18 décembre 2005

ANTARCTIQUE - EMBARQUEMENT DEPUIS USHUAIA POUR LE DERNIER CONTINENT VIERGE

Après avoir passé la matinée à tourner en rond entre le backpacker et le café internet, à 15h00, je prend le chemin du port avec toutes mes affaires. Il fait un temps pourri mais j'ai le sourire au lèvre, jusqu'aux oreilles, et je commence a ressentir l'excitation du départ. Mon bateau, l'Ushuaia, d'un beau bleu marine et blanc, est visible au loin, amarré entre deux autres gros bateaux. Il est sous pavillon panaméen, mais affilié à la ville dont il porte le nom. Il semble flambant neuf, la peinture a été refaite récemment.

Je fais une photo souvenir devant le port avec le panneau de la ville "Fin del Mundo", et je prend la direction du ponton.



Il faut passer ses affaires dans un appareil à rayon X et me voilà en train de marcher sur la digue en béton. Je passe le premier bateau russe et rejoint un petit groupe qui attend devant le bateau. La montéee à bord n'est autorisée qu'à partir de 16h00, soit dans 15 minutes. Je pose mon sac, et vais faire un tour pour voir les autres bateaux. Deux navires russes semblent aussi partir pour des expéditions polaires.





Les deux énormes bateaux derrière le mien sont des navires de pêche. Le Centurion del Atlantico est en train de charger une cargaison de Surimi. Les marins se font un plaisir de poser pour mon objectif. Les marins russes sont plus concentrés sur leur travail.

 

 

 

Alors que je marche sur le ponton, je manque de prendre une moule sur la tête. Elle s'écrase sur le béton à 1 mètre de moi. Je lève la tête et j'aperçois une mouette qui descend, se pose, récupère la moule cassée et s'en va à nouveau. Dangereux de se promener sur le port ...

A 16h00, les organisateurs font leur apparition et passent voir chacun d'entre nous pour vérifier que nous sommes sur la liste de départ, puis je monte dans le bateau. Je montre mon billet et mon passeport (que l'organisateur garde) à un deuxième contrôle, puis une hôtesse m'emmène jusqu'à la chambre. Nous descendons un escalier, puis un deuxième. J'ai l'impression que je vais dormir dans la cale ! Cabine 512. C'est là. Il y a déjà mon compagnons de chambre dedans. Il s'appelle Lâm, 41 ans, et vient de Hong-Kong. Notre chambre, est assez spartiate, avec un lit superposé, une armoire, un lavabo, une petite table de travail avec une chaise, et un accès à une salle de bain commune. Après les présentations, je remonte sur le pont pour commencer la visite du bateau. C'est assez comique car tout les passagers font pareils : ils déambulent sur les ponts, l'air interrogateur, chacun se regarde, fait un bonjour timide, puis on continue a explorer chaque recoin comme si nous avions perdu quelque chose, en faisant une photo de temps en temps. Je fais connaissance avec Sam, un néo-zélandais qui voyage avec se femme depuis 12 ans avec leur camping car.

Le cocktail de bienvenue débute à 18h00. La majorité des passagers est plus vieille que moi, je dirais dans la quarantaine bien avancée. Je suis sûrement un des plus jeune, mais je m'y attendais. Une bonne dizaine de nationalité est représentée, l'anglais sera donc la langue officielle du voyage. A 18h00, l'Ushuaïa quitte le port lentement, suivi quelques minutes plus tard par un énorme bateau russe qui nous doublera rapidement.

Je sors sur le pont pour regarder le spectacle du Canal de Beagle. A gauche, c'est la terre de feu argentine, à droite le Chili. Nous passons le Phare des Eclaireurs, petite tour rouge et blanche seule sur son cailloux inhospitalier, puis nous passons devant Puerto Williams, la vraie ville la plus australe du monde du côté chilien, contrairement a ce que les argentins affirment pour faire la publicité d'Ushuaïa.
Le ciel est toujours menaçant, mais de temps à autre, un rayon de soleil perce l'épaisse couche de nuages grisâtres pour éclairer la surface de l'eau et créer une marre de lumière. L'atmosphère est mystique, j'ai l'impression d'avoir embarqué pour l'Au-delà.



 

 



Une présentation de l'équipage dans la salle de conférence s'enchaîne sur le cocktail. Le Capitaine est un ancien Commandant de brise-glace, nous avons à bord un naturaliste, un ornithologue, un spécialiste de de l'Antarctique, et le personnel hôtelier. A la fin de la présentation, nous devons faire un exercice de simulation d'évacuation. Tout le monde retourne dans sa chambre, et attend la sonnerie d'alarme. Il faut prendre son gilet de sauvetage, et se rendre sur le pont où se trouvent les canots. Moi, comme d'habitude, j'étais reparti faire des photos et je croise pour aller dans ma cabine tout le monde à contre-sens, en pleine évacuation.

 

L'exercice terminé, je retourne sur le pont et fait connaissance avec Xavier, un étudiant espagnol qui se promène avec une énorme caméra de reporter. Il est étudiant en cinéma et profite de l'expédition pour réaliser  un projet de film documentaire. Le haut parleur annonce que le dîner est servi, et nous nous nous rendons dans la salle de restauration. Là, je fais connaissance avec Victoria et John, un couple australien, avec Audrey, une française qui a embarqué avec Stéphane qui est à une autre table. Nous sommes donc 3 français à bord, d'environ le même âge. Le repas est bon.

Aussitôt fini, je vais dans le salon pour écrire l'article du jour. Audrey et Stéphane me rejoignent, et nous faisons mieux connaissance jusqu'à minuit. Tout le bateau est déjà couché, et le roulis commence. Il fait super chaud dans la chambre, et je commence à avoir mal au coeur. De temps en temps, les portes du placard qui sont ouvertes claquent au gré du tangage. Le mal de mer empire et je suis obligé de prendre un cachet qui m'assomme au bout d'une heure.

31 octobre 2005

DE PORTO VELHO A GUAYARAMERIM (BOLIVIE)

Je suis sur le sentier de guerre dès 6h30, pour prendre le premier bus à destination de la Bolivie. Nous devons d'abord nous rendre à Guajara-Merim, ville frontière à 4 heures de bus de Porto Velho, puis traverser le Rio Mamoré en barque pour atteindre Guayaramerim en Bolivie. Si le temps nous l'autorise, nous tenterons d'aller jusqu'à Riberalta, à 3 heures de bus supplémentaire.

Comme à l'accoutumée, nous découvrons que les horaires de bus ont changé. Le bus de 8h0 pour Guajara-Merim, le premier de la journée, pour lequel nous nous sommes dépêchés, part finalement à 9h00. Cela nous laisse le temps de prendre un petit-déjeuner à la gare routière. Le bus est en retard et part finalement de la gare à 9h30. Mais comme la climatisation du bus ne marche plus, au lieu de prendre la route, nous sommes acheminés vers le dépôt de la compagnie, pour en changer, ce qui nous fait perdre encore du temps. Enfin, à 10h30, nous sommes sur le bon chemin.

La route à moitié goudronnée traverse la forêt amazonienne mais il est difficile de l'apercevoir. Après la pollution des fleuves qui sillonnent l'Amazonie, je prend conscience du danger qui pèse sur la forêt elle-même. Tout a été défriché aux alentours via la méthode du brûlis, et il ne reste plus de part et d'autre de la route qu'une plaine verdoyante. Parfois, quelques troncs calcinés trônent tristement au beau milieu d'un périmètre noirci. A l'horizon, quelques colonnes de fumée rejoignant les nuages grisâtres indiquent que la forêt continue de mourir.

Le bus fait le plein de personnes en cours de route. Toutes portent les traces de la pauvreté : t-shirt ou chemise troués, pantalon d'occasion trop grand. Et sur le visage des hommes, marqués par les brûlures du soleil (ou de la foret qui part en fumée), une barbe de plusieurs jours négligée. Certain ressemblent presque à des bandits de grand chemin.

Le bus arrive à Guajara-Merim, côté Brésil à 15h00. Les taxis demandent une fortune pour rejoindre le centre-ville donc nous attaquons la route à pied. Mais devant l'inexactitude aberrante du plan de la ville dans mon guide de voyage, nous nous résignons à en prendre un taxi quand même.

Nous arrivons dans une nouvelle ville-fantôme. Pas une âme qui vive dehors, pas un bruit dans la rue. Il faut d'abord aller au Bureau de la Police Fédérale pour obtenir le tampon de sortie. Quand nous arrivons devant le bâtiment, tout est fermé. Un homme attend devant et nous apprend que ce n'est pas ouvert le Dimanche. Bon sang ... Dimanche ... une fois de plus ! Mais pourquoi nous arrivons toujours dans une nouvelle ville un dimanche ? Je ne m'imagine pas bloqué dans cette ville pourrie pour la nuit, donc je frappe à la porte, j'appelle quelqu'un à travers la fenêtre, et une minute plus tard, un officier nous ouvre. Après de multiples formules de politesse, nous avons notre tampon. Ma bonne étoile ne nous a pas entièrement abandonné.

Nous fonçons au port qui se trouve au bout de la rue déserte. En face de nous, sur l'autre rive, c'est la Bolivie. Enfin !



Je ne m'imaginais pas quitter le Brésil dans un tel endroit, et dans de telles conditions. C'est assez glauque. La barque pour traverser le Rio Mamoré part une fois que 10 personnes ont été réunies. Nous attendons 15 minutes, juste le temps pour moi d'aller faire des photos de la fameuse ligne de chemin de fer inachevée qui devait relier le Brésil à la Bolivie, et l'embarquement commence. Ciao Brésil, Bolivie j'arrive !






La ville de Guayaramerim est un peu plus animée que sa jumelle brésilienne, mais notre chance s'arrête là. Le Service d'Immigration est fermé pour de bon, et il ne fera pas exception pour nous cette fois. De plus, il n'y a aucun distributeur automatique d'argent en ville. Je n'ai pas de monnaie bolivienne d'avance, et les banques sont toutes fermées. Là, je me fais la promesse de ne plus jamais traversée une frontière, ou d'arriver dans une nouvelle ville un Dimanche.
Bref, impossible d'aller plus loin sans visa d'entrée, ni argent, donc nous sommes contraint de dormir ici ce soir, en attendant l'ouverture des commerces demain à 8h00. Ce qui va nous faire rater notre bus pour Rurrenabaque censé être à la même heure. Le voyage en Bolivie commence bien ...

 

29 octobre 2005

DE MANAUS À PORTO VELHO - CROISIÈRE AU COEUR DE L'AMAZONIE

Le Donna Lili n'est plus au port officiel quand nous nous y rendons à 15h00. Il s'est déplacé jusqu'au dock non officiel, ce qui nous permet d'embarquer sans avoir besoin d'attendre le gars auquel nous avons acheté les billets (de toute façon, il n'est pas là), ni de prendre une barque pour rejoindre le bateau en fraude.



 

Nos hamacs sont toujours là. Il nous reste 2 heures avant de partir, donc je vais faire des provisions de nourriture. J'achète le nécessaire pour faire des caipirinhas pendant plusieurs jours, une bouteille de vin pour fêter notre embarquement réussit, des ananas et des oranges. Le bateau se met en route à 18h00, juste au moment du coucher de soleil. Nous sommes les seuls étrangers à bord. C'est parti pour 4 jours de croisière sur le Rio Madeiras à vivre dans un hamac.



 

Après 2 mois de vadrouille ininterrompue, je vais en profiter pour me reposer, pour lire, pour préparer les prochaines semaines en Bolivie, et bien sûr, observer la vie sur les rives de la forêt amazonienne.

 

Le dîner est servi immédiatement. C'est une soupe de légume avec des morceaux de viande grasse flottant dedans. Pas d'entrée, ni de dessert... Je ne dit rien, mais je crains le pire pour les jours suivants. A 20h00, toutes les lumières du bateaux sont déjà éteintes, tous le monde est dans son hamac, prêt a dormir. La nuit est fraîche en raison du vent. Je suis obligé de sortir mon duvet, chose que je n'imaginais pas faisable ici. Et le bruit perpétuel du moteur du bateau, combinée au confort relatif de mon hamac, font que la nuit n'a pas été très reposante finalement.

Le petit déjeuner est servi à 5h00, à l'aube, ce qui me vaut de le louper, car je n'ai pas le courage de me lever. Heureusement, un "délicieux" déjeuner est servit dès 10h30 : une assiette de riz, des spaghettis, et des morceaux de poulet baignant dans une sauce aux flageolets. Et ça va être comme ça pendant tout le trajet ! Au bout du deuxième jour, je n'en peux plus de ce régime de bagnard.

Le bateau longe la rive à contre-courant, ce qui permet de voir les villages disséminés le long du fleuve. Le niveau de l'eau est si bas (plus de 5 mètres en moins) que cela provoque un effondrement des berges, donnant une vue immédiate de la végétation, comme si j'étais à l'intérieur de la forêt.





Des grandes plages fluviales sont apparues, laissant parfois des embarcations sur le sable, a plus de 100 mètres de la nouvelles rive du fleuve.



Le fleuve lui-meme ne manque pas de distractions. De nombreuses personnes vivent a proximité, et offre un spectacle permanent de la vie locale en Amazonie. Tel cet homme se lavant de bon matin dans l'eau boueuse, ou encore cette femme "travaillant" sur un charter fluvial de marchandises.

 

 





Il arrive de croiser de temps en temps des cabanes flottantes de chercheurs d'or. Le toit en paille abrite une puissante pompe qui drague le fond du fleuve. L'eau est filtrée sur un tapis roulant à 2 niveaux et rejetée dans le fleuve avec sûrement quelques substances chimiques en plus. Ils récoltent 15 grammes d'or par jour. Ca m'a l'air peu mais ici, c'est suffisant pour survivre.

 

Le bateau charge parfois des nouveaux passagers. Il ne fait pas tojours escale, mais envoi son canot à moteur récupérer les gens sur la rive. Ceux-ci doivent ensuite se débrouiller pour escalader la balustrade avec leurs bagages, tout en continuant d'avancer avec le bateau. Et il fallait que ça arrive : une nuit, un malheureux passager rate son lancer de bagages, et lorsque le "plouf" retentit, tous le monde se précipite à la balustrade croyant que c'est le nouveau venu lui-même qui est tombé à l'eau.





 

Au bout du 2ème jour, le bateau est plein. Il y a beaucoup de jeunes mères à bord avec 2 ou 3 enfants, et détail typique du Brésil, ce sont quasiment toutes des filles. La sur-représentation féminine n'est pas prête de s'arrêter ! Il n'y a presque plus de place entres les hamacs, et c'est la guerre pour pouvoir s'étendre complètement. Heureusement, j'arrive à trouver un autre emplacement que celui où j'étais initialement, avec de l'espace. La place que je laisse libre ne le reste pas longtemps : un gros brésilien s"y installe, coinçant Sylvia entre lui-même, et un joueur de football pot-de-colle à l'haleine fétide (dixit Sylvia).

Autre problème apparaissant avec la surpopulation du bateau : l'odeur. Les douches et les toilettes sont situées dans la même cabine, et elles deviennent de moins en moins fréquentables. Les chasses d'eaux sont toutes cassées, et l'odeur qui en émanent devient insupportable quand on s'en approche. Quelques hamacs sont suspendus juste en face ...

Quand la nuit tombe à nouveau, l'Amazonie révèle son vrai visage : celui d'une forêt sauvage peuplée d'insectes en tout genre. Sauterelles géantes hideuses avec des crochets, moustiques de la taille d'une mite, papillons de nuit gros comme ma main, coléoptères à gogo, et bien sûr des araignées qui se régalent de ce petit monde. Une horde de ces charmants autochtones s'abat sur le bateau, attiré par les quelques lumières restantes. Impossible de rester plus de 5 minutes sur le pont sans qu'un insecte volant non identifié me heurte le visage ou le corps. Hier, nous avions été épargné grâce au vent qui soufflait trop fort pour leur permettre d'atterrir sur le bateau.

Le troisième matin, je me lève à 5h00 pour admirer le lever de soleil. Sur le pont, des centaines d'insectes sont morts, englués dans la rosée matinale. Le ciel se drape d'un violet-orange, qui se reflète dans l'eau, avant qu'un grosse boule rouge n'apparaissent derrière les arbres. Une fine bande de brume coupe l'horizon en deux. Ce spectacle magique, je l'ai vu des dizaines de fois, mais je ne m'en lasse jamais. Du coup, je me lève tous les matins suivants pour y assister seul sur le pont supérieur du bateau.

 
     
 

Je me rend compte à quel point les brésiliens n'ont que faire du respect de l'environnement. J'ai l'impression que c'est une préoccupation de riche occidental, que je suis. Dans les villes, les gens ne prennent pas la peine de faire les 10 mètres qui les séparent d'un poubelle publique, quand il ont besoin de jeter quelques chose. Le trottoir où le caniveau font parfaitement l'affaire pour s'en débarrasser. Sur le bateau, c'est pire, et ça me révolte encore plus. Tous les détritus passent par dessus bord : chaussures usagées, canettes de bière, gobelets en plastique, mégots de cigarette, etc ... Ca me met hors de moi à chaque fois que j'assiste à ces scènes pathétiques. Et ça ne sert à rien de leur dire, car dans l'énervement je ne peux pas aligner trois mots de portugais.

Le bateau arrive à Porto Velho à 17h30, le quatrième jour. Un ciel noir et menaçant nous accueille. Nous avons à peine le temps de débarquer qu'un orage éclate. Nous attendons 30 minutes, mais ça ne se calme pas. Il nous faut encore trouver notre hôtel, aller manger, et se renseigner sur les bus pour demain matin, ce qui ne nous permet pas de nous attarder à l'abri dans le port. Nous utilisons donc nos sacs poubelles géants pour envelopper les sacs, je me fais un joli t-shirt en plastique, et nous voilas parti sous la pluie, dans les rues sombres de Porto Velho. La route qui mène au centre-ville est inondés et je patauge dedans avec mes tongs. Nous passons juste la nuit ici, et repartons dès demain en bus pour Guajara-Mirim où se trouve le poste de frontière avec la Bolivie.

25 octobre 2005

MANAUS - PRÉPARATIFS POUR LE DÉPART EN BATEAU SUR LE RIO AMAZONAS

Le lundi est une journée morte. Tout est (encore!) fermé car c'est un jour férié. Impossible de rester dans la chambre sombre, chaude et humide de l'hôtel, donc je me force à sortir. Il y a quelques musées intéressants à voir, mais la culture fait aussi le pont. Donc, à part aller sur Internet dans le seul cybercafe ouvert, aucune raison d'errer dans la ville.

Ha si! Il y en a une bonne : trouver un distributeur d'argent qui fonctionne avec ma carte de crédit Visa ! Je n'ai plus un centime, et je dois encore payer le billet pour le bateau, l'hôtel, le dîner, etc ... J'essaye dans une dizaine d'endroits mais rien ne semble vouloir faire preuve de bonne volonté. Un jour férié même pour les distributeurs, c'est sacré ici ! Il n'y a plus qu'a prier pour qu'ils se remettent au travail demain.

Même trouver un endroit potable pour manger se révèle être une galère. Les seuls restaurants ouverts sont des boui-bouis peu avenants dans des rues désertes, sombres et parfois malodorantes. Ou en bordure de la route à 4 voies où les taxis et les bus pollueurs passent à toute allure.  Nous finirons par choisir la rue sombre.

Heureusement, le lendemain est notre dernier jour à Manaus. Nous nous levons à 7h00 pour aller acheter notre billet de bateau dès l'ouverture du port. Il fait un temps pourri, une pluie diluvienne pour commencer la journée. Nous retrouvons au port le vendeur qui nous avait fait visiter le 2ème bateau pour Porto Velho. Il nous y emmène encore, en prenant une barque à moteur. Il faut escalader la rambarde pour monter à bord, puis nous suspendons nos hamacs au 2ème étage, loin des toilettes, loin des lumières qui attirent les moustique, à l'abris du vent et de la pluie.

Il ne reste plus qu'à payer. C'est là que la paranoïa de l'arnaque commence : en effet, nous contournons le système officiel en achetant notre billet à un vendeur de rue pour l'avoir moins cher (130 reals au lieu de 170). Du coup, nous ne pouvons pas embarquer par la passerelle officielle, et devons prendre une barque, depuis la rive à 300 mètres, pour atteindre l'arrière du bateau. Nous avons rendez-vous avec le vendeur à 15h00 pour embarquer définitivement. Mais s'il n'est pas là ? Le gars de la barque va nous demander une fortune pour nous emmener au bateau ? Et si le capitaine refuse de nous laisser monter à bord en prétendant que nos tickets ne sont pas valables ? Maintenant que nous avons payé, tous les coups sont permis ...

En attendant, il nous faut préparer le voyage. Comme je m'y attendais, j'arrive à retire de l'argent au premier distributeur (ouf!),  j'achète des grands sacs en plastique pour protéger mon sac à dos de la pluie et de l'humidité, de l'anti-moustique, du papier-toilette, de l'eau minérale et de la nourriture en complément des repas inclus à bord. J'ai échangé des nouveaux livres avec des voyageurs français. Je suis prêt pour l'aventure amazonienne.

Rendez-vous dans 1 semaine pour savoir si je suis bien passé en Bolivie, via Guajara-Mirim.

23 octobre 2005

MANAUS - PROMENADE SUR LE RIO AMAZONAS, À LA RENCONTRE DES EAUX

Après une nuit de folie à danser non-stop, le réveil est plutôt difficile. Nous arrivons tout de même à partir pour le sud de la ville afin d'y prendre un bateau. L'objectif est d'observer la fameuse Encontradas dos Aguas (Rencontre des eaux), point de contact entre le Rio Negro et le Rio Solimoes, qui forment le mythique fleuve Rio Amazonas. Le bus nous emmène au port situé à 13 kilomètres au sud de la ville d'où nous prenons un petit bateau qui nous fait traverser le fleuve. Un arc en ciel m'accueille pour mon premier contact avec Le Rio Amazonas.



L'eau du fleuve est noire, puis apparaît à l'horizon une tache jaunâtre. Au fur et à mesure que nous nous approchons, une ligne de démarcation nette se confirme. Les eaux ne semble pas vouloir se mélanger. Le bateau franchi la ligne, et nous voici sur l'autre fleuve.

 

Nous débarquons dans un village qui n'est qu'un lieu de transit pour aller dans les environs. Nous y restons 1 heure le temps de faire quelques photos, puis nous reprenons le chemin inverse pour arriver à notre hôtel le plus vite possible.











Je veux retourner au Sambadrome ce soir pour faire des photos, mais la fatigue l'emporte sur la motivation du Reportage, et après une pizza fade, je vais me coucher.

 

22 octobre 2005

MANAUS - ORGANISATION DE LA DESCENTE EN AMAZONIE EN BATEAU, ET NOUVELLE PARTICIPATION A UN CARNAVAL

Le premier travail de la journée consiste à prendre une décision sur le trek dans la jungle. En effet, j'ai lu beaucoup de témoignages de gens déçus par les excursions de 1 à 3 jours dans la foret amazonienne aux environs de Manaus : peu d'animaux visibles, impossible de rencontrer des tribus indiennes, organisation défaillante, temps de transport très long, et coûts souvent excessifs. Sachant que je passe ensuite en Bolivie où l'Amazonie est plus sauvage, et qu'une excursion coûtera sûrement moins cher, la décision est vite prise. Nous allons quitter Manaus dès que possible pour Porto Velho d'où nous passerons la frontière. Porto Velho est à 4 jours de bateau en remontant le Rio Negro, l'un des 2 fleuves qui fini par former le Rio Amazona.

D'après le guide de Sylvia, un bateau part ce soir à 18h00. Nous fonçons au port pour réserver nos places. Le port fluvial est une large bande de sable ou les égouts de la ville affluent. Les ferries sont des sortes de barge multicolore avec 3 ponts, ou les passagers suspendent leur hamac et leur affaires pour la durée du voyage. Les repas sont inclus dans le prix du trajet (38 euros). Voilà donc notre logement pour les prochains jours.





Mais bien sûr, la classique surprise arrive : pas de départ aujourd'hui, et le prochain est seulement Lundi, soit dans 3 jours... En fait Sylvia a cru que nous étions jeudi et s'est trompé dans la lecture de son guide. Super ... Et pour nous achever, nous apprenons que le capitaine du premier bateau que nous avons vu, nous aurai menti. Le premier départ est en fait Mardi à 18h00. Nous essayons de croiser au maximum les informations, mais impossible de faire confiance à qui que ce soit ici. Tout le monde tire sur tout le monde à boulet rouge pour essayer de gagner le marché de notre 2 pauvres tickets de bateau. Finalement, nous fixons notre départ avec certitude pour mardi soir, soit 4 jours d'attente à Manaus.

Mais la chance ne nous a pas complètement abandonnée : un Carnaval a lieu tout le week-end. Encore un ? Et oui ... Chaque grande ville brésilienne organise en moyenne deux "Carnavals" par an. Celui de Rio de Janeiro est bien sûr le plus connu (et le plus commercial), mais il y en a d'autres qui valent le détour, dont celui de Salvador de Bahia, ou la célébration de la Ciera à Belem qui rassemble plus de 300 000 personnes pendant une semaine.

Nous partons en bus à 20H00 pour le Sambadrome, lieu de mon deuxième Carnaval au Brésil. L'organisation est un peu différente de la première fois. Le Sambadrome est un lieu qui n'existe qu'au Brésil : imaginez un stade long comme 4 fois le parc des Princes de Paris, formant un immense U. Au milieu, une piste permet aux chars de défiler sous les gradins, avec derrière eux un immense cortège de gens qui exécutent la chorégraphie que les danseurs perchés à l'arrière de la plate-forme nous montrent. Des podiums fixes sont aussi disséminés le long de la piste avec des danseurs qui reprennent les mouvements pour les spectateurs dans les gradins. Quand la fête bat son plein, l'ensemble forme une sorte de Macarena géante en plus complexe, et beaucoup plus amusante.

Et comme à Sao Luis, il faut avoir un t-shirt de supporter pour avoir le privilège de faire parti du cortège. J'essaye de m'incruster tout de même, mais à nouveau, sans succès. Je demande alors au gardien de la sécurité comment il faut faire pour participer, avec un air vraiment déçu. Bref, je quémande un t-shirt ... et ça marche !! Un autre organisateur arrive, et nous fais signe de le suivre jusqu'à une banale voiture dont le coffre est rempli de t-shirts. Il nous en donne un chacun, alors que cela est censé être payant. 5 minutes plus tard, nous voilà au coeur du Carnaval, au milieu du cortège, exécutant sur un rythme endiablé la même chorégraphie que des milliers de personnes autours de nous. Les gradins sont bondés de gens qui dansent aussi, et je suis là, en bas, sur la piste. C'est jouissif. Quand le char passe sous la porte de sortie, il suffit de remonter la piste jusqu'au prochain, et ça continue ainsi jusqu'à 4h00, en alternant avec les pauses caipirhina / hot dog.

Autre différence avec le Carnaval de Sao Luis : les gens ne sont pas là pour tenter d'assouvir leurs pulsions sexuelles. Bien sûr, il y a toujours quelques éméchés qui courent après les filles, mais la musique et la danse sont vraiment les ingrédients principaux de la fête, et tous le monde se concentre la dessus. J'ai l'impression que le Carnaval de Rio est la synthèse de ces deux immenses fêtes auxquelles j'ai eu la chance de participer.

16 juillet 2005

JOURNÉE SUR LE LAC MALAWI À BORD DE L'ILLALA

La nuit n'a pas été de tous repos, en raison du bruit des machines et de l'activité nocturne du bateau. Nous avons accosté à Nkhotakota à 1h00 pour un faire un gros chargement, et le ramdam qui va avec fut au rendez-vous.

Notre petit groupe de touristes se retrouve autours de notre salon en plein air dès 7h00 : Craig et moi, Dave et Ian, 2 etudiants américains, Fin, un rugbyman anglais qui voyage depuis 1 an, Anna, Naomi et Dave, autre trio d'anglais qui était déjà avec nous au backpacker de Monkey Bay, et enfin, Emily et Charline, 2 anglaises qui sont en vacances.

Nous accostons dans les eaux du Mozambique pour un nouveaux chargement. Cette fois, les eaux ne sont pas assez profondes pour aller jusqu'au port, c'est donc a coup d'aller-retour en barque que les passagers et les marchandises vont et viennent. Depuis le pont supérieurs, je peux observer le manège du débarquement tranquillement.

 


 

     

Le bateau continu de longer la cote du Mozambique tout l'après-midi, et à 15h00 nous marquons un nouvelle arrêt dans un petit paradis. Une longue bande de sable vierge, protégée une petit baie, bordée de baobab, ou est installé un village de pëcheurs.



 

 

Dès que le 1er canot approche de la plage, une nuées de gens, surtout des enfants, accourrent pour accueillir les arrivants.





Il fait un soleil radieu, et l'eau transparente donne envie de se baigner, mais nous n'avons pas le droit de descendre à terre car, nous n'avons pas de visa pour le Mozambique. Pas grave, avec les 2 américains et Fin, nous sautons dans l'eau depuis le pont supérieur, 15 mètres de haut  environ, et remontons à bord grâce au canot.



 

Nous repartons à 16h30 pour Likoma Island, autre ile réputée paradisiaque, mais le bateau a pris du retard, et nous n'en apercevons rien dans la nuit. Après le diner, nous discutons jusqu'à 22h00, puis je vais retrouver mon lit de fortune derrière les caissons de gilets de sauvetage.