'est qu'un lieu de transit pour aller dans les environs. Nous y restons 1 heure le temps de faire quelques photos, puis nous reprenons le chemin inverse pour arriver à notre hôtel le plus vite possible.





Je veux retourner au Sambadrome ce soir pour faire des photos, mais la fatigue l'emporte sur la motivation du Reportage, et après une pizza fade, je vais me coucher.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brésil, manaus, amazonie, fleuve, bateau
22 octobre 2005
MANAUS - ORGANISATION DE LA DESCENTE EN AMAZONIE EN BATEAU, ET NOUVELLE PARTICIPATION A UN CARNAVAL
Le premier travail de la journée consiste à prendre une décision sur le trek dans la jungle. En effet, j'ai lu beaucoup de témoignages de gens déçus par les excursions de 1 à 3 jours dans la foret amazonienne aux environs de Manaus : peu d'animaux visibles, impossible de rencontrer des tribus indiennes, organisation défaillante, temps de transport très long, et coûts souvent excessifs. Sachant que je passe ensuite en Bolivie où l'Amazonie est plus sauvage, et qu'une excursion coûtera sûrement moins cher, la décision est vite prise. Nous allons quitter Manaus dès que possible pour Porto Velho d'où nous passerons la frontière. Porto Velho est à 4 jours de bateau en remontant le Rio Negro, l'un des 2 fleuves qui fini par former le Rio Amazona.
D'après le guide de Sylvia, un bateau part ce soir à 18h00. Nous fonçons au port pour réserver nos places. Le port fluvial est une large bande de sable ou les égouts de la ville affluent. Les ferries sont des sortes de barge multicolore avec 3 ponts, ou les passagers suspendent leur hamac et leur affaires pour la durée du voyage. Les repas sont inclus dans le prix du trajet (38 euros). Voilà donc notre logement pour les prochains jours.


Mais bien sûr, la classique surprise arrive : pas de départ aujourd'hui, et le prochain est seulement Lundi, soit dans 3 jours... En fait Sylvia a cru que nous étions jeudi et s'est trompé dans la lecture de son guide. Super ... Et pour nous achever, nous apprenons que le capitaine du premier bateau que nous avons vu, nous aurai menti. Le premier départ est en fait Mardi à 18h00. Nous essayons de croiser au maximum les informations, mais impossible de faire confiance à qui que ce soit ici. Tout le monde tire sur tout le monde à boulet rouge pour essayer de gagner le marché de notre 2 pauvres tickets de bateau. Finalement, nous fixons notre départ avec certitude pour mardi soir, soit 4 jours d'attente à Manaus.
Mais la chance ne nous a pas complètement abandonnée : un Carnaval a lieu tout le week-end. Encore un ? Et oui ... Chaque grande ville brésilienne organise en moyenne deux "Carnavals" par an. Celui de Rio de Janeiro est bien sûr le plus connu (et le plus commercial), mais il y en a d'autres qui valent le détour, dont celui de Salvador de Bahia, ou la célébration de la Ciera à Belem qui rassemble plus de 300 000 personnes pendant une semaine.
Nous partons en bus à 20H00 pour le Sambadrome, lieu de mon deuxième Carnaval au Brésil. L'organisation est un peu différente de la première fois. Le Sambadrome est un lieu qui n'existe qu'au Brésil : imaginez un stade long comme 4 fois le parc des Princes de Paris, formant un immense U. Au milieu, une piste permet aux chars de défiler sous les gradins, avec derrière eux un immense cortège de gens qui exécutent la chorégraphie que les danseurs perchés à l'arrière de la plate-forme nous montrent. Des podiums fixes sont aussi disséminés le long de la piste avec des danseurs qui reprennent les mouvements pour les spectateurs dans les gradins. Quand la fête bat son plein, l'ensemble forme une sorte de Macarena géante en plus complexe, et beaucoup plus amusante.
Et comme à Sao Luis, il faut avoir un t-shirt de supporter pour avoir le privilège de faire parti du cortège. J'essaye de m'incruster tout de même, mais à nouveau, sans succès. Je demande alors au gardien de la sécurité comment il faut faire pour participer, avec un air vraiment déçu. Bref, je quémande un t-shirt ... et ça marche !! Un autre organisateur arrive, et nous fais signe de le suivre jusqu'à une banale voiture dont le coffre est rempli de t-shirts. Il nous en donne un chacun, alors que cela est censé être payant. 5 minutes plus tard, nous voilà au coeur du Carnaval, au milieu du cortège, exécutant sur un rythme endiablé la même chorégraphie que des milliers de personnes autours de nous. Les gradins sont bondés de gens qui dansent aussi, et je suis là, en bas, sur la piste. C'est jouissif. Quand le char passe sous la porte de sortie, il suffit de remonter la piste jusqu'au prochain, et ça continue ainsi jusqu'à 4h00, en alternant avec les pauses caipirhina / hot dog.
Autre différence avec le Carnaval de Sao Luis : les gens ne sont pas là pour tenter d'assouvir leurs pulsions sexuelles. Bien sûr, il y a toujours quelques éméchés qui courent après les filles, mais la musique et la danse sont vraiment les ingrédients principaux de la fête, et tous le monde se concentre la dessus. J'ai l'impression que le Carnaval de Rio est la synthèse de ces deux immenses fêtes auxquelles j'ai eu la chance de participer.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : brésil, manaus, amazonie, fleuve, bateau
21 octobre 2005
BELEM - LE MARCHÉ VER O PESO
Belem est une ville de taille importante située à l'embouchure du fleuve Rio Amazonas avec l'Océan Atlantique. Belem est surtout réputée pour son marché, le Ver o Peso. Mais ma première préoccupation ici n'est pas de faire du tourisme, c'est de réserver un billet d'avion pour Manaus, capitale de l'Amazonie. En effet, mon projet initial de remonter le Rio Amazonia en bateau est vite tombé à l'eau compte tenu du retard que j'ai accumulé dans mon planning, car il faut prévoir entre 4 et 5 jours de croisière. Sachant que je vais encore devoir passer 4 jours sur un bateau pour atteindre Porto Velho, la ville la plus proche de la frontière bolivienne depuis Manaus, l'option aérienne m'a semble inévitable pour ne pas accumuler plus de retard.
Alors qu'il m'a fallu 15 minutes pour réserver un vol à Rio de Janeiro, ici, ça me prend une demi-journée pour trouver un vol Belem-Manaus (environs 75 euros) pour le lendemain ! Sylvia doit prendre un autre vol qui part plus tard, car il n'y a plus de places dans le même ordre de tarif sur le mien. Bref, à 15h00, je peux enfin prendre la direction du Muséo ou un jardin zoologique et botanique intéressant me permet d'avoir un premier aperçu de la faune et de la flore amazonienne.
L'une des particularités de Belem, c'est sa météo : l'une des villes les plus pluvieuse au monde. Et effectivement, lorsqu'une averse arrive, ça ne rigole pas ! Ca ne dure que quelques minutes, mais dans ce laps de temps, les caniveaux (que je trouvais particulièrement haut, mais j'ai compris pourquoi après la pluie), se transforment en torrent de détritus. S'il avait été plus petits, c'était l'inondation assurée. Il y a 3 ou 4 averses par jour, on s'y habitue vite car le soleil revient aussitôt.
Autre intérêt de Belem : son marché, le plus animé du Brésil. J'avais prévu de me lever à 5h00 pour aller voir les bateaux de pèche arriver au port et décharger leur cargaison de poissons, mais j'était tellement fatigué que je ne me suis pas réveillé. Du coup, j'y vais en fin de matinée, mais l'ambiance n'est sûrement pas la même.
Le marché commence par les étalages de vêtement et de hamacs, ce dernier étant incontournable pour qui veut passer quelques jours dans la jungle. J'en achète un, ainsi que des DVD (copies pirates bien sur ...) pour passer le temps sur le futur trajet en bateau. Puis arrivent les étalages de fruits exotiques. Je ne connais même pas la moitié d'entre eux tellement il y en a de différents. Viennent ensuite les étalages de médecine traditionnelle, reconnaissable par les centaines de petites bouteilles de potions suspendus partout.

Il y a bien sur les mixtures classiques pour les maux divers et variés (dents, estomac, tête), les mixtures un peu plus ésotériques (potions de bonheur, chance, amour), et ... une place spéciale pour les grandes bouteilles de viagra naturel. Sûrement un best-seller local compte-tenu de l'importance qu'attachent les brésiliens à ce genre de chose.

La visite continue par la halle ou les poissons sont débités, nettoyés et vendus. Il ne reste presque plus rien à 13h00. J'arrive quand même à voir quelques beaux spécimens, dans la rue.


Puis je longe le dock où tous les bateaux sont amarrés pêle-mêle. Les marins ont fini leur travail de la journée et tous se prélassent à l'ombre, dans un hamac, ou dans les confortables filets vides. Je vais ensuite à la halle des viandes, qui elle aussi, est quasiment vide. J'aurai vraiment dû me lever ce matin ! Le spectacle de l'agitation de ce marché vaut sûrement le détour.

Mon avion s'envole à 18h00 avec 30 minutes de retard. 30 minutes suffisantes pour que la nuit complète arrive et ruine mes espoirs de voir le Rio Aamazonas serpenter dans la jungle depuis l'avion. L'avion fait une escale à Santarem, autre ville importante sur la rive du fleuve. Une superbe blonde aux yeux verts monte à bord et se met à côte de moi. Malheureusement le tableau est complètement gâché quand je m'aperçois qu'elle a son pelage d'hiver. Un vrai ours, tant sur les bras que sur les jambes... C'est aussi ça le Brésil !
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : brésil, belem, ver o peso, marché
19 octobre 2005
TRAJET EPUISANT EN BUS DE SAO LUIS À BELEM
Nous nous levons à 6h00 afin de prendre notre train qui part à 8h00 d'après les renseignements des gars que nous avons rencontrés hier sur la bateau au retour d'Alcantara. La gare ferroviaire étant éloignée, nous allons d'abord à la station de bus. N'ayant aucune idée de quelle direction prendre, nous demandons à un agent de la gare qui nous répond complètement à coté de la plaque, mais sa réponse n'est pas dépourvue d'intérêt :
- "Pourquoi vous allez à la gare ? Il n'y a pas de trains aujourd'hui."
Moment de silence, je ne suis pas sur d'avoir bien entendu. Je regarde Sylvia, qui fait la même tête effarée que moi. Nous lui demandons de répéter 3 fois de suite pour être sûr. Mais oui, l'agent de transport nous confirme que les trains ne partent qu'une fois par semaine, et aujourd'hui n'est pas le bon jour. Je suis blasé, même pas énervé, juste blasé de cette organisation à la con. Pourquoi je n'ai pas insisté pour partir en bus hier soir comme prévu ? Pourquoi est-ce que on ne nous donne toujours que la moitié des informations ?
On s'assois sur un banc pour réfléchir. Pas question d'attendre plusieurs jours que le train parte. Qui sait quelles autres surprises nous attendent par la suite ?
- nous pouvons prendre le bus ce soir, mais nous perdons encore une journée à Sao Luis.
- nous fonçons à la gare routière et nous essayons de prendre le bus de 8h00 pour Belem, en priamt pour qu'il y ai encore de la place.
C'est l'option numéro 2 qui l'emporte. Nous arrivons à 7h30 à la gare et par chance, un bus est juste en train de fermer ses soutes. C'est parti pour 12 heures de voyage sur une route chaotique.
A peine sorti de Sao Luis, des nids de poules géants apparaissent dans la route, puis ce sont des portions entières d'asphalte qui disparaissent. La végétation sur le bas-coté est rougit par la poussière qui la recouvre. Des kilomètres de champs avec des palmiers disséminés un peu partout compose l'unique paysage de la matinée.

Nous faisons une halte pour déjeuner dans une ville poussiereuse, ou le soleil est insuportable, et ou les vautours rodent dans la rue. Un petit air de far-west rode ici.
Le paysage de l'après-midi évolue en une sorte de plaine marécageuse recouverte d"herbes aux nuances de vert, puis un cours d'eau apparaît et des animaux font leur apparition. D'immenses domaines d'élevage sont installés dans cette zone fertile.



La nuit tombe, et nous arrivons enfin à 20h30 à Belem. Un bus nous dépose au centre ville qui est désert. Pas très rassurés, nous prenons rapidement les petites rues sombres qui mènent à l'hôtel Fortaleza, un hôtel rudimentaire dont les chambres ne sont que des fines cloisons dans de vastes pièces. Il fait une chaleur étouffante. Seul point positif, la propriétaire parle francais et est tres accueillante.
Nous sommes trop fatigués pour chercher ailleurs, donc nous allons manger rapidement aux boui-bouis du marché, seuls endroits encore ouvert a cette heure.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brésil, belem
18 octobre 2005
SAO LUIS - LE VILLAGE D'ALCANTARA
Alacantara est un paisible village de pécheurs situé sur une île de l'autre coté de la Baie de Sao Luis. Son architecture coloniale est censée être l'une des mieux conservée et l'une des plus homogène du Brésil. Le bateau met 1 heure et demi pour atteindre l'île. Un temps qui est paru interminable pour beaucoup de passagers, compte tenu de la quantité de vomi qui s'est déversée dans les petits sacs plastiques qui nous ont été distribués. Ca en devient un jeu, en pariant sur la prochaine victime du roulis.
Le port d'Alcantara est à moitié asséché, en raison de la marée qui a commencée a se retirer, parfois sur plusieurs kilomètres, donnant l'impression qu'un immense marécage nous entoure.



Je commence à monter la rue principale dont le pavement forme des motifs triangulaires. La chaleur n'est pas encore accablante, il y a un peu de vie dans les rues, mais cela ne dure pas. Le village s'assoupit sur le coup de midi.

Très vite, je m'aperçois que beaucoup de bâtiments censées être intéressants ne sont plus que des ruines, et leur intérêt est limité sans un guide pour en connaître l'histoire. Même la Place Principale d'Alcantara, considérée comme un joyau d'après les guides, me semble fade. Je crois que j'ai assez vu de villes coloniales depuis mon arrivée au Brésil, il est temps d'arriver en Amazonie pour me changer les idées.





J'erre dans les rues pour prendre des photos, et je retourne au port où le bateau part à 16h00. Sylvia a rencontré 2 étudiants qui nous conseillent de prendre le train pour aller à Belem. L'idée est séduisante car nous passons par la campagne profonde pendant 8 heures, puis nous terminons le trajet en bus. De plus, cela nous coûtera moins cher. C'est décidé, nous prendrons le train demain matin, au lieu du bus ce soir.
Nous retrouvons nos amis étudiants pour le dîner : une délicieuse pizza avec du vin qui coûte une fortune compte tenu de la qualité plus que médiocre, mais qu'est ce que ça me manquait !
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brésil, sao luis, alcantara
17 octobre 2005
SAO LUIS - LE CENTRE HISTORIQUE
La ville de Sao Luis est la seule ville brésilienne fondée par les français à l'époque de la colonisation. Pour autant, on n'y trouve aucune trace de culture française. La ville a été récupéré par les portugais qui y ont imprimés leur style architectural, notamment les fameux azuleros, ces carreaux de faïence bleue qui recouvrent les façade des bâtiments d'époque. Certaines rues de la vieille ville ont donc des allures de salle de bain, ce qui change du style colonial coloré de Salvador da Bahia, ou encore d'Olinda. Et comme d'habitude, les rues sont désertes dès que la chaleur dépasse les 30°C.



Beaucoup de bâtiments sont complètement délabrés et ne sont plus que des façades sans toit. Malgré cela des gens habitent dedans, dans un état d'insalubrité totale. Un hamac, un réchaud et un frigo, il n'en faut pas plus pour vivre dans les vieilles demeures coloniales de Sao Luis.
![]() | ![]() | |
![]() | ![]() |
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brésil, sao luis
16 octobre 2005
SAO LUIS - LE CARNAVAL MARAFOLIA
Départ à 6h00 du bus pour Sao Luis. Nous ne sommes que 5 personnes au début du trajet, mais en 1 heure, le bus s'est rempli à tel point qu'une quinzaine de personnes voyagent debout dans l'allée. Je me serre avec Sylvia sur mon siège pour faire de la place à une petite fille, qui descend 1 heure plus tard, puis une maman dépose son petit garçon sur la place (qui n'en est pas vraiment une) qui se libère, sans nous demander notre avis. Et bien sur, aucun brésilien ne fait de même avec les autres enfants du bus...
Nous arrivons à Sao Luis à 12h30, et nous nous rendons à l'Auberge de Jeunesse dans la vieille ville. C'est dimanche, et une fois de plus tout est fermé, les rues sont complètement désertes. Est-ce bien la même ville où a lieu le dernier jour du Carnaval Marafolia. Difficile à imaginer dans ces conditions.
Nous rencontrons 2 suisses et 1 hollandais avec lesquels nous allons déjeuner. Ils ont été au Carnaval hier soir, et commencent à nous raconter comment ça se passe. Ca promet d'être un sacré moment !
Je vais me promener un peu à proximité de l'hôtel pour avoir un premier aperçu de la ville. Le quartier est assez délabré, un tiers des maisons coloniales ne sont plus que des façades, et je peux voir le ciel bleu à travers les fenêtres car le toit s'est souvent effondré. Je rentre me reposer un peu et je pars avec Sylvia au Carnaval à 17h00. Nous avons rendez-vous avec les autres à 19h30 sur place. Je ne prend pas mon appareil photo car il y a peu de chance que je sois en mesure de le garder.
Le bus est bondé de jeunes, nous sommes les seuls "blancs" dedans. Tous le monde descend en même temps, et nous marchons encore 5 minutes en suivant un long cortège jusqu'au lieu de la fête. Le Carnaval de Sao Luis, n'a rien à voir avec celui de Rio de Janeiro, où celui de Salvador da Bahia : les gens ne sont pas déguisés, et ça ne dure "que" 3 jours. C'est plutôt une sorte de gigantesque parade musicale, où toute la jeunesse de Sao Luis et des environs se donne rendez-vous. Et avec le sens de la fiesta des brésiliens, ça devient vite démesuré...
Un long boulevard à double voie longe la plage sur plusieurs kilomètres. D'un côté, des camions stationnent en fille indienne. Sur leur immense remorque, une monstrueuse sonorisation a été installée. Au sommet (plus de 15 mètres de haut parfois), une plate-forme accueille tout un orchestre de musique, et une trentaine de danseurs répartis devant et derrière. Une rangée de puissants spots éclairent le cortège au fur et à mesure de son très, très, TRES, lent déplacement.
Un périmètre spécial entoure chaque camion, car seul les gens qui supportent le groupe qui jouent ont le droit de danser sur la même voie que lui. Ils ont tous le même t-shirt de couleur flashy marquant leur appartenance au cortège des supporters.
N'étant pas au courant de la règle, je saute la corde et commence à suivre le cortège spécial en dansant sur le rythme endiablé du groupe qui jouent en direct. Mais je ne peux rester que 5 minutes car la sécurité arrive et me fait sortir pour aller rejoindre les gens "normaux" qui suivent sur l'autre voie parallèle.
L'ambiance n'y est pas moins bien, loin de là d'ailleurs, c'est juste que je ne fais pas parti des riches "privilégiés". Il y a plus d'espace pour danser, et tous le long sont installées des baraques à frites et à Caipirinha. A l'autre bout de la plage, d'immenses gradins ont été installés, et les camions passent au milieu marquant la fin de la parade pour eux.
Nous retrouvons nos amis de l'Auberge de Jeunesse et commençons à suivre le convoi tout en dansant. L'ambiance est folle ! Les brésiliennes, qui adorent toutes danser, courent partout. Les brésiliens sont plus calmes, préférant s'occuper temporairement de leur soif sur le bas-côté. Car une fois que leur taux d'alcoolémie est suffisamment haut, j'assiste a des scènes assez surprenantes. Le brésilien ne s'embarrasse pas de manières pour faire comprendre à une fille qu'il l'aime bien : il l'attrape par le bras, ou la taille, et la force tout simplement à l'embrasser. S'il n'arrive pas à atteindre la bouche au bout de 5 secondes, ou si la fille se débat comme une furie pendant le "baiser", il lâche prise et essaye avec une autre un peu plus loin. Il y a tellement de femmes ici (peut-être le double des hommes!) que ça ne leur pose pas de problème. Parfois, ça marche : la fille n'a même pas le temps de voir qui elle embrasse, mais elle ne résiste pas ...
Autre aspect social du Carnaval : les pickpockets. Ils sont partout, en permanence, et profitent de la cohue pour vous faire les poches. Tout d'un coup, je sens un mouvement de foule, et je me retrouve entouré de 5 brésiliens, dont l'un a manifestement les mains balladeuses. Je le repousse violemment en lui faisant signe que je suis prêt à me battre, il roule un peu des épaules avec ses poings serrés, et disparaît dans la foule. Sur le coup, ça m'énerve tellement qu'il puisse agir comme ça en toute impunité que je suis vraiment prêt a être violent avec le prochain. Mais ça n'arrivera plus.
Je passe la soirée à alterner les moments de danse avec mes amis et des moments de repos autours d'une caipirinha. La parade se termine sur le coup de 2h00 avec le passage du dernier char. La plupart des gens restent car il y a de la musique partout, mais je préfère rentrer. Il y a de plus en plus de gens louches, complètement ivres, et ici comme ailleurs au Brésil, la sécurité n'est pas optimum.
00:00 Publié dans Brésil | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : brésil, sao luis, carnaval, marofolia












