18 janvier 2006
SANTIAGO DU CHILI - APRÈS LA DOUANE CHILIENNE, UPS S'Y MET ...
Il y a des jours comme ca ...
Ce matin, je dois débarrasser le plancher du backpacker car les tres professionnelles personnes de la réception ont cru bon de donner mon lit à quelqu'un d'autre au bout de 3 jours, sans même me demander avant si je comptais rester plus longtemps. Comme d'habitude, les 2 douches du rez-de chaussée sont occupées, et celle du 1er étage ne laisse couler qu'un filet si mince que je ne prend pas le risque d'aller en dessous. Je récupère mon passeport, mes cartes de crédits et mon argent au coffre. Je recompte les pesos et il me manque un billet de 10 000. La fille de l'accueil devient blème (son job est peut-être en jeu). Je pensais avoir bien compté au moment du depôt, mais bon, j'ai pu faire une erreur aussi, surtout en ce moment ou je suis un peu sur les nerfs. Donc sans preuve, je laisse couler. Je fais mon sac, et le met au dépôt pour partir à la recherche d'un autre logement.
Heureusement, je trouve rapidement une autre Auberge de Jeunesse (6 000 pesos le dortoir) à quelques rues seulement, et je prend aussitot la direction de l'Ambassade de France. A 11h00, le colis n'est toujours pas arrivé. Ca commence à m'inquiéter. Je vais sur l'extranet client d'UPS pour lire les nouvelles, mais il n'y aucune indication de plus que "Delivery".
Je me rejouissais déjà de pouvoir courrir cet après-midi dans les rues de Santiago pour mitrailler au zoom, et bien non ! Il va encore falloir que je trouve un truc à faire pour m'occuper autrement. Tiens, si j'allais chez le coiffeur ? Ca c'est une mission intéressante : en effet, il s'agit de trouver un salon qui inspire suffisament confiance pour avoir une chance de ressortir sans raser les murs, tellement la coupe est foiree, tout en n'ayant pas le sentiment de s'etre fait avoir sur le prix. Toujours le traumastisme de mon experience zambienne ... Je me fais quelques galeries commerciales, et j'ose entrer dans un qui ne paye pas de mine, mais dont les coiffeuses n 'ont pas des tetes d'apprenties. Je m'installe, et la dame commence soigneusement a me degarnir au rasoir electrique puis aux ciseaux. Elle semble s'appliquer, c'est bon signe. Et le resultat final est plutot bien. Enfin, il m'arrive un truc bien ces derniers jours !
Je vais dejeuner, puis je retourne sur le site UPS, mais toujours rien. J'essaye de joindre l'Ambassade mais ce ne repond pas, donc mes pied se mettent en marche sur un chemin que je commence a connaitre par coeur. Le gardien de l'Ambassade me dit que quelque chose est arrive pour moi. Hourraaa !! Il appelle la personne qui a receptionne le colis et qui arrive avec une enveloppe dans la main seulement. Pas bon signe ... La lettre en espagnol dit que le colis est retenu a la douane pour une raison inconnue, mais surement injustifiee. Le colis n'a aucune valeur marchande en soit.
Nous appelons donc UPS pour savoir ce qu'il faut faire pour le recuperer. Il faut aller au Service des Douanes a l'aeroport demain matin (car maintenant, c'est ferme, histoire de me faire perdre encore plus de temps ), et il y aura bien sur un cout supplementaire. Comme si je n'avais pas perdu assez de temps et d'argent comme ca .... MAIS, ca serait encore trop simple ! Cerise sur le gateau, je ne peux pas retirer moi-meme le colis, car celui-ci est d'abord adresse a l'Ambassade de France, avant d'etre a mon nom. Zen Ludo, Zen ... Heureusement, il est possible de me faire exceptionnellement une procuration pour que je puisse aller retirer mon colis tout seul. Et comme je suis une sorte "d'emissaire" de l'Ambassade, je ne devrais rien payer de plus normalement.
Je sors de l'Ambassade avec les cartes de la derniere chance. Un grand merci, (je ne sais pas si je peut citer son nom sur le blog), a cette personne qui a fait tout ce qu'elle a pu pour m'aider. Si ca ne marche pas demain matin, je vais devoir partir pour l'Ile de Paques avec un appareil photo inutilisable. Je crois que je vais en pleurer de rage pour la premiere fois depuis tres longtemps.
Je reprend le metro pour le backpacker, recupere mes affaires, et vais prendre possession de mon lit dans mon nouveau "palace". C'est l'Auberge de Jeunesse par excellence : vaste, froide, impersonnelle, mais au moins, je ne suis pas a la rue.
Voila ... c'est aussi ca la vie en voyage : des galeres que je ne souhaitent a personne. Il faut en avoir conscience, la gestion des petits tracas representent 30% de mon occupation hebdomadaire. Alors celui qui croit que c'est la belle vie tous les jours, et qu'il peut faire la fete 24h/24 en toute insoucience, risque de rentrer bien vite chez lui au bout de quelques semaines.
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SANTIAGO DU CHILI - CHARGEUR OU PAS CHARGEUR ?
Je suis sur le pied de guerre dès 7h00. Je zappe le petit-déjeuner et je saute dans le premier bus pour l'aéroport. La confrontation finale avec la douane chilienne approche. J'envisage toute les hypotheses pour mon chargeur de batterie, la meilleure, comme la pire, et je commence meme a echaffauder un plan B ou cas ou je rentre bredouille.
Le bus traverse une zone d'activite ou des batiments aux couleurs de compagnies de livraison se succedent, je ne doit pas etre tres loin. Je demande au chauffeur du bus qui me dit que la douane est la, donc, je descend. Rien de special n'est indique, alors je demande a nouveau au gardien dans son poste de surveillance. Je lui montre la lettre et il m'indique un autre endroit, a 5 mn a pied, plus pres de l'aeroport. Je m'y dirige en marchant vite, j'arrive a une sorte de depot, mais je ne vois toujours rien d'indiqué. Je redemande a une personne qui me dit que c'est encore plus loin, de l'autre cote de la route. En face, c'est l'aeroport lui meme. Ca me semble louche, mais j'y vais en entrant par une porte de service. Toujours rien. Je croise une femme de menage, qui m'indique le 3 eme etage. J'y vais mais c'est le bureau de la Poste Chilienne. Je monte encore un etage et entre dans une societe pour demander. Ca me gave. Il n'y a pas une personne dans ce putain d'aeroport qui sait ou se trouve UPS, et ils preferent m'envoyer dans une direction au pif, plutot que d'admettre qu'il ne savent pas. Ca me rappelle la Bolivie tiens ! La receptionniste veut m'aider et elle passe donc quelques coups de fils pour se renseigner, sauf qu'elle n'arrive jamais a lire la bonne ligne sur mon document d'UPS, et elle demande toujours la Bodega 4 ou lieu de la Bodega 10. Je ne vais pas aller loin comme ca ... Finalement, elle me passe quelqu'un au telephone, qui m'explique que je dois revenir en arriere. Je raccroche et hop, c'est reparti pour un tour ! En revenant devant l'entrepot, je remarque des voitures UPS en stationnement. Je chauffe ... Je jette un oeil a l'interieur, et je vois écrit "Bodega 10 - Adouana. OK ... c'est parti pour le round final !
Je suis en plein dans l'entrepot ou les colis sont decharges de l'avion. La piste d'atterissage est juste derrier, je ne peux pas remonter plus a la source ! Je tend mon papier a un agent de la douane derriere un comptoir. Il le regarde, le pose dans un coin, me dit d'attendre, et il va s'assoir plus loin. Pendant 10 minutes, il ne fait rien que de cliquer nonchalament sur sa souris, apres avoir taper la discute avec une employee. C'est pas comme ca que je vais avoir mon colis ... 15 minutes plus tard, un moustachu arrive et s'assoit lourdement derriere le comptoir. Il n'est que 9h30, mais son visage exprime deja a quel point ca l'emmerde de devoir tamponner la petite pile de papier devant lui. Je me leve et commence a tourner en rond devant lui pour lui faire comprendre que j'attend le papier pour retirer mon colis.
- Vous attendez quelques chose ?
- (ouais, que tu bouges ton gros cul, feignasse), "oui, je dois recuperer un colis pour l'Ambasse de France" dis-je en esperant que le mot "Ambassade" va le faire s'agiter un peu.
- Il y a quoi dedans ?
C'est ecrit en 4 exemplaires sur la feuille de livraison mais je lui explique tout de meme ce qu'il y a dans le colis. Quelques minutes plus tard, il me tend les papiers tamponnés et m'indique le bureau UPS a 10 metres. Je touche au but !
Le bureau d'UPs est en fait un local avec un tapis roulant qui donne sur le tarmac de la piste d'atterrissage. Je tends mon bon de livraison au gars qui tapote sur son clavier d'ordinateur, et il m'annonce la "bonne" nouvelle. Il ne peut pas me donner le colis car il y a une difference entre la valeur declaree par l'expediteur (30 euros) et la valeur estimee par la douane chilienne (50 dollars). Faudrait qu'ils m'expliquent comment ils ont fait pour estimer un produit qui n'existe pas chez eux, sans avoir ouvert le paquet en plus ... Je lui fait comprendre que je commence a etre passablement agacé.
Il m'envoi re-voir le douanier pour faire la correction sur le papier, mais celui-ci me dit que c'est bon comme ca, et je retourne voir le gars d'UPS.
Le gars me demande encore de payer. La, je m'enerve : je leur dit que je ne paierai rien car c'est un produit usagé, qu'ils n'ont qu'a ouvrir le colis pour vérifier, que j'ai deja paye UPS pour un service de livraison qui n'a pas été mené a bien, et que j'ai perdu assez de temps comme ca avec eux. JE VEUX MON COLIS MAINTENANT !!!
Je suis agreablement surpris par ma capacite a peter un plomb en espagnol, dis donc ! J'ai beau lui mettre l'autorisation de l'Ambassade de France sous les yeux, rien n'y fait. Le gars essaye de m'expliquer que ce n'est pas lui, que c'est la Douane qui impose une taxe d'importation (mais puisque je vous dis que ce n'est pas de l'importation, c'est pour mon usage personnel !!!).
15 minutes plus tard, je suis a 2 doigts de commettre un double homicide ... et puis je decide de changer de tactique. En 1/10eme de seconde, je ravale toute ma haine pour UPS et la douane chilienne, et j'arbore mon visage le plus dépité, en m'affalant de desespoir sur le bureau.
- Escucha me, c'est pas que je ne veux pas payer, c'est que je ne PEUX PAS ! Je me suis fait tout piquer il y a 10 jours, plus d'argent, plus de CB (faut exagerer un peu dans ces cas la), l'Ambassade m'a fait cette autorisation pour m'aider ! Je suis dans la merde, et vous, vous m'y enfoncez encore plus. Vous voulez voir la declaration de Police ??
- Tu as deja parle de ca a la douane ?
- Non,
- Bien. Viens, je vais voir ce que je peux faire.
Il prend le papier, discute a voix basse avec une femme, puis il revient avec un petit sourire.
- C'est bon, c'est arrangé.
En 30 secondes, j'ai une petite boite en carton dans la main. Je n'osais plus y croire. Je le remercie de son aide, et je quitte le depot sans trop réaliser que j'ai gagne ! Je ne peux pas attendre d´etre au backpacker, j'ouvre la boite. Un chargeur universel avec plein d'adaptateurs est dedans, et un cable d'Ipod aussi. Des que je suis dans le bus, je prend la baterie de mon appareil photo, et je commence a essayer de trouver le bon emboitement. J'essaye toute les combinaisons possibles mais rien ne fonctionne. C'est pas possible, c'est un cauchemard, je vais me réveiller bientot ... Je lis le mode d'emploi, et je réalise que le chargeur n'a pas d'adaptateur specifique pour mon type de baterie.
OK ... plus le temps de m'apitoyer sur mon sort, je passe au plan B : j'ai 16 heures pour trouver un gars fortiche en electronique qui va me bidouiller le chargeur et me sauver. Si le plan B n 'est pas possible, j'ai le plan C : a partir de l'appareil photo, faire fabriquer une batterie artisanale en reliant les bornes + et - a une grosse pile avec un fil électrique. Souvenir de mes cours de physique de 4ème ...
Mais avant, je vais essayer un truc. Des que j'arrive au backpacker, je monte dans la chambre et je me colle devant une prise. Je prend l'adaptateur qui s'approche le plus de ma baterie, meme s'il manque des élements, et je force comme un dingue pour se faire toucher les bornes. Le petit voyant vert clignote. C'est bon signe ca ? Je relis le mode d'emploi et je commence a reprendre espoir. Je remet la baterie qui etait auparavant vide dans mon appareil photo, je l'allume et .... MIRACLE !!! CA MARCHE !!! Fin de la galere. Il est 11h00. Je vais sur Internet en attendant que la baterie se charge au maximum, puis je pars dans les rues de Santiago donner a manger a mon bébé Panasonic.
Je repasse dans plein d'endroits que j'avais reperé avant, puis je vais dejeuner. Avant de partir a l´Ile de Paques, je change des euros en pesos car je ne suis pas sur que le taux soit tres avantageux sur place. Je retourne au Cerro San Cristobal pour la vue panoramique sur Santiago ou je me fais 2 trajets aller-retour sur le téléphérique, puis je retourne en ville. Il faut aussi que je fasse des courses de nourituure car je sais que cela coute cher sur l'Ile. Et bien sur, je ne vous parle pas de la connexion internet qui doit etre lente (ou alors tres cher), donc pas de panique s'il n'y a rien sur le blog pendant 5 jours.
Voila, j'attaque ma derniere nuit sur le continent Sud-americain. Ces 10 dernier jours ne resterons surement pas dans les meilleurs souvenirs de mon voyage, mais je m'en souviendrais quand meme longtemps ! Maintenant, il faut s'attaquer au probleme de l'ordinateur ...
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17 janvier 2006
SANTIAGO DU CHILI - UPS FAIT DURER LE SUSPENSE ...
Encore une journee d'attente interminable. Sans appareil photo, je n'ai pas trop envie d'aller me ballader partout, si je peux rien capturer. Ca va etre plus frustrant qu'autre chose. Mais il faut bien que je m'occupe donc je commence par une petite heure sur internet pour rechercher des bons plans en tout genre sur l'Ile de Paques et la Polynesie.
Puis je vais dejeuner sur la Plaza de Armas qui grouille de monde a cette heure. Je decide d'aller faire un tour au Cerro San Cristobal, une petite montagne qui domine tout Santiago. Un funiculaire (1200 pesos l'aller-retour) qui monte a pic m'emmene au sommet. A la maniere de Rio de Janeiro, une immense statue blanche trone au somment, les bras ouverts. Sauf que ici, c'est la vierge.
Un nuage de fumee s'eleve au loin, et les sirenes des pompiers qui commencent a retentir me confirme que c'est un important incendie qui s'est declare. Je m'installe dans une chaise pour lire au soleil, tout en profitant de la magnifique vue pamoramique, mais au bout de 20 minutes, je m'endors presque sous l'effet de la chaleur.
A 17h00, je redescend et decide de passer a l'Ambassade de France pour savoir si mon colis est arrive. Je demande au gardien, mais le mien n'est toujours pas la. Je retourne donc sur Internet verifier l'acheminent via l'extranet client d'UPS. C'est beau la technologie : je peux suivre a distance et quasiment en direct tout le trajet de mon precieux petit chargeur de batterie. Je peux ainsi savoir qu'il a fait un escale a Miami cette nuit, et que, aujourd'hui a 17h03 .... CETTE SALOPERIE DE DOUANE CHILIENNE LE BLOQUE ET MENACE DE LE RETOURNER A L'ENVOYEUR !!! Motif : une anomalie entre la valeur declaree du colis et son poids. Je dois etre maudit .... Je suis a 2 doigts de peter un plomb et de debarquer chez UPS a Santiago, dont je recupere l'adresse illico-presto. La suite du message tempere la situation car un agent d'UPS serai en train de regler le probleme. OK... j'attend. A 19h00, je retourne sur Internet. Je peux lire que le colis est passe, et qu'il est en phase de livraison finale. Ouf !! Demain, je serai le premier a l'ouverture de l'Ambassade !
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16 janvier 2006
SANTIAGO DU CHILI - LE QUARTIER DES AFFAIRES DE PROVIDENCIA, PLONGEON AU COEUR DU CHILI DU FUTUR
Le petit-déjeuner au Bckpacker est à 9h00 seulement, assez révélateur de l'état d'esprit de l'endroit. " Ici, on est là pour se coucher tard et on a tout prevu pour le landemain matin."
La première chose que je dois faire aujourd'hui est de contacter l'Ambassade de France pour m'assurer qu'elle peut bien réceptionner le colis avec le chargeur de mon appareil photo. Je les appelle à plusieurs reprises mais personne ne repond. Je vais sur Internet verifier le numero de telephone, mais celui-ci est bon. J'essaye a nouveau mais toujours pas de reponse, donc je decide de me deplacer. L'Ambassade est bien ouverte. J'explique a la dame de l'accueil mon probleme, et sa seule reponse est de me dire "voyez un conseiller" en me donnant un ticket de file d'attente. Le telephone sonne, sonne, sonne, mais elle ne repond jamais. OK, c'etait donc ca... Au bout d'une demi-heure, je rencontre enfin une charmante personne qui me met en contact avec celle Responsable du courrier, et elle accepte gentiment de s'en occuper. Elle me donne son numero direct et je dois l'appeler demain pour verifier que le colis est bien la avant de passer a l'Ambassade. Voila une bonne chose de faite.
Je dois maintenant aller chez British Airways, dans le quartier de Providencia, confimer mon vol pour l'Ile de Paques, et les suivants. Je fais connaissance avec le metro local, de construction francaise s'il vous plait, ce qui explique le fait que je trouve les rames tres familieres. Je me croirais presque a Paris, si je n'etais pas entoure de chiliennes aux origines indiennes bien marquees sur leur visage (peau basanee, yeux en amande, cheveux et pupilles noires de jais).
Je sors de la bouche du metro aveugle par le soleil de plomb, puis au bout de quelque secondes ,je realise que je viens de mettre les pied dans un quartier special : le Centre des Affaires du Chili, ou toutes les multinationales americaines et europeennes ont implantees leur siege. Je regardrai ca en detail plus tard, pour l'instant je fonce chez British Airways qui, bien sur, ne se trouve plus a l'endroit indique dans mon guide et sur Internet.. C'est une manie chez eux ... Le concierge du batiment me donne la nouvelle adresse. C'est encore un petit bureau perdu dans une tour aux allures de residence. L'hotesse est efficace, et a 13h00, l'essentiel pour la journee est fait.
Je vais donc me promener dans le quartier de Providencia, centre nevralgique de l'economie chilienne. Au premier abord, cela ressemble a une ville neuve avec ses grandes rues propres bordees d'arbres, mais surtout ses grands batiments residentiels pour riches. A intervalle regulier, des tours de bureaux a l'architecture audacieuse, et au design moderne s'elevent gracieusement donnant au quartier des airs de ville du futur. De nombreux petits espaces verts sont implantes entre les tours, et donnent un qualite de vie vraiment agreable ici. A l'heure du dejeuner, les bancs sont envahit de secretaires et assistantes au look fashion qui feraient palir de jalousie les plus sexy des starlettes hollywoodiennes.
Les urbaniste ont fait un travail remarquable et ce n'est pas fini a juger des nombreuses tours en train de sortir de terre. A mon avis, le resultat general relegue au rang de "quartier ringard" les plus grands centre d'affaire occidentaux. Je prend tout de meme quelques photos, en essayant d'etre efficace pour economiser la batterie (mais c'est dur quand il y a autant de merveilles architecturales autour de soi). Je me fait un dejeuner copieux dans un restaurant pas cher mais tres bon genre, puis je plonge dans le metro pour regagner le centre-ville.
Je vais acheter une nouvelle calculatrice car j'ai perdu la mienne, puis je me promene en ville pour reperer quelques cadrages interessants. Ca ne manque pas ici. La chaleur devenue ettouffante fait le succes des marchand de glaces. Quand j'arrive sur la Plaza des Armas, quasiment tous le monde en leche une, assis a l'ombre des palmiers.
A 19h00, je reprend tranquillement le chemin du retour pour le backpacker ou je m'installe pour lire un peu. Une demi-heure plus tard, je retouve Patricia et sa mere qui rentrent juste de Valparaiso et Vina del Mar Je leur demande comment c'est, car je pense aller y faire un tour apres-demain. Du coup, nous allons diner ensemble pour continuer la discussion dans un restaurant celebre de Bellavista, Con Agua et Chocolate, ou j'etais deja aller avec les amis. Rien n'a change. Je me fais un bon saumon a la provencale, puis nous rentrons en taxi au Backpacker.
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15 janvier 2006
RETOUR A SANTIAGO 7 ANS PLUS TARD - SÉQUENCE "NOSTALGIE"
Le bus arrive a 9h00 a Santiago, apres une bonne nuit de sommeil dans mon siege super comfort.
7 ans plus tard, me voila de retour dans une ville qui restera longtemps dans mes souvenirs. En effet, je suis deja venu pour 10 jours a Santiago, dans un contexte un peu particulier. A l'epoque, je travaillais en interim. Mes 2 meilleurs amis, Thierry et Vincent, accompagnes de Felix, le cousin de Thierry, partent au Chili pour 1 mois. Le frere de Thierry, Francois-Xavier (FX) qui vivait a Santiago, avait monte un bar la-bas : La Boheme. Mais cette fois, je ne suis pas du voyage car je suis coincé a Paris par des obligations professionelles et financieres. Mais je commet l'énorme erreur de les accompagner a l'aéroport.... Nous buvons une biere sur place, et lorsque l'embarquement commence, je les suit jusqu'au portique. Sauf que je reste comme un couillon derriere, a les regarder partir s'éclater au Chili, sans moi. Les enfoirés ... ca ne va pas se passer comme ca !
De retour chez moi, je me plante devant Internet et cherche un billet d'avion a destination de Santiago, pour la semaine de leur retour, ou je sais qu'il vont crécher chez Francois-Xavier. Je passe un deal avec la responsable de ma mission d'intérim chez Unilog pour m'absenter 10 jours, et 3 semaines plus tard, je m'envole pour le Chili.
Mes amis arrivent d'Arica le jour meme, apres 24 heures de bus . Ils s'installent dans le fauteuil du salon de chez FX et commencent a lui raconter leur périple. Je rentre dans la piece et je m'installe calmement entre eux en passant par derriere, et en leur lancant avec une ptite tape dans le dos, " Ca va les gars ?" Je ne vous raconte pas la tete qu'ils ont fait ! Thierry s'est presque decroche la machoire et Vincent m'a regardé comme s'il venait de voir un fantome ! La fiesta qui a suivie ce soir la a La Boheme fut fabuleuse, d'autant plus que c'était aussi l'anniversaire de Thierry. Voila pour l'anecdote.
Soleil radieux, 25 degrés, temps idéal pour partir a la recherche d'un backpacker. J'en trouve un proche de la gare routiere, mais il semble plein, et la recéptionniste doit attendre midi, l'heure du check out por etre en mesure de me dire si il y a une place ou non pour moi. Ca, c'est de la bonne gestion ... Je laisse mon gros sac a dos ici, et je pars vérifier une autre adresse qui se trouve en face de la gare et que je n'ai meme pas vu en sortant. Ils ont un lit de libre en dortoir donc je le réserve, puis je repart chercher mes affaires. L'endroit est convivial, confortable, a 5 minutes a pied du centre-ville, et toutes le commodités sont incluses.
Je vais faire un tour en ville, mais tout est fermé, absolument tout. Les rues sont désertes. Non seulement c'est Dimanche, mais en plus, c'est aujourd'hui le 2eme tour des Elections Présidentielles, tout s'explique. Je tourne en rond pendant 1 heure avant de trouver un boui-boui ouvert qui met 30 minutes a me servir un simple hamburger, puis je vais voir le Palace de la Moneda, le Palais Présidentiel ou a eu lieu le coup d'état de Pinochet. Quand j'y suis passé il y a 7 ans, il y avait encore quelques impacts de balles d'époque sur la facade. Aujourd'hui, toute la facade a ete ravalée, et il ne subsiste plus rien de ce triste detail historique.
Je vais ensuite au Cerro Santa Lucia, la petite colline au coeur de la ville qui abrite une forteresse reconvertie en jardin publique et qui permet d'avoir une belle vue panoramique. Je fais quelques photos en prennant bien soin d'économiser le peu de batterie qu'il me reste. Je suis a une centaine de metres de l'ancien appartement de FX, donc j'y passe, pour une petite séquence nostalgie. Tout est toujours pareil. Et le restaurant chinois juste en dessous ... aie aie aie ... je ne peux pas m'empecher de rire. Je me rappelle ce déjeuner mémorable qui s'est terminé en bataille de nouriture. Et Fabien ... un ami qui travaillait a La Boheme qui a vomit dans son potage de vermicelle ... On a sacagé la salle au point qu'il nous a fallu laisser un pourboire plus que conséquent pour calmer le patron !
Je continue sur le quartier de Bellavista ou se trouvait La Boheme. Le batiment est toujours la, sauf que c'est maintenant un club de jazz peint dans un vert hideux. Je jette un peil par la fenetre : le long bar en bois avec sa forme de point d'interrogation n'a pas bougé. Tous les souvenirs de soirées me sautent a la tronche. Pfff ... Je continue de me promener dans le quartier aux facades de batiments colorés, puis je rentre au backpacker en traversant un jardin public. C'est rempli de jeunes couples qui s'embrassent goulument sans pudeur. Ici, c'est un peu comme au Brésil : les jeunes habitent chez leurs parents jusqu'au marriage, et les jardins de la ville constituent le seul endroit ou il peuvent se retrouver pour un peu "d'intimité" loin des parents.
Une fois arrivé, je m'installe sur l'ordinateur a la connexion Internet ultra-lente. En meme temps, je fais la connaissance de Patricia, une jeune brésilienne de 19 ans qui voyage avec sa mere. A 20h00, le résultat des électiond présidentielle est annoncé : Michelle Bachelet devient la premiere femme élue Presidente en Amerique du Sud. Nous allons tous les 3 dans la rue assister a la joie des partisants qui se regroupent autours d'un estrade installée sur l'avenue principale. A 21h30, Madame La Presidente, arrive et fait le traditionnel discours demagogique de circonstance. Puis, c'est la fete dans la ville. Nous, notre seule préoccupation est de trouver un endroit pour diner. Nous finissons dans une pizerria pas tres bonne, puis nous rentrons au backpacker.
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14 janvier 2006
TTRAJET EN BUS DE BARILOCHE (ARGENTINE) A PUERTO MONTT (CHILI)
Il est 6h00, je prend ma douche, je termine de boucler mon sac et me voila pret a repartir sur la route. Il me reste juste a dire au revoir Amichay qui s'est a moitié endormi. Avec Craig en Afrique, et Christophe en Antarctique, il fait parti des rares personnes que j'ai rencontré avec lesquel j'aurai pu voyager des semaines, voire des mois. J'espère vraiment que nos chemins vont se recroiser un jour. Je réveille ausi Itay, puis je pars.
Les rues de Bariloche sont vides, et un beau soleil éclaire le lac. J'attend 5 minutes un taxi pour m'emmener a la gare routière. Je m'enfile 2 croissants et 1 café avant de monter dans le bus flambant neuf qui me ramène au Chili, pour ma dernière semaine en Amerique du Sud. La route traverse la fameuse région des Lacs, jusqu'a la frontière que nous passons en 5 minutes. Les douaniers ont l'habitude des aller-retours des voyageurs en l'Argentine et le Chili et sont peu regardants (ou efficaces, va savoir ...). Au poste chilien, c'est un peu plus long, car l'importation de nourriture étant strictement interdite, ils vident la soute du bus pour mettre tous les sacs sur un tapis roulant qui les scannent.
Le bus s'arrete à Osorno, belle ville a l'architecture typique de la region, puis nous arrivons a Puerto Montt a 14h30. Je regarde les horaires des bus pour Santiago. il y en a plus d'une dizaine qui part entre 18h00 et 22h00, donc j'achète un billet (20 000 pesos) pour ce soir, ce qui me permet d'économiser une nuit d'hotel ici, et une longue journée de trajet.
Je laisse mon gros sac à dos au garde-bagage, et je pars en ville tuer le temps. Il n'y a pas grand chose a faire a Puerto Montt, surtout qu'il ne fait pas tres beau temps. Cependant, je trouve que la ville un certain charme. Je me promène le long de la baie puis je vais dans un Café Internet. J'achète 2 completos (sorte de hot dog avec une crème d'avocat et des tomates coupées en petit morceau, le tout recouvert de mayonnaise) pour le trajet, et me voila de retour a la gare. Le bus est vraiment confortable, ca fait plaisir. A peine installé, je m'endors.
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04 janvier 2006
TREKKING AU TORRES DEL PAINE - CIRCUIT W - 5ème JOUR
Ma montre sonne à 4h30 comme prévu, mais comme j'ai entendu la pluie tomber sur la toile de la tente 30 minutes plus tôt, je me dis que ce n'est même pas la peine de jeter un oeil dehors. Le ciel doit être nuageux, et donc le lever de soleil sur les Torres del Paine compromis. Amichay vient me réveiller à 5h00, et me demande si on y va. Je regarde le ciel et un beau bleu sombre semble apparaître entre le feuillage des arbres. Branle-bas de combat ! En 5 minutes, je suis habillé, sac sur le dos avec le petit-déjeuner dedans. Comme Amichay et Moti tardent à se préparer, j'attaque la montée de la montagne en solo, gravissant les rochers à toute allure car le ciel s'éclaire de plus en plus vite, et je ne veux pas rater le moment où le soleil rougeoyant atteint les pics rocheux. La montée au Mirador dont le chemin se résume à de l'escalade dans une sorte de carrière de rochers énormes dure normalement 45 minutes. Je me la fais en 20 minutes ... et quand j'atteins enfin le sommet, j'ai les cuisses et les mollets à deux doigts de la crampe. Mais le soleil n'est pas encore là, ouf ! J'ai donc le temps de me reposer sur un rocher plat où sont déjà installés deux randonneurs barbus qui ont sorti leur réchaud. Ils ont bien raison car le vent est glacial. En montant, j'ai eu le temps de me dire que je n'ai pas pris les cuillères pour manger le muesli. Ni les bols d'ailleurs ... Heureusement, j'ai pris deux tasses.
Le spectacle en face de moi est impressionnant : trois gigantesques aiguilles de roche sont pointées vers le ciel comme si elles avaient poussé la veille. A leur pied se trouve un petit glacier dont le ruisseau souterrain se déverse dans un lac à l'eau cristalline. Lorsque les premiers rayons de soleil touchent la roche blanche, celle-ci rougit. La lumière progresse petit à petit depuis le sommet des aiguilles vers le bas, en passant de l'orange vif au jaune, puis la roche prend enfin sa couleur naturelle.
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Ami et Moti me rejoignent et nous montons au sommet de la crête d'où la vue est la meilleure. Je sors le petit-déjeuner, et Amichay a une idée pour manger les céréales : (Musique de Mac Gyver) - utiliser les verres démontables des lunettes de soleil que j'ai trouvé il y a 3 jours. Et j'ai précisément les lunettes avec moi. On se régale. Nous restons sur la crête une bonne demi-heure, puis lorsque le soleil éclaire tout, nous prenons la direction de la descente.
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De retour au camp à 8h00, nous faisons une courte pause et l'ultime démontage de la tente commence. Nous nous débarrassons des choses dont nous n'avons plus besoin (je donne une bonbonne de camping-gaz a des randonneurs français juste à côté de nous), et nous ne gardons que la nourriture pour le déjeuner. Le refuge Las Torres d'où part le bus du retour pour Puerto Natales est à 3 heures de marche, mais comme c'est quasiment toujours en descente, nous allons vite.
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A 12h30, nous faisons notre pause déjeuner sur le flanc de la montagne avec une vue panoramique sur la vallée encaissée derrière nous et sur les lacs devant nous. Il faut encore nourrir Moti.
Puis nous entamons la longue descente à toute allure vers le Refuge Los Torres que nous atteignons en 45 minutes. En chemin, nous croisons des groupes des dizaine de randonneurs qui montent. Je n'en avais jamais vu autant depuis 4 jours. Une vraie colonie ! Il est temps de partir d'ici ... Nous croisons même un couple qui était avec nous sur le bateau en Antarctique.
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Le chemin traverse un champ plat pour arriver au bord d'une rivière large. 2 options indiquées sur un panneau pour traverser : un chemin pour les humains et un pour les chevaux qui semble plus court. Pourquoi les différencier ? Amichay préfère aller au plus court donc nous prenons celui des chevaux, et quand nous arrivons en face de la rivière nous comprenons pourquoi il ne nous est pas destiné: il n'y a pas de pont... Le courant est trop fort donc il nous faut longer la rivière jusqu'au "pont des humains". Nous arrivons Arrive au Refuge Las Torres à 14h00, où se trouve un luxueux hôtel en bois avec une superbe vue sur les aiguilles du Torres del Paine au loin.


Nous attendons ici le mini-bus qui nous emmène à l'entrée du Parc . En l'espace de 20 minutes, une vingtaine de randonneurs arrivent, et le mini-bus se retrouve bondé. Mon sac part avec le premier bus mais il n'y a plus de place pour moi, donc je prend le suivant, et retrouve mon sac à l'arrivée. Puis nous prenons le bus pour Puerto Natales.
Une chambre nous attend à l'hôtel ou nous avons laissé le reste de nos affaires. On va diner dans un bon restaurant puis nous allons rendre les affaires de location. Je récupère mon ordinateur, puis je vais sur Internet consulter mes emails. Une trentaine de messages m'attendent, dont un qui attire mon attention : il vient de la compagnie aérienne brésilienne GOL avec laquelle j'ai acheté deux vols internes au Brésil il y a maintenant plus de 3 mois. Le message me confirme l'achat d'un billet d'avion à destination de Salvador da Bahia pour le 2 janvier (nous sommes le 4) pour Monsieur Robert Boller qui habite à la même adresse que moi, et qui a la même carte de crédit aussi apparemment. Prix du billet : 823 reals (presque 300 euros) ! Les boules ... Dur, le retour. Je n'ai pas encore eu d'ennuis de ce genre en 8 mois de voyage, donc il fallait bien qu'une tuile me tombe dessus un jour ou l'autre.
Je termine de lire mes emails et je commence à réfléchir aux conséquences de cette fraude sur ma carte de crédit : plus de retrait possible aux distributeurs, gros trou dans le budget, perte de temps et d'argent pour les démarches d'opposition... pfffff, ça me gave. Je m'en occuperai demain à El Calafate en Argentine, où les connexions à Internet et les appels internationaux sont moins chers.
Je reviens à l'hôtel sur le coup de 23h00, et je commence a préparer mon sac. Moti me demande si je peux lui graver un cd-rom de mes photographies. Je m'y attendais, mais j'estime qu'Amichay et moi avons déjà été bien sympa avec lui, donc je lui fais comprendre que je vais pas en plus lui servir de photographe officiel. Il tire la tronche car, comme prévu, il n'a pris quasiment aucunes photographies en comptant justement sur moi pour faire le travail. Dommage pour lui ... Ca me fait un peu chier d'en arriver la, mais j'avais envie de lui donner une lecon.
00:00 Ecrit par Ludovic dans Chili | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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03 janvier 2006
TREKKING AU TORRES DEL PAINE - CIRCUIT W - 4ème JOUR
Parcours depuis le Refuge Los Cuernos jusqu'au Camp Torres.
La plus grande journée de marche nous attend aujourd'hui : 4 heures jusqu'au refuge Chileno, puis encore 1 heure jusqu'au Camp Torres. Compte-tenu que les temps de parcours sont évalués sans prendre en compte les pauses, nous allons sûrement mettre 2 ou 3 heures de plus pour atteindre notre objectif.
Nous nous levons le camp à 9h00 sous une ciel nuageux menaçant, et reprenons le chemin qui longe le lac. Je pars avec Moti, car Amichay a semble t-il prit les devant. Ca nous étonne, mais vu que son sac n'est plus là... Au bout d'une demi-heure a marcher à vive allure, toujours pas d'Amichay en vue. Nous continuons encore 20 minutes, mais sans résultat. Je demande à un randonneurs qui vient dans l'autre sens s'il a croisé un israélien, mais il n'a vu personne depuis 40 minutes. Amichay est donc derrière. Nous posons nos sacs pour l'attendre, et je monte sur un gros rocher pour avoir une meilleure vue sur le chemin. Enfin, au bout de 15 minutes, je l'aperçois. Il était au toilette pour prendre du papier hygiénique avant de partir, mais il y avait la queue et il a dû attendre 10 minutes. En revenant à la tente, nous étions partis.

Un groupe d'une dizaine d'américains est parti quelques minutes avant nous, et un autre de 8 allemands est derrière. Dès que je vais trop vite, je me retrouve au milieu des américains, et quand j'attend Amichay et Moti, où que je m'arrête pour prendre une photo, les allemands me rattrapent. J'ai horreur de cette situation où je ne me sens jamais perdu en pleine nature, donc je met le turbo pour larguer tout le monde. Nous avons liquidé quelques kilos de nourritures mais pourtant, j'ai toujours l'impression que mon sac est aussi lourd. Il n'y a pas de réelle difficulté au début, ce n'est qu'un enchaînement de montées et de descentes dans un paysage vallonné, avec bien sûr, les traditionnelles rivières à traverser. Je m'étonne moi-même de ne pas avoir encore glissé sur une pierre mouillée pour me retrouver les pieds dans l'eau.
A 13h30, je m'arrête au sommet d'une petite colline qui domine le lac pour faire notre pause déjeuner. Les randonneurs qui passent m'imitent et bientôt, chaque sommet de colline séparée d'une centaine de mètres est occupée par un couple ou un groupe ! Amichay arrive 10 minutes après moi, puis Moti 10 minutes plus tard. Nous lui passons du thon et du pain pour qu'il ne mange pas que de la mayonnaise.
Le chemin reprend à travers champs, puis nous amorçons une montée qui devient de plus en plus raide. Là, je le sens passer, et j'arrive en sueur au col qui permet de passer de l'autre côté de la vallée. La vue panoramique est magnifique de part et d'autre. 


Dès que les autres m'ont rejoint, nous amorçons la descente dans la vallée jusqu'au Refuge Chileno, dans un chemin à flanc de montagne. Je traîne pas mal pour prendre des photos.

Il est 15h30, et nous ne sommes plus très loin de notre objectif. Sans tarder, nous repartons en suivant la rivière. Toujours en tête, je m'enfonce dans la forêt en me disant que je ne m'arrête plus tant que je ne suis pas arrivé au Camp. Enfin, à l'approche d'une zone dégagée, qui donne sur un éboulement de rochers, j'aperçois le camp niché dans un bosquet. Il est seulement 16h30, je vais enfin pouvoir un peu profiter d'une fin de journée. La journée la plus longue en terme de marche aura été finalement celle que nous avons le mieux géré, en partant tôt.
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Je nous trouve 2 emplacements de tente et je vais profiter du soleil qui est apparut, assis sur les rochers à l'entrée du camping, en attendant les autres. Quand nous sommes réunis, nous nous faisons des pâtes sans attendre l'heure du dîner car nous avons très faim. Je vais ensuite avec Amichay voir comment se présente le chemin pour demain matin. L'objectif est d'arriver au mirador sur les fameuses aiguilles granitiques Torres del Paines avant le lever du soleil.

Il va donc falloir se lever à 4h30 et enchaîner directement sur une ascension ardue pendant 45 minutes. En espérant que le soleil sera au rendez-vous, car c'est le clou du spectacle, et je me le suis gardé pour le dernier jour. Je vais me coucher à 22h00 alors que Amichay et Moti vont s'incruster avec 3 jeunes charmantes israéliennes qui sont arrivées peu après nous pour jouer aux cartes.
00:00 Ecrit par Ludovic dans Chili | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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02 janvier 2006
TREKKING AU TORRES DEL PAINE - CIRCUIT W - 3ème JOUR
Parcours depuis le Refuge Los Cuernos jusqu'au Refuge Sarmiento
Le programme de la journée se résume a un aller-retour jusqu'à un mirador situé à 2 heures de marche de notre camp. La météo n'est pas très bonne, mais au moins, il ne pleut pas. Nous prenons dans un petit sac à dos, juste de quoi faire un sandwich pour le déjeuner, et nous laissons tout le reste dans la tente. Pas de risque, à priori, de se faire voler quelque chose, tout le monde fait pareil, et je ne laisse aucun objet de valeur.
Le chemin longe la rivière tumultueuse qui coule directement du Glacier de Los Frances dans une vallée faite de gros rochers empilés. 
Ca monte raide, et c'est l'enfer pour les jambes qu'il faut lever haut pendant une bonne demi-heure. Nous atteignons une crête peuplée de tronc d'arbres desséchés et blanchis en vrac sur le sol. Ca ressemble parfois a un champ de bataille. Je me demande ce qu'il a bien pu se passer ici. 

Une fois au sommet qui nous offre une vue panoramique sur la vallée et le glacier, nous passons dans la forêt. 
Le chemin zigzague entre les racines d'arbres, et nous fait faire des montagnes russes pendant plus d'une heure. A mi-parcours, Sarah n'en peux plus car elle a une douleur au genou depuis hier, et elle préfère retourner au camp pour s'économiser. Je prend donc son sac (en fait celui de Moti qui a réussi à lui refiler dans un geste de galanterie mémorable), que je rend dix minutes plus tard à son propriétaire que j'ai rattrapé.
Nous franchissons des rivières et après deux heures de marche, nous arrivons enfin au Camp de Los Inglese, ce qui signifie la proximité du Mirador.
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Nous continuons pendant encore 30 minutes et atteignons enfin un gros rocher au sommet plat qui surplombe la vallée et nous offre une vue panoramique sur les environs. Nous sommes dans une sorte de gigantesque cirque naturel délimité par une série de montagnes granitiques aux formes fabuleuses.

Les "Jumeaux sont 2 cônes parfaits côte à côte, la "Cathédrale" est un immense pic abrupte au sommet arrondi, dont la paroi est striée de haut en bas, le "Chateau" est un mur de granit horizontal, et les "Dentelles" sont un sommet finement ciselé sur plusieurs centaines de mètres. Derrière nous, l'ensemble du Torres Grande se montre sous un nouvel angle qui laisse apparaître une longue ligne de roche d'une couleur différente du reste, donnant l'impression que la montagne a été frappée d'un coup de sabre géant.

L'emplacement est idéal pour déjeuner, donc nous sortons les boites de thon, le pain et la mayonnaise.
Nous retrouvons Lam, qui redescend et compte aller jusqu'au Camp Paine Grande. Il ne transporte qu'un minuscule sac à dos car il dort et dîne dans les refuges, et il se nourrit au déjeuner de gâteaux secs. C'est plus simple de faire du trekking comme ça ! Nous nous donnons rendez-vous à El Calafate sans se fixer d'endroit précis, mais je parie que ça va marcher.
Nous reprenons le chemin du retour à 13h00 et arrivons à 15h30 au camp de nouveau épuisé. La descente a fait aussi mal au genoux que la montée, et il nous faut maintenant plier bagage pour notre prochain camp, à 2 heures de marches. Sarah a trop mal au genou et décide de rebrousser chemin au Camp Paine Grande pour prendre le catamaran demain matin et rentrer à Puerto Natales. Avant de partir, nous assistons à une énorme avalanche de glace qui crée un effet boule de neige au fur et à mesure qu'elle descend le glacier.
Nous nous mettons en route à 16h30. Nous longeons le fjord avec une tendance plutôt "descente", ce qui m'arrange bien. Au bout d'une heure et demi, je m'effondre sur la rive.

Je suis au bord du fjord à l'eau d'un bleu turquoise cristallin, et dont la plage est d'un genre que je n'avais jamais vu auparavant : les cailloux sont seulement noirs ou blancs, et répartis de telle manière que, de loin, l'illusion d'un damier est parfaite.

J'attend là Amichay et Moti car le camp n'est plus très loin. Moti m'a demandé des conseils pour prendre des bonnes photos à la fin du premier jour, et je lui ai donc fait un petit cours pratique. Pourtant, il n'en prend pas malgré la beauté du lieu. Ca m'étonne, donc je lui pose la question. Sa réponse me sidère : "ce n'est pas la peine car comme tu prends des meilleures photographies que moi et que l'on voit exactement les mêmes choses, je récupérerai les tiennes à la fin". Bien sur .. Présenté comme ça, tu rêves mon coco...
Nous y arrivons 30 minutes plus tard sous un début de pluie. Il n'y a plus d'emplacements de camping pour deux tentes côte à côte, donc nous décidons de ne monter que celle de Moti et de dormir a trois dedans. Moti a aussi un matelas pneumatique énorme qui est une vraie galère à gonfler. Il faut pomper à la main pendant une demi-heure ! Un truc qui m'énerve avec lui, c'est qu'il a tendance a donner des ordres quand il veut quelque chose : "donne moi le sel.. viens ici pour m'aider... tiens moi ça", et jamais un "s'il-te-plait" avant, ni un "merci" après. Je lui fais gentiment comprendre que s'il veut s'assurer ma coopération pour les jours restants, il a intérêt à mettre les formes avec moi. Ca à l'air de l'étonner que je sois sensible à ça, mais il fait un effort dans ce sens. Je l'aide donc a monter la tente et a gonfler son matelas pendant que Amichay s'occupe de la popotte. Je vais prendre une douche au refuge, et à 22h00, je suis dans mon sac de couchage
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01 janvier 2006
TREKKING AU TORRES DEL PAINE - CIRCUIT W - 2ème JOUR
Parcours depuis le Camp Grey jusqu'au Camp Italiano
Une longue randonnée nous attend aujourd'hui. Nous devons revenir au Camp d'où nous sommes partis le premier jour, puis 2 heures de marche nous attendent encore après pour atteindre le camp Italiano. Avant de partir, je vais voir le glacier depuis un mirador situé à 10 minutes du camp, histoire de commencer l'année avec des belles images en tête, puis je reviens préparer mon sac. Nous avons dû bien manger 5 kilos de nourriture mais le sac n'est pas franchement plus léger qu'hier. Heureusement, c'est au tour d'Amichay de porter la tente aujourd'hui. Nous partons à 10h00, faisant en sens inverse le même chemin qu'hier. La montée se passe plutôt bien, je me souvenais de quelque chose de plus raide.

Les autres sont loin derrière moi, et je les attend vers 12h30 sur un petit promontoire d'où la vue sur le lac et le glacier en fait un endroit parfait pour déjeuner. Je prépare les sandwichs au thon et les tomates, si bien que quand ils arrivent, tout est prêt, et nous gagnons du temps.
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La pause suivante se fait au sommet du col où une vingtaine de randonneurs se sont dispersés pour prendre des photos et pour déjeuner. Je repars avec cette fois l'objectif de ne pas m'arrêter avant le Refuge Paine Grande. J'y arrive sans soucis, mais trempé de sueur tellement il fait chaud. je pose mon sac au croisement avec notre prochaine direction, et m'allonge au soleil en les attendant. Je m'endors presque. Au bout d'une demi-heure, personne en vue. Ca commence à m'inquiéter. Seraient-ils passés sans me voir ? Impossible, je suis en plein milieu du chemin. Je décide donc de les attendre encore mais je crève de soif, et j'aimerai bien m'absenter 5 minutes pour aller acheter une bouteille d'eau au Refuge, à 200 mètres. Je demande à un autre randonneur qui est là s'il peut "monter la garde pour moi, le temps d'y aller", et quand je reviens, je trouve Sarah. Amichay et Moti ne tardent pas a arriver, et après 15 minute de pause pour eux, nous reprenons diffcilement la route.
Le sentier monte une colline et lorsque nous arrivons en haut, la vision d'une montagne inoubliable apparaît : l'ensemble des Paine Grande. Le second pic sur la gauche est surréaliste : une base évasé noire sur laquelle une colonne de granit blanc s'élève. Sur le sommet aplati, une mini-montagne noire semble avoir été posée là par la main d'un géant. Un grand nuage blanc stationne juste au dessus donnant l'impression qu'un panache de fumée volcanique s'en échappe. Et pour compléter le panorama, un fjord se trouve au pied de la montagne. Grandiose !


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Le chemin qui nous en rapproche à chaque pas serpente dans une zone vallonnée tout le long du fjord, recouverte d'arbres morts aux troncs desséchés et blanchit par le soleil et le climat sec. Ils donnent un caractère vraiment unique au panorama, qui est déjà fabuleux sans cela.
Le chemin continue le long du fjord et nous dépassons les Paine Grande. De l'autre coté, un immense glacier s'accroche à flanc de montagne : le glacier de Los Frances. Des grondements sourds se font entendre à intervalle régulier dune heure car des morceaux de glace s'effondrent en permanence créant des avalanches plus ou moins importantes.
A 18h00 j'arrive enfin au Camp Italiano, un camping gratuit situé au bord d'une rivière tumultueuse en provenance directe du glaccier, qu'il faut traverser sur un pont du genre "balançoire". Pas plus de deux personnes à la fois.

Le camping est bien abrité dans la forêt. Je trouve un emplacement pour nos deux tentes et attend l'arrivée des autres une quinzaine de minutes plus tard. Ici, il n'y a pas de douches, ni de poubelles. Il faut donc emporter ses détritus. Nous sommes tous fatigué donc après le repas, la veillée ne dure pas longtemps. Fin de ma première journée de l'année dans le Parc du Torres del Paine.
00:00 Ecrit par Ludovic dans Chili | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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