16 octobre 2005
SAO LUIS - LE CARNAVAL MARAFOLIA
Départ à 6h00 du bus pour Sao Luis. Nous ne sommes que 5 personnes au début du trajet, mais en 1 heure, le bus s'est rempli à tel point qu'une quinzaine de personnes voyagent debout dans l'allée. Je me serre avec Sylvia sur mon siège pour faire de la place à une petite fille, qui descend 1 heure plus tard, puis une maman dépose son petit garçon sur la place (qui n'en est pas vraiment une) qui se libère, sans nous demander notre avis. Et bien sur, aucun brésilien ne fait de même avec les autres enfants du bus...
Nous arrivons à Sao Luis à 12h30, et nous nous rendons à l'Auberge de Jeunesse dans la vieille ville. C'est dimanche, et une fois de plus tout est fermé, les rues sont complètement désertes. Est-ce bien la même ville où a lieu le dernier jour du Carnaval Marafolia. Difficile à imaginer dans ces conditions.
Nous rencontrons 2 suisses et 1 hollandais avec lesquels nous allons déjeuner. Ils ont été au Carnaval hier soir, et commencent à nous raconter comment ça se passe. Ca promet d'être un sacré moment !
Je vais me promener un peu à proximité de l'hôtel pour avoir un premier aperçu de la ville. Le quartier est assez délabré, un tiers des maisons coloniales ne sont plus que des façades, et je peux voir le ciel bleu à travers les fenêtres car le toit s'est souvent effondré. Je rentre me reposer un peu et je pars avec Sylvia au Carnaval à 17h00. Nous avons rendez-vous avec les autres à 19h30 sur place. Je ne prend pas mon appareil photo car il y a peu de chance que je sois en mesure de le garder.
Le bus est bondé de jeunes, nous sommes les seuls "blancs" dedans. Tous le monde descend en même temps, et nous marchons encore 5 minutes en suivant un long cortège jusqu'au lieu de la fête. Le Carnaval de Sao Luis, n'a rien à voir avec celui de Rio de Janeiro, où celui de Salvador da Bahia : les gens ne sont pas déguisés, et ça ne dure "que" 3 jours. C'est plutôt une sorte de gigantesque parade musicale, où toute la jeunesse de Sao Luis et des environs se donne rendez-vous. Et avec le sens de la fiesta des brésiliens, ça devient vite démesuré...
Un long boulevard à double voie longe la plage sur plusieurs kilomètres. D'un côté, des camions stationnent en fille indienne. Sur leur immense remorque, une monstrueuse sonorisation a été installée. Au sommet (plus de 15 mètres de haut parfois), une plate-forme accueille tout un orchestre de musique, et une trentaine de danseurs répartis devant et derrière. Une rangée de puissants spots éclairent le cortège au fur et à mesure de son très, très, TRES, lent déplacement.
Un périmètre spécial entoure chaque camion, car seul les gens qui supportent le groupe qui jouent ont le droit de danser sur la même voie que lui. Ils ont tous le même t-shirt de couleur flashy marquant leur appartenance au cortège des supporters.
N'étant pas au courant de la règle, je saute la corde et commence à suivre le cortège spécial en dansant sur le rythme endiablé du groupe qui jouent en direct. Mais je ne peux rester que 5 minutes car la sécurité arrive et me fait sortir pour aller rejoindre les gens "normaux" qui suivent sur l'autre voie parallèle.
L'ambiance n'y est pas moins bien, loin de là d'ailleurs, c'est juste que je ne fais pas parti des riches "privilégiés". Il y a plus d'espace pour danser, et tous le long sont installées des baraques à frites et à Caipirinha. A l'autre bout de la plage, d'immenses gradins ont été installés, et les camions passent au milieu marquant la fin de la parade pour eux.
Nous retrouvons nos amis de l'Auberge de Jeunesse et commençons à suivre le convoi tout en dansant. L'ambiance est folle ! Les brésiliennes, qui adorent toutes danser, courent partout. Les brésiliens sont plus calmes, préférant s'occuper temporairement de leur soif sur le bas-côté. Car une fois que leur taux d'alcoolémie est suffisamment haut, j'assiste a des scènes assez surprenantes. Le brésilien ne s'embarrasse pas de manières pour faire comprendre à une fille qu'il l'aime bien : il l'attrape par le bras, ou la taille, et la force tout simplement à l'embrasser. S'il n'arrive pas à atteindre la bouche au bout de 5 secondes, ou si la fille se débat comme une furie pendant le "baiser", il lâche prise et essaye avec une autre un peu plus loin. Il y a tellement de femmes ici (peut-être le double des hommes!) que ça ne leur pose pas de problème. Parfois, ça marche : la fille n'a même pas le temps de voir qui elle embrasse, mais elle ne résiste pas ...
Autre aspect social du Carnaval : les pickpockets. Ils sont partout, en permanence, et profitent de la cohue pour vous faire les poches. Tout d'un coup, je sens un mouvement de foule, et je me retrouve entouré de 5 brésiliens, dont l'un a manifestement les mains balladeuses. Je le repousse violemment en lui faisant signe que je suis prêt à me battre, il roule un peu des épaules avec ses poings serrés, et disparaît dans la foule. Sur le coup, ça m'énerve tellement qu'il puisse agir comme ça en toute impunité que je suis vraiment prêt a être violent avec le prochain. Mais ça n'arrivera plus.
Je passe la soirée à alterner les moments de danse avec mes amis et des moments de repos autours d'une caipirinha. La parade se termine sur le coup de 2h00 avec le passage du dernier char. La plupart des gens restent car il y a de la musique partout, mais je préfère rentrer. Il y a de plus en plus de gens louches, complètement ivres, et ici comme ailleurs au Brésil, la sécurité n'est pas optimum.
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