20 mai 1999
MAROC - MARRAKECH - 3ème JOUR
Dernier jour sur le sol marocain. Je me lève le plus tard possible pour que la journée soit courte, soit à 8h00. Je profite une dernière fois du hammam. Il y a un écossais qui se fait faire un massage. Je suis curieux de savoir de combien il va se faire arnaquer alors j'attend la fin pour lui demander combien il a payé en anglais afin que les autres ne comprennent pas. 10 DH (le double de moi) pour l'entrée et 30 DH pour le massage. Ça va, il ne s'est pas trop fait avoir.
Je vais rendre la chambre et je retourne dans le souk accomplir mon ultime achat : mon plateau à service. L'échoppe est fermée. Merde et re-merde ! j'espère que c'est juste pour le déjeuner sinon, il va falloir que je me retape les négociations avec une dizaine de marchands pour avoir le même prix et ça peut prendre longtemps. Je m'assois un peu plus loin à l'ombre d'une porte en espérant qu'il va ouvrir. Quand je reviens, le rideau de fer est levé et l'accueil froid auquel je m'attendais est aussi là. Mais dès que je lui dit que je viens acheter, tout rentre dans l'ordre. Mon plateau est aussitôt emballé. Je sors un billet de 100 DH et là, il me demande 150 DH ! Il se venge, le salaud ! Je sors 20 DH de plus mais il ne veut rien savoir. Je feints de remballer mon argent pour partir et il me demande ce qu'il y a dans mon sac. Le réveil l'intéresse. Il indique 14h10. Le vieux regarde sa montre et me dit qu'il est en réalité 15h00. Mon avion décolle dans 1heure ! Panique à bord ! Plus le temps de négocier alors je lui lâche les 120 DH et le réveil. Il est mort de rire. Je fonce chercher les retirages des photos ratées, je rempli une bouteille de jus d'orange, récupération de mon sac à dos et en taxi. Pourvu que je ne me sois pas aussi trompé de jour ! l'enregistrement des bagages a déjà commencé. Mon nom est bien sur la liste de vol. Ouf ! Il ne me reste plus qu'a profiter des derniers rayons de soleil.
Je m'assois à l'entrée du hall, une Mercedes arrive et la tête du passager me dit quelque chose. c'est Jean-Jacques Goldman. La porte arrière s'ouvre et Marc Lavoine suivit d'une superbe blonde et d'un enfant descendent. C'est incroyable car hier je me disais, sans aucune raison apparente, que je me verrai bien rencontrer Jean-Jacques Goldman à Marrakech. Et voilà qu'il débarque ! Mon intuition est parfois fabuleuse. Je devrai l'écouter plus souvent. Il passe devant tout le monde et embarque sûrement dans un avion privé. Fin de l'apparition. J'embarque à mon tour mais le décollage se fait attendre. 3 passagers manquent à l'appel alors que leurs bagages ont été enregistrés. Vidange de la soute, au cas ou ... On décolle avec 45 minutes de retard.
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19 mai 1999
MAROC - MARRAKECH - 2ème JOUR
Grâce matinée jusqu'à 8h30. Ça fait 2 semaines que ça ne m'était pas arrivé! La chambre ne donne pas sur la rue alors il y a moins de bruit et surtout, je n'ai pas entendu l'appel à la prière. Au petit déjeuner, je décide de craquer pour les célèbres pâtisseries marocaines qui me narguent depuis longtemps. Je suis déçu. Autre point commun avec l'Inde : c'est meilleur à déguster des yeux qu'avec la bouche. Le goût est fade, la consistance farineuse. Je me fait un hammam. Il est plus petit que celui de Fès mais il y a plus de monde. Je reste une demi-heure dans la vapeur étourdissante si bien qu'à la fin, le sceau d'eau froide ne me fait presque rien. Je récupère mes photos qui, comme prévu, ne sont pas de bonne qualité.
Je retourne dans le souk récupérer le guembri pour mon frère mais c'est impossible de retrouver seul le chemin. Je me fait donc aider. Tout est prêt quand j'arrive. Je retourne aussi dans les magasins d'objets en bois. Le premier m'accueille chaleureusement et le second se remet aussitôt en colère en me disant que si je remet les pieds chez lui, c'est pour acheter et rien d'autre. J'ai bien envie de l'envoyer chier mais c'est lui qui à les plus beaux produits. Je n'achète pas encore pour l'emmerder.
Je vais visiter le palis El Badi après 1 heure de marche à contourner la muraille qui est immense. Je paye 10 DH et je suis archi-dégoûté. Le palais se résume à une place avec des bassins vides entourés de murailles en ruine. J'en ressors illico-presto et recherche le tombeaux Saadien, le plus beau vestige de l'art marocain à une certaine époque. Sur mon plan, c'est à coté, mais en réalité, il faut traverser un dédale de ruelles qui multiplie le temps de trajet par quatre, et encore, sans se perdre. Heureusement une âme charitable se propose de m'y emmener (comment a t -il su que j'étais perdu ?) tout en faisant quelques commentaires historiques ça et là, histoire de me soutirer quelques dirhams à la fin. Quand je suis certain d'être sur le bon chemin, je lui dit que je n'ai pas d'argent et la visite guidée s'arrête aussitôt. Le tombeau est mieux que ce que j'ai vu depuis plusieurs jours mais ne m'apporte rien de nouveau dans ma quête de nouveauté. Encore 10 DH foutus en l'air. J'ai assez donné pour les monuments historiques pour aujourd'hui alors je retourne sur la place pour y manger. Il y a un jardin botanique ou j'espère que je pourrai trouver du gazon pour m'y allonger et profiter du soleil. Jesors de la ville et sitôt passé la muraille, le désert reprend ses droits. Il y a même des chameliers qui proposent de faire le trajet sur leurs animaux. Le « jardin » est pourri. Ce n'est qu'une plantation d'oliviers avec un grand bassin au milieu. Et ils osent mettre cette merde dans le guide Lonely Planet ! L'édition sur le Maroc mérite vraiment quelques corrections. Il y a quand même des bus qui débarquent les touristes 5 minutes et qui repartent. Je retourne dans le souk acheter le cadeau pour ma mère, un plateau en bronze finement décoré de zeliges gravés. Un marchand me proposent des plateaux en racine de thuya identiques à ceux que j'avais vu, mais pour 1000 DH ! Je lui aurai fait bouffé son plateau tellement il me prend pour un abruti. Vers 18h00 je rentre à l'hôtel et je ne repars que pour aller manger.
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18 mai 1999
MAROC - MARRAKECH - 1er JOUR
9h30 de bus jusqu'à Marrakech. Il n'y a plus qu'a espérer que mon estomac tienne bon car ça va être long. Et il tient! Il fait un temps superbe et la joie que j'éprouve à chaque fois que je débarque dans un nouvel endroit est au rendez-vous.
Je prend le chemin de la plus grande place de Marrakech autours de laquelle sont regroupés tout les hôtels bon marché. Je me fait aborder en route par une marocaine, 1 mètre 50, quelques dents en moins, des lunettes de star, des seins à la Jane Birkin et une salle voix. Bref, elle ne plaît pas du tout et comme j'en ai marre de sympathiser avec des gens qui ne s'intéresse qu'à la manière d'obtenir un visa via des amis étrangers, je n'aurai aucun complexe pour lui faire comprendre que je ne désire pas sa compagnie. Mais pour discuter, il n'y a pas de problème. Elle m'aide même à trouver un hôtel. Elle veut ensuite aller boire un verre (ce que je craignais) et malgré mon prétexte de faire une sieste après 10 heures de bus, elle insiste. Alors je ne fais plus de diplomatie pour m'en débarrasser...
J'ai une chambre double pour 40 DH car vu l'heure qu'il est, plus personne ne viendra. Je fais développer les photos en urgence et ça coûte sensiblement le même prix qu'en France, la qualité en moins à mon avis. La place Jemma El Fnaa vaut le détour. En journée, les stands de jus d'oranges pressés s'alignent, les marchands de bibelots et autres troubadours l'arpentent de long en large à la recherche de touristes clients. Mais le nec plus ultra arrive à partir de 18h00.
En attendant, je vais dans le souk à la recherche de cadeaux à ramener. Je cherche le souk des instruments de musique pour mon frère et un marchand m'y emmène. Dans la première échoppe, je négocie un guembri (sorte de luth en bois et peau de chèvre avec 3 cordes) pour 130 DH au lieu de 250 DH. Mais comme je ne veux pas acheter sans avoir comparer, je m'en vais ce qui ne plaît pas du tout au marchand. Je me décide dans la troisième échoppe. Le guembri n'est pas fini alors je verse un acompte de 30 DH et je choisi la teinte finale. Je reviendrai demain le prendre. Plus loin, je tombe sur une échoppe qui vend des plateaux à service en racine de thuyas qui me plaisent beaucoup dans l'optique de m'équiper pour mon futur appartement à mon retour en France. Je vais forcement en avoir besoin pour servir les verres (que j'ai piqué en Allemagne) aux amis qui viendront faire la fête chez moi. Le premier prix est à 270 DH et quand je suis sur le point de partir, il descend à 100 DH. J'obtiens le même prix dans le magasin suivant sauf que le marchand simule une colère terrible quand il voit que je pars sans acheter. Le plateau était déjà emballé dès que j'avais annoncé mon prix ! Je me demande combien de touristes sont tombés dans le panneau ? Plus loin, j'obtiens 100 DH plus 1 T-shirt ...
La nuit tombe et je vais manger sur la place Jemma El Fnaa. Une trentaine de stands à nourriture en tout genre s'est maintenant installé. Les charmeurs de serpent ont aussi fait leur apparition. Devant l?embarra du choix, je m'installe au hasard avec d'autres touristes. Quand je demande 2 brochettes, le gars m'en amène 6. Ca c'est du commerce ! Je lui en rend 4 sur le ton de la rigolade.
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17 mai 1999
MAROC - LES RUINES ROMAINES DE VOLUBILIS ET LE VILLAGE DE MOULAY IDRISS
J'ai dormi jusqu'à 3 heures du matin mais après ce fut l'enfer : je me suis levé 4 fois en 20 minutes pour aller aux toilettes sur le palier. La traditionnelle tourista est arrivée ! Quand j'y retourne une cinquième fois, quelqu'un d'autre est passé et a bouché les chiottes ! Je regarde aux autres étages mais il n'y a rien. Gros problème. Une idée me vient, dégoûtantes certes, mais je n'ai pas le choix. La suite n'a pas lieu d'être narré dans ces pages (pour les curieux insatiables, un e-mail pourra vous apporter une réponse).
Bref, je passe une nuit épuisante. Je me lève à 7h30 pour aller voir les horaires de bus pour Marrakech. Je peux partir demain à 7h00, 8h00 ou 9h00.Il y a aussi des bus pour Moulay Idriss, ville de pèlerinage musulman, à proximité des ruines romaines de Volubilis, les mieux conservés du Maroc. Vu mon état, j'avais prévu de rester à Meknès pour me reposer mais après tout, pourquoi pas ?
A nouveau, attente de 45 minutes pour que le bus se remplisse. Le bus me dépose à 3 km des ruines que je rejoints en coupant à travers les champs. De loi, ça me semble pas mal. Je grimpe par dessus le court mur d'enceinte pour ne pas payer les 20 DH d'entrée mais je me fais repérer et je suis obligé de passer à la caisse. Ce sont effectivement des ruines. Il ne reste plus beaucoup de colonnes debout et la ville ressemble à un labyrinthe de petits murs éboulés. L'allée principale est clairement dessinée et sous ses dalles se trouve un canal qui faisait office d'égout. Le principal attrait de Volubilis, ce sont les mosaïques qui ornent le sol de nombreuses maisons. Un groupe de touristes avec un guide anglais arrive alors je m'incruste pour avoir les commentaires. Je reste 1h30 et je repars vers Moulay Idriss en me faisant prendre par un taxi.
La ville est séparée en deux, accrochée à deux flans de montagne abruptes et opposés. J'ai un peu peur de déjeuner mais mon ventre commence à crier famine alors je m'installe dans un bar. Les tables sont dégoûtantes, collantes, mais il y a des toilettes. Je vais sur la colline d'en face afin d'avoir une belle vue sur la ville en passant pas un cimetière musulman. Je regarde quelques tombes au passage : la plupart sont normales, blanchies à la chaux, mais quelques unes sont carrelées avec les motifs marocains traditionnels en bleu et blanc. Ça donne un style très « salle de bain ». Je me dépêche de revenir sur la place centrale car il est dit dans mon guide qu'il est très difficile de quitter la ville après 15h00. Un bus est là et j'attend le remplissage pour partir. Une fois à Meknès, j'essaye de confirmer mon vol retour pour Paris. C'est pas du gâteau et je dois m'y prendre à 3 fois avant d'y arriver.
Puis je profite du soleil. Quand je pense qu'en ce moment je devrai encore être à l'armée, ça me rend tout de suite heureux. Je repars vers le souk. Dans une rue, c'est la panique. Des marchands ambulants sans licence s'échappent avec leur marchandise sur le dos car des policiers arrivent. L'un d'entre eux n'a pas été assez rapide et l'interpellation est virulente. S'il ne paye pas de bakchich, ça va être sa fête. La journée s'achève et malgré ma petite forme et cette maudite diarrhée, je suis content.
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16 mai 1999
MAROC - MEKNES
J'ai eu froid une partie de la nuit et j'ai mal à la gorge. Sûrement un coup de froid dans le gouffre. J'espère que je vais pas tomber malade. Tarik me raccompagne jusqu'au bus en me disant que je ne reviendrai probablement plus jamais ici malgré l'invitation réitéré de sa mère et de lui même. Il me demande aussi si je préfère qu'il vienne en France par surprise ou si je préfère qu'il me prévienne avant. C'est beau et nécessaire de rêver mai là, je trouve ça triste car il ne mettra, sans doutes, pas les pieds en France avant très longtemps, voire jamais. Il me fait le plein de recommandations (ça m'énerve) et le bus part enfin à 6h30. Le temps est très nuageux et un peu frisquet. Quand je pense qu'il faisait 40 degrés il y a 3 jours !
Le bus arrive à Meknès à 9h20 après un arrêt à Fès pour cause de bagarre. Une fois de plus, l'accrochage verbal s'est finie aux poings. Ils disent qu'ils ont le sang chaud, mais là trouve plutôt qu'ils sont cons. Je me suis levé à peine 30 secondes pour regarder l'altercation par la fenêtre et quand je reviens un vieux s'est assis à ma place. Mon sac à dos est à ses pieds mais il ne s'est pas gêné pour autant. Je meurt d'envie de le dégager car je ne supporte pas ce genre d'attitude mais ce n'est sûrement pas une bonne idée. Le respect pour les patriarches est immense et je risque de me faire jeter du bus, avec quelques baignes au passage ....
Arrivé à Meknès, je choisi un hôtel près de la médina ou sont regroupés tout les sites dignes d'intérêt : l'hôtel Agadir avec une chambre à 40 DH. Je vais d'abord visiter les environs du Palais Royal avec le temple dédié à Moulay Ismaïl, l'un des plus cruels empereurs marocains. Après être passé sous une grande arche aux bas reliefs superbes, je pénètre dans le temple. Une succession de cours à ciel ouvert, aux murs jaunes et avec des fines mosaïques au sol mène à la salle du tombeau. L'intérieur est très impressionnant et présente un superbe panorama du savoir faire des marocains en matière de décoration intérieure. Mais je commence à connaître le style et les photos deviennent répétitives. Ce qui manque au Maroc, c'est la diversité architecturale. L'Inde est loin devant sur ce point.
En fait, ça commence à me gonfler et comme je me sens vraiment fébrile, je n'ai même pas envie de faire le souk cet après-midi. Je fais le tour du rempart du palais et paye 10 DH pour visiter des greniers à blé et des écuries en ruine. Je prend la direction de mon hôtel en coupant par les ruelles de la Médina mais je me perd. Là encore, c'est un vrai labyrinthe.
Je déjeune dans un boui-boui assez glauque mais pas cher. Lorsque je sors mon tube d'aspirine, le cuisinier se pointe et me demande pour quel douleur c'est ? Il prend le tube et se sert un comprimé qu'il emballe dans de l'aluminium sans me demander la permission. Pas chié le mec ! Ca m'énerve encore plus. Décidément, c'est vraiment pas la journée. Je n'arrive pas à savoir si cette attitude sans gène est naturelle chez eux ou si c'est uniquement avec les touristes. Alors que je suis sur le point de partir, une assiette pleine vole depuis la mezzanine, un homme hurle et tape sur les tables des clients présents en envoyant tout valser, plats, couverts, carafe d'eau. Je reçois des gouttes de sauce à 5 mètres. Quel abruti ! Il se croit dans un film celui la ? Le patron arrive et le calme aussitôt. Les autres clients sont médusés, voire terrorisés par la soudaineté de cette colère sans raisons apparentes. Je cherche même pas à en savoir les raisons, elles ne doivent être de toute façon pas justifiées. Encore une belle illustration de leur sang chaud .... Je paye en demandant une réduction pour le cachet d'aspirine offert. Le repas passe de 20 DH à 15 DH puis 13 DH.
Pas de programme cet après-midi alors j'erre dans les rues bien que ça ne m'enchante pas et je me dirige vers le marché. Des montagnes de fruits et légumes sont disposées sous des tentes avec le vendeur assis en plein milieu. C'est une belle image. Je me fait super chier et il n'y à rien à voir ni à faire. Le cinéma ne propose que des navets locaux ou des films avec Jean Claude Van Damne ou Jackie Chan. Je trouve un banc tranquille pour m'allonger et lire au soleil mais au bout de 20 minutes, des gamins s'en servent comme cage de but.
Je retourne à l'hôtel pour dormir tranquillement et quand je me réveille, il est 19h30. Je sort pour aller m'acheter un sandwich et 2 mecs m'arrête pour me proposer une adresse. Je leur dit que je m'en fous mais l'un d'eux passe devant moi quand je marche et se retourne toute les 30 secondes pour vérifier que je suis toujours là. Au bout de 5 minutes, ça m'énerve trop alors je lui fait un « fuck » avec le doigt. Ouuups ! Ça m'a échappé. Il s'arrête et me demande sur un ton agressif ce qui ne va pas. Je m'explique sans retenue et miracle, il laisse tomber. Je me voyais déjà en train de me battre avec cet andouille. Après avoir acheter mon sandwich, je rentre dans une échoppe pour avoir une bouteille d'eau. Un homme arrive derrière moi, pose une pièce sur le comptoir et passe sa commande sous mon nez. Je le remet à sa place et le marchand rigole. Ici, c'est la loi de la jungle, il n'y pas de queue. Je vais manger dans ma chambre et au lit.
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15 mai 1999
MAROC - LE GOUFFRE DU FRIOUATO
Le réveil sonne à 5h00 car nous prenons le bus pour Taza à 6h00. Taza est le point de départ vers les sites les plus intéressants du coin : le Gouffre du Friouato et des cascades dont j'ai oublié le nom. Lavage rapide du visages et des dents sur le pas de porte, et on file. Le bus diffuse sur les haut-parleurs la prière du matin pendant une demi heure. La première mission une fois à Taza sera de trouver un moyen de transport pour se rendre au Gouffre. Pas de grands taxis en circulation mais une petite camionnette qui peut nous déposer ou nous voulons et qui part dès qu'elle sera rempli. Ça peut être dans 5 minutes comme dans 2 heures. Un autre Marocain semble attendre le bus et commence à discuter avec nous. Il a des amis français qui sont venu lui rendre visite mais la manière dont il le dit me laisse penser qu'il ment. En effet, c'est un grand fantasme chez les jeunes marocains d'avoir des amis français car cela leur ouvre des portes pour disposer d'un visa vers la France, ce qui est très difficile à obtenir aujourd'hui. Les amis français sont alors censé remplir un formulaire attestant de leur connaissance du demandeur de visa et s'engagent à l'héberger pour une durée limitée. Du coup, un marocain et un français qui voyagent ensemble, ça fait des envieux. Il me demande mon adresse au bout de 5 minutes (confirmation de ce que je viens de d'écrire) mais je prétend que je n'ai pas de stylo pour ne pas la lui donner. On attend une heure que la camionnette se remplisse et au moment de partir, le jeune marocain baratine Tarik pour lui taxer 10 DH et lui demande en arabe si c'est par intérêt qu'il se prétend mon ami. La manière de raisonner de ce gars est hallucinante mais je dois aussi me dire que beaucoup de gens que j'ai rencontré et ceux qui vont suivre ont sûrement la même manière de réagir. Cela remet au goût du jour ma méfiance vis à vis de l'hospitalité des gens. Dommage.
Le minibus démarre et en chemin, nous passons devant les soit disantes superbes cascades décrites dans mon guide : pas une goutte d'eau. C'est le même genre de plan que la Source Bleu de Meskin. Par contre, la route panoramique est très jolie. Une fois en haut du col, nous débouchons sur une vallée verdoyante entourée de montagnes à l'aspect lunaire. Le minibus nous déposent à un carrefour et nous parcourrons le denier kilomètre à pieds. L'entrée de la grotte coûte 3 DH et l'achat d'une lampe pourrie 20DH. Nous sommes les premiers visiteurs de la journée et le gardien va ouvrir la porte cadenassée qui donne accès à la vertigineuse cheminée à ciel ouvert du gouffre. Les marches descendent à pic jusqu'au fond de l'aven, large de 10 mètres et haut d'environs 100 mètres. La lumière parvient à peine au fond et la température atteint à peine les 10 degrés si bien que mon souffle commence à faire de la buée. La vraie entrée du gouffre est un boyaux dans lequel je peux à peine me glisser. Tarik, qui est plus grand que moi, risque de ne pas passer du tout. J'hésite à y aller car la descente dans l'obscurité à l'air difficile et nous ne somme vraiment pas équipé pour ça. La lampe est tellement pourrie que je ne préfère pas trop compter dessus. On a aussi des bougies. Mais, d'un autre coté, je ne suis pas venu ici pour rien alors je m'infiltre dans le boyaux, peu rassuré. Il faut se plaquer à la paroi pour passer à certains endroits. 10 mètres plus bas, nous débouchons sur une grande salle (la salle de Lixus) mais nous ne voyons rien à cause de la faible portée de la lampe. Nous continuons à nous enfoncer jusqu'à un haut monticule de rochers éboulés et glissants à cause de l'humidité et qui est trop raide pour que nous passions. Nous progressons depuis 1 heure dans la grotte et aller plus loin serai de toute façon de l'inconscience. Nous prenons quelques photos et rebroussons chemin. C'est moins évident dans ce sens car il y a des bifurcations et il faut prendre la bonne direction du premier coup. Après quelques tâtonnements, nous retrouvons les premières marches puis la lumière du jour avec un soulagement. D'autres gens sont arrivé entre-temps et crient à tue-tête pour jouet avec l'écho. Dès la sortie du boyau, l'air se réchauffe et nous sentons la température augmenter en temps réel au fur et à mesure que nous gravissons les marches vers la sortie. Sensation étrange et agréable. Il est 11h20 et une navette doit passer vers midi alors on se place à l'embranchement pour manger tout en surveillant la route. Quelques véhicules passent mais ils sont déjà plein. Pas de trace de la navette mais finalement, un Grand Taxi nous prend vers 12h30. Je suis très fatigué et dès que je ferme les yeux, ma tête tombe.
Un fois à Taza, Tarik veut aller à la Médina car sa grand-mère y habite. Je discute avec son oncle qui est enseignant dans une classe à 4 niveaux. C'est une galère pas croyable à gérer mais comme il n'y a pas assez d'effectif pour composer 4 classes, il n'a pas le choix. Nous parlons ensuite de la télévision marocaine car ici aussi, il y a une parabole. Au Maroc, c'est un équipement de base (900DH) car comme les femmes ne font rien ainsi que les jeunes enfants, ils regardent la télévision toute la journée. Tarik et son oncle sont scandalisés par les « chaînes de sexe » estimant que c'est dangereux pour les enfants mais aussi pour les adolescents. Il me montre quelques secondes ou je vois juste de superbes femmes en maillot de bains se balader au bord d'une piscine. Il leur en faut peu ! Ici, c'est de la dépravation, le pire tabou de l'Islam. Etant donné la condition de la femme musulmane et la polygamie, ces réactions hostiles sur le sujet ressemblent à une énorme bulle d'hypocrisie. Nous repartons dans la médina et j'essaye de comprendre l'attitude des musulmans face au sexe mais les justifications de Tarik ne font que m'énerver encore plus. Lui qui veut visiter la France, il va avoir un choc à la première pub pour du gel douche, sans parler des putes et des sex-shops à Saint-Denis et Pigalle. Devant un telle divergence d'opinion, je zappe le sujet.
J'apprend qu'il y a ici un souk de contrebande ou il est possible d'acheter des Nike et des Levi's pour presque rien. Je demande à Tarik de m'y emmener car je n'ai plus de jeans. Effectivement, c'est pas cher mais ça ressemble plus à de la contrefaçon qu'a de la contrebande. Je trouve un Levi's à 150 DH que Tarik négocie à 120 DH. 300 francs d'économie par rapport au prix français ! Il y a plein d'autres choses intéressantes mais si je reste plus longtemps, je risque de craquer pour des choses inutiles. Une fois à la gare, il faut attendre le bus 1 heure et les Grand Taxis ne se remplissent pas. Nous prenons un autre bus qui me semble louche : il est rempli de jeunes habillés en Adidas et Nike de la tête aux pieds et avec des sacs partout. Pas mal pour des adolescents dans un pays "pauvre" ... Un barrage policier nous stoppe. Les soutes sont ouvertes mais on repart aux bout de 2 minutes. Je demande à Tarik ce qui se passe : nous sommes dans un bus de contrebandiers et les policiers qui le savent prennent un bakchich à chaque barrage pour nous laisser continuer. La police est corrompue jusqu'à l'os car ils ont un salaire de misère.
Arrivé à Taha, nous prenons nos affaires de toilette pour aller aux douches communes car le hammam est fermé. Je fait la morale à Tarik sur les gens qui se battent pour avoir ce qu'ils veulent car il se plaint sans cesse qu'il n'y arrivera pas, que j'ai de la chance d'être né en France (je l'ai fait exprès peut-être ?) et bla bla bla. J'essaye de le motiver à fond mais pour un marocain, le succès est quelque chose de très relatif. Pour lui, le succès et la richesse passent par la France. Après le repas de lentille, je lui refais son curriculum vitae pour qu'il soit un peu plus dynamique et je continue à l'encourager. Je ne peut rien faire deplus pour lui pour le moment. J?ai passé une bonne journée, assez étrange.
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14 mai 1999
MAROC - UNE JOURNÉE A TAHA
Tarik arrive avec 15 minutes d'avance. Nous allons à la gare routière d'ou nous prendrons un bus pour Taza, principale ville à proximité de son village qui s'appelle Taha. Le prochain départ est à 11h00 seulement alors nous prenons un "grand taxi", un vieux modèle de Mercedes qui circule entre les villes, au contraire des "petits taxis" qui restent dans l'enceinte de la ville. Le chauffeur attend d'avoir 6 personnes (4 derrière, 2 devant) pour démarrer. Alors que nous passons devant un grand lac artificiel, Tarik fait arrêter le taxi en pleine campagne et nous descendons. Il a fait ça car il pensait que je n'avais jamais vu de barrage ! nous marchons jusqu'au bord de l'eau ou je pose mon sac pour faire un break et nous mangeons des oranges. Il est seulement 10h00 mais la chaleur est à nouveau étouffante. Je me baignerai bien un peu mais je suis trop vert d'être là au lieu d'être assis dans le taxi, même super serré. Son geste partais d'une bonne intention alors je fait semblant de prendre des photos pour pas qu'il croit que ça ne me plaît pas. Nous repartons vers la route. Le premier village pour reprendre un taxi est selon lui à coté, mais nous marchons depuis une demi heure, et rien en vue. J'ai peur d'avoir fait une connerie en ayant accepté son invitation. Nous faisons du stop et un autre taxi nous emmène directement à Taha, son village. Seules les routes principales sont goudronnées, les autres sont en terre.
La maison de ses parents se trouve au fond du village dans le creux d'une colline.Nous arrivons après 15 minutes de marche supplémentaire. Ouf ! Il était temps ! Sa mère à un visage rond, souriant et il émane d'elle une gentillesse naturelle. On prend le thé puis sa soeur rejoint le domicile. Elle est plus jeune que Tarik, ne parle pas français mais le comprend un peu. Pas de nouvelles du père. D'ailleurs, Tarik ne m'en à pas encore parlé alors quelque chose me dit qu'il ne vaut mieux pas poser de questions. J'arrive à tenir la discussion facilement ce qui me rassure un peu. Le repas aussi arrive : de la semoule avec des pommes de terre, des haricots verts et des morceaux de viande. Je mange comme eux en me servant directement avec mes mains, avec une certaine maladresse car je n'arrive pas à coincer la nourriture entre mes doigt et le morceau de pain. Pour ma défense, il faut dire, c'est très chaud tout ça ! Quand le plat est vide, je suis plein à craquer. Tarik me demande si je veux faire la sieste et je dis oui afin de ne pas à avoir à me creuser le cerveau pour trouver des sujets de discussion tout l'après-midi. C'est ça ma grande crainte : ne plus savoir de quoi parler. Nous nous installons sur un tapis dans une pièce voisine et après une discussion sur les relations entre juifs et arabes, nous essayons de dormir. Je pense encore à la manière dont je vais pouvoir partir si je m'ennuie trop. Dans tout les cas, je n'ai plus le temps d'aller à Chefchaouen alors que j'ai pris le billet de bus. J'ai perdu 40 DH. Je réussi à somnoler malgré la chaleur. En fait, il fait plus chaud dans la maison que dehors ou il y a des nuages et un petit vent frais.
Quand Tarik, se réveille, nous allons faire un tour dans les champs environnants. C'est banal, mais très agréable. Sur le chemin du retour, nous croisons une fille à laquelle Tarik demande de l'eau. Nous vidons sa bouteille. En France, nous aurions à peine eu droit à une gorgée chacun, mais pas ici. Elle repart en nous souriant, contente de nous avoir rendu service. Je cherche les WC dans la maison. La chasse d'eau est un sceau rempli, ce qui veut dire qu'il n'y a pas l'eau courante. Pour la douche, c'est râpé ! Le couscous est prêt vers 21 heures et il est énorme. Il y en a pour 10 alors que nous sommes 4 ! Il va falloir se forcer et j'ai à peine digérer le repas de ce midi. Au bout d'une demi heure, il en reste encore un paquet alors la mère de Tarik pousse les morceaux de viande vers mon coté pour que je finisse. Moi, je les enterre discrètement sous la semoule pour faire croire que je les ai mangé. Finalement, Tarik cale et je peux m'arrêter à mon tour. Nous discutons encore un peu et sa mère installe un drap dans la salle ou nous avons fait la sieste. Ce soir, je dors encore par terre mais ça ne me dérange pas. La journée est finie et s'est mieux passé que ce que je craignais. Je suis dans la peau d'un marocain, dans sa famille, dans sa maison et c'est une expérience très enrichissante. J'espère que demain sera aussi bien, voire mieux.
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13 mai 1999
MAROC - LA RENCONTRE DE TARICK
J'ai mieux dormi car j'ai mis des boules Quiès. Un accessoire indispensable en voyage auquel on pense très rarement. Ce matin, direction le hammam pour un décrassage complet. L'entrée coûte 4 DH, puis 2 DH pour faire garder ses affaires, puis 2 DH pour le savon . Le massage est négociable (sûrement à mon désavantage). Je me met en slip et on m'emmène par la main dans une salle ou le sol en pierre chauffante est en permanence arrosé de manière à produire de la vapeur. Il n'y a que moi et un autre marocain. Je m'assois par terre et l'employé me ramène un baquet d'eau chaude qu'il me verse sur la tête. Je m'allonge sur la brique brûlante (et gluante) sans bouger pendant 10 minutes afin de bien transpirer puis le masseur, un vieil homme, arrive. Là, les choses se corsent. Il commence par me masser le dos puis me fait faire des étirements. Certains sont assez douloureux. Je m'accroche à son coup (il est derrière moi) et me bascule sur le dos. Je dois alors faire des abdominaux en montant et descendant les jambes lentement. A la fin, il me fait faire un salto arrière pour que je retombe sur mes jambes. Puis il me frotte avec un gant et du savon, tout en me faisant un discours sur la générosité des touristes français. Les plus généreux lui ont donné 200 DH. Je le vois venir. C'est exactement la même situation que le massage sur les ghats de Varanasi. Finalement, les techniques d'arnaque à touristes ne varient pas beaucoup d'un continent à un autre. Je lui donne 35 DH, il râle un peu et je m'en vais en pleine forme.
Je prend la direction du Tombeau des Mérinides qui se trouve sur une colline à l'extérieur des remparts.. c'est complètement en ruine mais il y a une belle vue sur la ville ancienne. Je m'installe au soleil pour lire et bronzer en même temps. Un homme arrive, discute 5 minutes avec moi et fini par sortir sa marchandise. Je savait bien qu'il allait me proposer quelque chose! Il ne peux pas la vendre en ville car il n'a pas d'autorisation. Ceux qui le font, comme les marchands ambulants de fruits, payent un bakchich à la police pour ne pas se faire tabasser.
Je retourne en ville quand je commence à avoir faim. A nouveau, je me fait saluer par 2 personnes et à chaque fois, c'est pour me vendre quelque chose ou pour demander de l'argent. Ici, ce n'est pas comme dans le désert : les gens sympathiques le sont par pur intérêt. Dans le restaurant ou je vais manger, une dispute éclate entre le cuisinier et le patron. Ils crient super fort. Un torchon vole. C'est marrant de les entendre hurler en arabe. Ca fait parti de l'ambiance du pays. Quand je demande à mon voisin ce qui se passe, il se contente de me dire qu'ici, un rien se transforme vite en grosse dispute. J'avais remarqué.
Je repart sans avoir d'idée sur ce que je vais faire cet après-midi alors je prend la direction du souk. Toutes les échoppes sont fermées. Ca fait bizarre de voir un endroit comme ça aussi calme mais c'est une ambiance que je préfère largement à celle d'hier.
Comme le temps ne passe pas vite, je vais au cyber-club que j'ai repéré hier en face du Palais Royal. C'est 20 DH l'heure de connexion, ce qui n'est pas cher. J'ai un e-mail de Paul très court et très énigmatique, un de Thierry sur son nouveau boulot et un de Jol sur le colis surprise de Thierry. A coté de moi, se trouve un marocain qui semble avoir du mal à se servir d'internet. Il veut envoyer un e-mail mais ne possède pas lui même de boite électronique. Du, dur dans ces conditions. Je lui promet de l'aider dès que j'ai fini ce que je fais. En fait, les ordinateurs sont tellement lents que ma démarche reste sans succès. On commence à discuter et il je le trouve assez sympathique. Il prend le même chemin que moi pour rentrer chez lui et je lui propose de prendre un verre. Il s'appelle Tarik, a 19 ans et s'apprête à devenir instituteur après des études d'électronique. Ou est le rapport ? Aucun, il va seulement là ou il y a du travail... il me dresse un bilan économique du Maroc très noir. Il n'a pas d'avenir pour lui ici et donc il va tenter d'étudier en France, ce que je lui souhaite de réussir. Il me montre le logement qu'il partage avec 2 amis. C'est minuscule et il y a juste la place de mettre leur matelas et une télévision. Il m'invite aussi à manger (il a déjà payé le pot à ma place) puis me propose de venir passer le week-end chez ses parents à 60 kilomètre de Fès. J'hésite, puis je me dit que c'est une opportunité à saisir pour mieux comprendre la vie ici. Nous allons donc à la gare pour faire changer mon billet puis nous reprenons notre discussion, tout en déambulant dans les rues, sur la Famille Royale, les filles marocaines, ses ambitions, ... etc. Tarik est un marocain particulier, plus intelligent que les autres pour son âge, il me semble. Nous nous fixons un rendez-vous demain à 7h30 à mon hôtel pour le départ et nous nous quittons.
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12 mai 1999
MAROC - FÈS
Le bruit a été infernal jusqu'à très tard dans la nuit et a repris dès qu'il a commencé à faire jour, vers 5 heures. Comme dans ma chambre donne en plein sur la rue ... J'ai l'impression de retrouver l'agitation perpétuelle des villes indiennes. L'intérêt de Fès, c'est sa médina (vieille ville) qui est une des plus authentique du Maroc. Je tente d'établir un parcours pour visiter les plus beaux endroits, mais c'est un tel labyrinthe de ruelles que je laisse tomber et que je me contente de marcher au hasard. Comme j'ai déjà pu le constater en Inde, les souks sont répartis par spécialité : Le cuir, la céramique, le cuivre et l'étain, les vêtement, etc. C'est assez pratique pour faire du shopping, car on sait tout de suite ou aller pour trouver ce qu'on veut. Par contre, pour les commerçants, la concurrence est âpre.
Le premier monument que je croise est une Médersa. C'est une école théologique ancienne dont l'ornementation toute en zelige (des carreaux de céramique multicolore tressant des motifs complexes) est plutôt impressionnante. Celle ci est en restauration et la visite qui coûte 10 DH se limite à la cour intérieur avec une fontaine au milieu. Avec en prime un groupe de 50 italiens répartis sur 50m², je suis obligé d'attendre 25 minutes pour faire ma photo tranquille.
A coté se trouve, la mosquée Karaouine qui est la plus renommé du pays. Comme toutes les mosquée, l'accès en est interdit aux non musulmans. Comme en Inde avec les temples hindous. C'est chiant car l'intérieur, que j'ai pu apercevoir à travers quelques portes, est superbe. Ce qui m'étonne, c'est que là-bas, les mosquée sont accessibles par tout le monde alors que la religion musulmanes représente 30 % du pays. Pourquoi cette ségrégation religieuse ? Les lieux de culte occidentaux sont ouverts à tout le monde que je sache ! Le seul moyen de faire des photos, c'est de monter sur une terrasse à proximité qui permetde voir par dessus l'enceinte. Celle d'un magasin de tapis est accessible mais je vais devoir me taper la visite des ateliers et tout l'argumentaire de vente au passage. Je ne bronche pas et quand le vendeur comprend qu'il n'arrivera à rien me vendre, il s'en va. Je fais quand même un don de 2 DH pour la visite qui était intéressante.
Je continue d'errer dans les ruelles jusqu'à ce qu'une odeur très agressive de fasse sentir. Ca veut dire que j'approche des tanneries, une des attraction majeure de Fès. Un gamin me propose l'accès à la meilleure terrasse pour 2 DH. Bien sur, il faut passer par un magasin de cuir et d'objet artisanaux. Mais le point de vue est parfait. En bas se trouve une cinquantaine de puits remplit de liquide. Des ouvriers travaillent dedans en pataugeant pieds nus, sans masques pour se protéger des émanations nocives.
Les liquides en question sont, soit de la chaux pour séparer le cuir de la fourrure, soit des couleur dans les tons rouges.On obtient le bordeaux avec des essences de cèdre, le jaune avec de l'urine de vache. Puis, les peaux sont étalés sur les toits dans de la fiente de pigeon qui contient de l'ammoniaque pour assouplir le cuir. Une fois sèches, les peaux sont travaillées. Je comprend mieux d'ou vient l'odeur nauséabonde. Rien que pour ça, ce travail est très pénible. Je m'attarde un peu dans le magasin à la recherche d'un cadeau pour mes parents mais rien ne convient. Une fois de plus, les vendeurs (ils se sont mis à deux sur moi) sont tombés sur un os.
Après un déjeuner sur le pouce dans une échoppe misérable, je sors de la médina pour aller au palais royal. C'est à 1 kilomètre et la marche sous le soleil de 13h00 est épuisante. J'arrive à la première porte ou est posté un garde. Après renseignement, j'apprend que le palais n'est pas ouvert au public. Il me demande aussi ou se trouve mon hôtel pour venir me rejoindre dans ma chambre et discuter ...
Je me casse et fait le tour des murailles pour déboucher sur une grande place ou se trouve l'entrée principale du palais. Ce sont de lourdes portes en laiton sculpté avec tout autour de superbes ornementations en tuk. Magnifique exemple du savoir-faire marocain dans l'ornementation. Les bus de touristes défilent.
Je repars vers la médina par un autre chemin. Un marocain juif m'aborde et me propose de me faire visiter le Mellah (ghetto en arabe, quartier juif de la ville). Il va me demander à coup sur une contribution à la fin. Effectivement, après un rapide tour, il m'emmène dans un cul de sac, me demande un stylo pour que j'écrive mon nom sur un papier et ainsi faire une donation. A qui ? Je lui donne 1 DH pour sa peine mais il fait la gueule. Il veut un cadeau en plus ! Je ne cède pas, alors il part en m'indiquant un mauvais chemin pour la sortie. Pas rancunier le mec !
Je continue vers la médina. En chemin, je passe devant plusieurs école dont c'est la fin des cours. Plusieurs jeunes filles me lancent des « bonjours » avec un sourire. Je suis assez surpris de leur audace dans un pays aussi traditionaliste. Ca me fait plaisir, non pas pour moi, mais parceque je trouve ça bien que les jeunes se libéralisent. Quand j'arrive à l'hôtel, je suis crevé, il est seulement 18h00 et je ne sais plus quoi faire alors je m'assois sur le trottoir et je regarde les gens passer. Un passe-temps typique des pays en voie de développement. Je vais me coucher tôt car je tombe de sommeil.
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11 mai 1999
MAROC - JE CONTINUE LE VOYAGE SEUL
Dès que le jour se lève, nous levons le camp. Un ami de Mohamed profite de l'occasion pour se faire emmener à Erfoud. Ca nous arrange, car il va nous guider à travers les dizaines de pistes qui se croisent.
Une fois arrivé, nous nous arrêtons pour prendre le petit déjeuner. Il y a des pains au chocolat qui se révèlent bien vite être une autre arnaque. Il y a juste deux petit morceau de chocolat de part et d'autre pour servir de leurre. Dedans, il n'y a rien.
Je nettoie la voiture afin d'ôter toute les traces de notre aventure dans le désert, pendant qu'Udy va faire des photocopies de mon guide et que Pierre-Eric va à la banque. Il y a un réparateur de pneu à coté alors je demande le prix à tout hasard. C'est 35 DH à comparer avec ma caution de 500 DH qui risque de sauter si nous faisons rien. Du coup, nous lui amenons la voiture. La réparation de la roue prend une heure car il y avait trois trous. J'en profite pour aller chercher mon ticket de bus pour Fès.
C'est le moment de dire au revoir à Udy et Pierre-Eric. Ils retournent à Ouarzazate pour rendre la voiture. Udy prendra ensuite le chemin de Marrakech et Pierre-Eric continuera seul aussi vers le sud. Bon voyage à eux (j'apprendrai à mon retour qu'Udy n'a pas telliment apprécié son trajet car Pierre-Eric qui l'a soûlé pendant des heures).
Pour moi, une nouvelle aventure commence. Mon bus prévu pour 11h00 part en retard. Le trajet durera entre 8 et 10 heures. Je dors pendant toute la partie dans le désert puis je me réveille affamé. N'ayant aucune de l'heure , je mange presque toutes mes oranges, sans partager comme il est de coutume de le faire ici dans les bus. Le désert laisse place à la montagne puis à des plateaux rocailleux. Petit à petit, de arbres apparaissent ainsi que des pâturages. Quand le bus arrive enfin à Fès, il est 21h30. Je suis crevé alors je prend le premier hôtel avec une chambre à 40 DH. Coup de chance, il se trouve dans la veille ville, de l'autre coté de la fortification, dans le meilleur quartier. Dîner, douche et dodo.
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