14 mars 2008

TANZANIE - LE GLACIER AU SOMMET DU KILIMANJARO

Au sommet du Kilimanjaro, une calotte de glace contraste formidablement avec la pente de cendres noires et le ciel d'un bleu profond comme j'en avais rarement vu. Des craquements se font entendre, signe de la fonte de la glace.
Selon les experts climatologues, les neiges éternelles du Kilimanjaro auront complètement fondues d'ici à 2015 en raison du réchauffement climatique.

06 janvier 2006

EL CALAFATE - LE GLACIER PERITO MORENO

Je me lève à 7h00 et prend ma douche dans une salle de bain commune digne d'un camping  bas de gamme : douches et toilettes face à face. Nous prenons un petit-déjeuner sommaire avec du lait à la fraise au goût périmé. Nous allons passer la journée au Glacier Perito Moreno, le joyau touristique d'Argentine, avec les Chutes d'Iguaçu.

Le bus pour le glacier part à 8h30 de la gare routière. Il n'y a bien sûr que des touristes, dont la moitié d'israéliens. Le trajet dure 1h30, bien que sur une carte géographique, le glacier semble très proche. En fait, la route est goudronnée sur la moitié du trajet seulement, le reste est une piste cahoteuse qui serpente dans la montagne en suivant les rives du Lac Argentino. Je sors mon ordinateur dans le bus pour écrire les jours en retard. Je l'ai pris avec moi car l'hôtel ou nous sommes ne m'a pas inspiré confiance pour le laisser dans la chambre. L'entrée du Parc National des Glaciers coûte 30 pesos (environ 8 euros).

Nous arrivons sur un parking en hauteur où de nombreux bus sont déjà garés et ont déversé leur flot de touristes sur les passerelles en bois qui longent la façade du glacier. Le système est bien fait: la passerelle supérieure permet d'avoir une vue d'ensemble du glacier, et deux autres niveaux de passerelle permettent de se rapprocher de plus en plus. Au mieux, nous sommes à 100 mètres de la glace. Le Perito Moreno s'étend à perte de vue sur les montagnes au loin, et fini sa course dans le lac. Au milieu, il vient buter sur le promontoire ou nous nous trouvons. J'ai donc un mur de glace de 60 mètres de haut et 3 kilomètres de long à ma droite, et sensiblement la même chose à ma gauche.




Des craquements incessants se font entendre, et toutes les demi-heures au moins, un gros morceaux de glace tombe dans l'eau. A trois reprises dans la journée, c'est un pan entier du front qui s'est effondré dans un vacarme assourdissant, et en créant une grosse vague. La glace se morcelle alors dans l'eau, et crée une sorte d'auréole blanche à la surface du lac qui s'agrandit de plus en plus jusqu'à complètement disparaître en quelques heures. Le spectacle est impressionnant, et de nombreux touristes restent caméra au poing des heures durant au même endroit, dans l'attente de filmer un de ces effondrements spectaculaires. J'assiste à deux d'entre eux mais je ne suis pas assez rapide pour passer en mode vidéo et je dois me contenter d'apprécier de mes propres yeux.

 

 

Nous restons jusqu'à midi sur les passerelles, puis nous remontons prendre la navette qui nous emmène au port, pour prendre un bateau qui va nous emmener en face du front droit. nous avons juste le temps de préparer des sandwiches en attendant le prochain départ. La croisière coûte la bagatelle de 38 pesos pour 1 heure. En fait, c'est assez décevant car le bateau ne s'approche pas plus près du glacier que sur les passerelles (au mieux 300 mètres) pour des raisons de sécurité compréhensibles, et nous n'avons pas eu la chance d'assister à un effondrement, comme cela se passe dans 90% des cas. Au moins nous avons le beau temps avec nous.


 

Nous remontons ensuite sur les passerelles pour aller voir le côté gauche. Le soleil ayant bien bougé depuis ce matin, les éclairages sur la glace sont différent et renouvelle un peu le spectacle grâce à des effets de transparences bleues. A 15h00, nous avons fait le tour du propriétaire et remontons vers le bus pour nous mettre à l'ombre et discuter. Nous repartons pour El Calafate à 16h00.

 

Nous allons dîner dans une parilla bondée, puis je vais sur Internet voir les nouvelles concernant la fraude sur ma carte bancaire. Stand-by tant que ça n'apparaît pas officiellement dans mes comptes. Amichay a donné rendez-vous à son amie Dana à 23H00 à son backpacker qui est du genre "Réservé aux israéliens". Nous nous y rendons et je retrouve Yahil que j'avais croisé à Ushuaïa, puis il y a trois jours au Parc Torres Del Paine. Il voyage maintenant (et plus ...) avec une Sophia, une allemande. Comme c'est vendredi, tous le monde s'est mis a cuisiner pour faire un énorme repas. C'est très esprit de famille, et ils partagent le dessert (une salade de fruit dans un fondu de chocolat...miam!) et du vin avec nous. Comme je suis le français de la table, forcément, je dois me coller l'ouverture de la bouteille. Les fameux clichés nationaux ... ça mériterai un article spécifique d'ailleurs.
Par contre, comme ils parlent tous en hébreux, je ne comprend pas grand chose. Amichay me fait la traduction et certains m'adressent la parole en anglais, mais la langue nationale reprend vite le dessus. A 1h00, nous décidons de partir dans un bar avec de la musique. A El Calafate, il n'y en a pas cinquante ! Trois autres israéliens et nous accompagnent. Le bar est bien, l'ambiance au rendez-vous avec une piste de danse qui se rempli vers 2h00. Nous allons nous coucher à 4h00.

25 décembre 2005

ANTARCTIQUE - ILE DU ROI GEORGE Ier - PUNTA HENNEQUIN

Je me réveille à 7h00, et je ne me sens pas très bien car la mer est toujours aussi agitée qu'hier soir. Je retrouve Christophe au petit déjeuner, puis Audrey qui, comme moi, commence a avoir le mal de mer. Du coup, je ne mange pas grand chose. Le Capitaine nous rejoint à table, et je demande des cachets qu'il envoi faire chercher par une serveuse. Ca fait bizarre de les revoir sérieuses au travail, nous traitant à nouveau comme des clients, alors qu'hier soir, on avait "cassé la glace" en discutant et dansant.
Le cachet m'assomme et je retourne dans mon lit. Je dors jusqu'à 13h00, et ça va beaucoup mieux en me réveillant.

Nous apprenons que l'escale dans la Baie de la Demi-lune sur l'île de Livingstone est annulée en raison des conditions météo trop mauvaises. Nous continuons donc notre route vers l'île du roi George Ier. Je m'installe dans la bibliothèque pour écrire jusqu'à 16h00, puis je monte sur le pont pour voir ou nous sommes. La bateau s'est arrêté dans une baie entourée de nombreux glaciers d'une taille monstrueuse, au point que leurs sommets se noient dans les nuages. Ils recouvrent les montagnes (parfois un pic réussit a émerger) puis se jettent dans la mer.

L'organisateur annonce au micro que nous sommes arrivés à notre nouvelle destination. Le ciel est gris, le vent est fort, il neige même un peu. Ce n'est pas très encourageant pour sortir dehors, mais c'est la dernière fois que nous posons le pied en Antarctique, donc je vais en profiter au maximum.

Nous sommes à Punta Hennequin, devant une côte qui abrite de nombreux vestiges de l'époque des baleiniers. Nous débarquons sur la plage où des gros morceaux de glace flottent près de la rive en créant une barrière blanche. Il faut les écarter pour pouvoir accoster avec le Zodiac.


Nous sommes encore sur une île volcanique a en juger de la cendre qui jonche le sol. Pour une fois, il n'y a pas de pingouins. Nous sommes juste autorisés a rester sur la plage, où des immenses os de baleines jonchent le sol. Un vrai cimetière ! Un os de vertèbre fait en moyenne deux fois la taille de ma tête et les côtes font jusqu'à 4 mètres de long. Des colonnes vertébrales entières pourraient être reconstituées mais nous n'avons pas le droit de toucher et déplacer les os.

 


Je marche jusqu'à un phoque qui se repose sur les galets, je prend quelques photos, puis je fais demi-tour avec Christophe qui m'a rejoint pour aller faire des photos un peu délirantes avec les os de baleine.
Le rappel sonne à 18h00, et je quitte l'île dans le dernier Zodiac.

 

 


Le bateau prend la direction d'Ushuaïa en empruntant le Passage de Drake, qui va nous secouer, comme à l'aller. Le médecin de bord va encore être très sollicité a en juger déjà par l'état de certains.

 

Je profite de mes derniers repas à bord tant que je me sens bien : double portion de frite et double dessert. Le Capitaine a encore squatté à notre table, et à la fin du repas, il nous ramène une bouteille de blanc pétillant qui n'est pas mauvaise.
Il y a un film en projection ce soir, mais je préfère faire le tri des photographies de la journée. Vers 23h00, nous dépassons le dernier iceberg  avant le Passage de Drake que j'immortalise, même s'il n'est pas le plus beau que j'ai vu ces derniers jours. Voilà... le cadeau de Noël est fini.

 

24 décembre 2005

ANTARCTIQUE - PUERTO FOYN - PROMENADE EN ZODIAC DANS LA BAIE

Le bateau s'est stationné dans une nouvelle baie entourée de montagnes magnifiques, et de glaciers aux bords fissurés, à deux doigts de s'effondrer dans l'eau. Notre "Ice captain" a soigneusement choisi l'endroit.

 
     
 

Un premier groupe part en Zodiac à 14h30, puis à 15h30, c'est notre tour. Nous nous dirigeons d'abord sur une île où des chasseurs de baleines ont abandonné des tonneaux de poudre, puis nous faisons un stop sur une autre île où un phoque dors sur les galets du rivage. Nous attendons 10 minutes dans le froid que ce gros paresseux daigne bouger un peu pour prendre une photo, mais à part la narine droite qui s'ouvre de temps en temps, il n'esquisse pas l'ombre d'un mouvement.

 

 


Nous repartons et nous rapprochons d'un petit iceberg bleu, magnifiquement sculpté par le vent et l'eau. Le Zodiac le contourne pour l'admirer sous plusieurs perspectives, et à chaque fois, c'est une nouvelle oeuvre d'art qui se présente devant nous. La nature est un artiste qui fait des merveilles. Je le constate depuis plus de 7 mois maintenant. Nous renouvelons l'expérience un peu plus loin avec un autre iceberg, et le spectacle est toujours au rendez-vous. Christophe réussit même a décrocher un morceau de glace que nous ramenons à bord.




Le Zodiac se dirige ensuite vers une épave de bateau rouillée dont la proue pointée vers le ciel donne un caractère dramatique à la scène. Le naufrage a eu lieu en 1950. C'est un bateau norvégien qui transportait de l'huile de baleine qui à pris feu. Il a brûlé pendant plus de 3 jours, mais le capitaine a réussit à sauver tout son équipage. Nous accostons l'épave pour passer une tête par les hublots et la rambarde.

 

Nous revenons à l'Ushuaïa au bout d'une heure. Un buffet de nougat, chocolat, fruits sec et des gâteaux aux fruits nous attend, pour enchaîner sur le débriefing de la journée. C'est l'anniversaire d'une touriste et les organisateurs nous font chanter "Bon anniversaire" dans toutes les langues. Les versions chinoises et israéliennes sont sympathiques. Ensuite, les préparatifs pour Noël commencent.

ANTARCTIQUE - DANCO ISLAND

Exceptionnellement, je me suis permis de me lever à 7h00 ce matin car la baie n'avait pas un grand intérêt au niveau photographique. Il neige toujours, et c'est magique de découvrir le paysage depuis le pont.


Le bateau repart pendant le petit-déjeuner, et nous passons devant la base chilienne qui se trouve sur un rocher. Un bateau mouille juste à côté et quand nous le dépassons, quelques membres de notre équipage vont sur le pont pour faire un coucou à leur homologues chiliens en les regardant dans les jumelles.



Nous arrivons à l'île de Danco, qui ne renouvelle pas le genre. Les éternels pingouins sont là. Comme l'île est recouverte de plusieurs mètres de neige, ils ont tracé un réseau de chemins de 50 cm de profondeur avec des bifurcations, des embranchements, qu'ils empruntent a la queue leuleu. J'aperçois un pingouin qui commence sa descente et je me poste au bout du chemin pour le photographier. Mais dès qu'il me voit, il s'arrête, réfléchit, et fait demi-tour jusqu'en haut pour prend un autre chemin. Pas con le pingouin !

 

 

Je continue mon ascension de l'île et grimpe jusqu'au sommet d'où la vue sur le glacier qui se jette dans la baie, me rappelle les photos du Perito Moreno. La neige est molle et des que je sors du chemin, je m'enfonce jusqu'à la taille. C'est l'occasion de faire quelques bonnes photos.




J'ai rapidement les pieds gelés donc je redescent au bout de 30 minutes. La pente est suffisante pour tenter de faire de la luge sur le ventre. Christophe part en premier et me trace une piste. Je me lance à mon tour mais je n'avance pas vite, et suis obligé de donner des coups de jambe et de m'aider de mes mains pour continuer la descente. Maintenant, je sais ce que c'est la vie de pingouin ! Je fais un rapide tour sur la plage, qui me permet de ce qui ce passe sous la neige. En fait, nous sommes sur un glacier qui avance et se casse au niveau de la plage de galets. Un espace subsiste entre le sol et la glace, ce qui me permet de passer ma tête dedans. Et voilà, ce que j'y vois : La glace a pris une couleur jaune-verte, et se termine en stalactites translucides.


Quelques photos, et je reprend le Zodiac.

23 décembre 2005

ANTARCTIQUE - BARBECUE ET GROSSE FATIGUE

Sur le bateau, c'est la surprise pour le déjeuner. Compte-tenu du soleil splendide et de l'absence totale de vent, les organisateurs ont décidé de faire un barbecue sur le pont arrière !!! Une garden-party en Antarctique ... Avec Christophe, nous hallucinons.



Les tables sont déjà installées quand nous arrivons, et la viande est sur le grill. Nous nous prenons une bouteille de vin et le festin commence. Les vieux se sont rués sur le buffet comme des affamés qui n'ont pas mangé depuis 3 jours. Nous attendons que la queue se termine pour y aller à notre tour.


Une fois le barbecue terminée, le bateau repart dans le canal et la magie de l'Antarctique continue. L'eau est comme un miroir, et la beauté des montagnes est multipliée par deux lorsqu'elles se reflètent dans la mer.

 




J'ai un  gros coup de barre après le repas : le bateau repart pour 2 heures de trajet, et j'en profite pour aller écrire le carnet de bord de la veille. Mais je m'allonge et je m'endors sur le canapé de la bibliothèque. Quand je me réveille, je monte aussitôt sur le pont pour voir ou nous sommes. Je croise Audrey :
- "Ah te voilà toi ! C'était génial, émouvant même...
- Heuuuu... de quoi tu parles là ?
- Bin du passage dans le canal. T'étais pas en train de prendre des photos ?
- Tu plaisantes ? Merde ! J'ai rien vu, je me suis endormi dans la bibliothèque ...  je dors depuis une heure.
- Quoi ?!?! Merde, j'en ai pris aucune car comme je ne te voyais pas, je croyais que tu étais en train de mitrailler !
- Bin non ...

Elle me fait le descriptif de ce que j'ai raté... je suis vert.

22 décembre 2005

ANTARCTIQUE - DECEPTION ISLAND - DES PAYSAGES SURRÉALISTES

Les traditionnels icebergs nous accompagnent jusqu'à Deception Island que nous atteignons à 15h00. L'île volcanique est en fait une caldeira d'effondrement. Les montagnes recouvertes partiellement de neige forment un anneau de 2 kilomètres de diamètre dont le centre est submergé par la mer. L'entrée dans la caldeira se fait pas un étroit passage devant lequel des hauts et étroits pitons rocheux semblent faire la sentinelle. De l'extérieur, la côte nous offre de somptueuses formations rocheuse colorées.

L'île fut utilisée comme une base de chasseurs de baleine dès 1918, puis repris par les anglais après la seconde guerre mondiale pour en faire une base scientifique. Une éruption volcanique en 1967 les forcent a abandonner l'île. Ils reviennent l'année suivante, mais abandonne la station définitivement suite à 2ème éruption en 1963 qui la détruit entièrement. Aujourd'hui, les vestiges de la station sont classés Monument Historique de l'Antarctique. Ce sont des cabanes en bois éventrées ou recouvertes de cendre, ainsi que d'immenses réservoirs d'essence rouillés et vides, ainsi que quelques autres vieilleries métalliques.

Le bateau jette l'encre au milieu de l'île et les Zodiacs nous débarquent sur la plage de sable noir. De la fumée émane du sol car des geysers réchauffent l'eau du lac. Sur plusieurs mètres, un nuage de brume chaude nous enveloppe et crée une atmosphère mystique. On se croirait sur un autre monde. Je marche en longeant la plage (ça me permet de me réchauffer les pieds!) en admirant un paysage de désolation, sûrement crée par la dernière éruption volcanique.


Des barques de l'époque des baleiniers à moitié recouvertes de cendre, et des os de baleines traînent sur la plage. Quelques petits icebergs flottent a 2 mètres de la rive. L'un d'eux, superbement sculpté par l'eau et les vents s'est échoué. Il y a aussi quelques pingouins esseulés qui renforce cette impression de bout du monde. Je ne sais pas ce qu'ils contemplent, mais ca a l'air intéressant, vu le temps qu'ils y passent !

 

 

 

 


Une cabane de tôle est restée debout au loin dans un champs désertique, mais il n'y a plus de fond, ce qui permet de voir le reste du paysage à travers la porte. Arrivé au bout de la plage, je grimpe sur montagne dont la pente est un champ de cendres orange où sont parsemées des rochers. Ca me rappelle le Sud Lipez en Bolivie, avec ses paysages dignes de tableaux de Salvador Dali. Bref, cette île est un paradis pour faire des photographies d'ambiance surréalistes.

 

 

Je redescend vers la plage en empruntant un chemin qui longe la pente de la montagne mais un membre organisateur de l'expédition me fait des grands signes au loin pour me dire de rebrousser chemin et reprendre le même chemin par lequel je suis monté. Les déplacements sur l'île sont ultra réglementés, il y a des zones interdites, et bien sûr, il faut toujours que j'y mette les pieds...

Je rejoint les organisateurs qui se sont postés au bout de la plage pour nous empêcher d'aller plus loin. En effet, un bébé phoque avec sa fourrure grise dort sur le sable. De retour vers le groupe, des téméraires touristes sont en train de se baigner dans l'eau chaude fumante. J'y serai bien allé aussi mais je n'ai pas pensé a prendre mon maillot de bain et il me reste des choses à voir sur l'île.


Je vais visiter rapidement les installations en ruine de la base, et je reviens juste à temps pour prendre le dernier Zodiac de la journée.

 

 

 


Je suis claqué ce soir. J'ai les yeux explosés à cause de la forte luminosité, et ici les UV sont plus forts que n'importe où ailleurs sur Terre en raison de la finesse de l'atmosphère aux pôles, et bien sûr, du trou dans la couche d'ozone. Heureusement, il pas de grand spectacle sur la mer ce soir et je peux aller me coucher à minuit. Encore une journée fabuleuse qui s'achève.

 

21 décembre 2005

ANTARCTIQUE - PAULET ISLAND - LA PLUS GRANDE COLONIE DE MANCHOTS ADELIES AU MONDE

Je me lève à 4h30 pour admirer le passage du bateau dans le détroit de Bransfield. Je passe prendre Audrey en chemin, et je fonce sur le pont pour voir ce que ça donne. Le spectacle est encore montée en grade : le bateau navigue au milieu d'une mer de morceaux de glace qui se sont agglutinés et qui dérivent. Des gros icebergs sculptés par le vent et l'eau de mer crées un véritable labyrinthe dans lequel le bateau doit se faufiler.



Les plus vieux ont une couleur bleue translucide due à la densité de la glace qui est plus forte que sur les icebergs plus récents. Nous avançons à allure réduite et les 3 officiers du bateaux sont sur le pont, les yeux rivées aux jumelles. Souvent, j'ai l'impression que nous fonçons droit sur un iceberg, mais au denier moment, un passage apparaît et nous passons parfois avec à peine 5 mètres de distance entre la coque et l'obstacle.

 

Je photographie comme un dingue, grimpant dans tous les sens les différents niveaux de passerelles pour trouver le bon angle et la bonne lumière. C'est absolument fabuleux, et je ne suis pas le seul à le penser : à 6h00, la moitié des passagers se trouve sur le pont, caméras et appareils photo en main !
Les premiers pingouins apparaissent. Tout mignons, ils semblent abandonnés sur leur morceau de glace flottant. Dès que le bateau approche,  ils se regardent, comme pour se dire "bon les gars, il faut y aller maintenant, suivez moi, c'est par là", puis ils se dandinent maladroitement vers le rebord, et disparaissent dans l'eau à la queue leuleu. Souvent, il en reste quelques un sur la banquises qui semble rechigner à plonger alors qu'ils avaient pris de l'élan, mais ils hésitent en faisant des mimiques, comme si l'eau était trop froide pour eux. Ces petites bêtes sont vraiment adorables.

 

 

Nous arrivons à 8h00 à l'île de Paulet, de l'autre côté de la Péninsule Antarctique. L'île, un volcan éteint à la roche noire qui contraste avec le paysage de glace aux alentours, accueille la plus grande colonie de pingouins Adelie au monde. Effectivement, en regardant la côte avec les jumelles, je peux facilement distinguer des milliers de petits points noirs et blancs.


Et nous allons y débarquer ... après le petit déjeuner. Je retourne à ma cabine enfiler 2 couches supplémentaires de vêtements (5 au total), mon sur-pantalon étanche, ainsi que ma veste, et 2 paires de chaussette. Je cherche pendant 15 minutes la cagoule en polaire que je m'étais acheté exprès pour l'expédition, mais impossible de mettre la main dessus, donc je me résigne à me geler le crâne. J'enfile mes bottes en caoutchouc, et me voilà fin prêt pour affronter le froid de l'Antarctique. Tout le monde se rassemble dans le hall,  puis nous descendons vers le pont où nous devons préalablement à l'embarquement dans les Zodiacs, passer nos bottes dans un liquide désinfectant.

 

A 8h45, je touche le sol de l'Antarctique. Mais ça ne compte pas vraiment à mes yeux car nous ne sommes pas sur le continent lui même. Le guide nous apprend que c'est la première fois cette année qu'une expédition réussit à atteindre l'île, car jusqu'à présent, le détroit était infranchissable en raison de l'accumulation de la glace. Ma chance légendaire ... Le premier contact odorant n'est pas des plus agréable... les rochers sont recouverts de fientes de pingouin. Nous avons la consigne de ne pas approcher les ptites bêtes à moins de 5 mètres. Chaque mètre carré de l'île est recouvert d'un pingouin. Ils restent souvent immobiles, hurlent en pointant le bec en l'air, ou trop occuper à nourrir leur progéniture car nous sommes en pleine période de nidification.



Je m'attarde sur la côte ou des groupes se sont installés sur la glace flottante, en attente d'un plongeon, ou de pingouins qui regagnent la terre ferme.


Je marche vers l'intérieur de l'île jusqu'à un promontoire qui domine un lac volcanique gelé. Les pingouins ont aussi colonisé l'endroit et déambulent sur la patinoire que représente le lac, en faisant des glissages sur le ventre pour avancer plus vite. Je reste 15 minutes à essayer de photographier un couple de bébés à la fourrure grise qui passe son temps fourré entre les jambes de sa mère, puis je redescent vers la côte, où je regarde les pingouins nager et venir sur la plage.

 

Je fais pas mal de vidéos des pingouins car c'est plus adéquat pour se rappeler de leur démarche amusante. La température est d'environ 0 °c mais avec le vent, elle devient inférieur. J'ai les pieds gelés dans mes bottes. Au bout de 2h00 sur l'île, le ballet des zodiacs reprend pour nous ramener sur le bateau, qui se met aussitôt en route vers notre prochaine destination : la base antarctique Argentine "Esperanza".

 

17 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - LE CAUCHEMARD DE L'ASCENSION VERS LE SOMMET

Mario vient nous réveiller à 23h45. Il me faut une bonne demi-heure pour mettre tout l'équipement : 3 épaisseurs de pull, un sous-pantalon thermique, un pantalon normal, la combinaison étanche, les chaussures, les gants, les guêtres, la cagoule thermique, et le baudrier.

Je me sens bien physiquement et moralement, et je prend juste un maté de coca avec une tartine de confiture avant de partir. Je vais au début du glacier pour enfiler mes crampons, et Mario prépare la cordée. Il est en premier, je suis derrière lui, Christophe est derrière moi, et Paulino, notre deuxième guide, ferme la marche. C'est parti pour presque 1000 mètres d'ascension qui devrait durer 6-7 heures.

 

Nous entamons la marche sur une langue de neige dure, dont la pente est déjà bien raide. Il n'y a pas besoin d'utiliser les torches frontales car la Lune, presque pleine, éclaire la montagne d'une pâle lueur blanchâtre que la neige reflète suffisamment pour nous permettre de voir le paysage. Pas un souffle de vent, juste le bruit de la neige qui crisse sous nos pieds. L'atmosphère est mystique.

Au bout de 20 minutes, je sens que mon estomac ne va pas bien. Je me demande si nous ne sommes pas parti un peu vite après le petit-déjeuner, mais rien de gênant. Un léger mal de tête reprend mais c'est normal car l'altitude augmente. Une fois en haut du glacier, nous faisons une pause, puis nous traversons un immense champ de neige en légère montée sur 500 mètres, avant que la pente reprenne de plus belle. Ca devient vraiment dur, mes jambes sont lourdes, les muscles des mollets douloureux, mes pieds sont gelés, et j'ai de plus en plus de mal à reprendre mon souffle. Je dois faire des tout petits pas pour arriver à avancer. A ce moment là, j'essaye de ne penser à rien, j'oublie toutes mes sensations, et j'avance tel un zombie dans la neige, mon piolet dans une main et la corde dans l'autre. Malgré cela, nous doublons deux autres cordées qui étaient parties avant nous.

Nous sautons une crevasse, et le chemin prend la direction d'une paroi de glace que nous allons devoir escalader. J'ai besoin de faire de plus en plus de pause, et à chaque fois, je dois lutter pour repartir. Mario, me demande souvent si je suis OK, et je répond toujours pas l'affirmative même si ce n'est pas vrai. Je veux aller au bout. Le mal de ventre me coupe les jambes, et je décide de me faire vomir (pas besoin de forcer) en espérant que c'est juste le petit-déjeuner qui ne passe pas. Aussitôt, je me sens un peu mieux et nous repartons.

Arrivée au pied du mur de glace, il faut patienter 15 minutes que le guide installe la corde et que je puisse me lancer à mon tour. Pendant ce temps, le froid pénètre mes 4 couches de vêtements. Les crampons permettent d'accrocher la glace suffisamment longtemps pour que je lance mon piolet, et que je me hisse un peu plus haut à chaque fois. C'est éprouvant mais c'est vraiment génial.

 

Nous marchons depuis 4 heures, et le sommet me semble encore loin. Nous reprenons la marche dans une pente ou la neige est plus molle. La nausée reprend, et à chaque pas, je dois faire appel à toute ma volonté pour lever mes jambes. La situation devient critique, car j'ai besoin d'une pause tous les 150 mètres. Quand le guide me demande si je veux continuer, je fais mine de ne pas l'entendre, et je donne le signal du départ dans un effort surhumain pour me relever. 100 mètres plus loin, je m'effondre à nouveau : j'ai l'impression que mon cerveau va exploser. A chaque respiration, les poumons me brûlent comme ça ne m'était jamais arrivé auparavant, l'envie de vomir est revenue, plus forte, et mes jambes de veulent plus obéir. Malgré toute la volonté et l'énergie que j'essaye d'aller chercher au fond de moi, tout mon corps dit "non". Je fixe le sommet pendant quelques secondes, et je m'entend dire alors "je redescend".

Mario me sépare de la cordée et continu avec Christophe. Paulino me fait passer devant et je reprend péniblement la marche en sens inverse. Alors que nous traversons le grand champ de neige plat, j'aperçois le camp au loin.



Je réalise alors vraiment pour la première fois depuis que j'ai prononcé mes dernière paroles de la nuit ce que je suis en train de faire. Et là, le craque, je pleure de déception. Je n'ose pas me retourner pour regarder le sommet qui commence sûrement à rougir avec les premières lueurs du soleil.
Les photographies suivantes ont été réalisées par Christophe lors de sa descente.







Dès que j'arrive au camp, je me fourre dans mon sac de couchage et j'essaye de dormir pour ne plus y penser. Sans succès. Je me sens physiquement mieux, mais moralement, c'est autre chose...  Quand les autres reviennent, je ne leur posent pas trop de questions, je préfère ne pas savoir ce que j'ai raté. A 10h00, nous refaisons nos sac, la tente est pliée, et nous prenons le chemin du camp de base. A 14h30, nous sommes de retour à La Paz. je retourne à l'hôtel ou j'ai laissé mes affaires, Christophe prend aussi une chambre, et nous retrouvons Jérôme qui a fait l'ascension en 2 jours.

 

L'après-midi est chargé : je dois retirer de l'argent, aller sur internet pour gérer mes comptes, prendre une assurance pour les 6 prochains mois, et surtout, je dois acheter mon billet de bus pour partir à Sucre dès demain. Mais une fois à la gare, j'apprend qu'il n'y a aucun départ possible en raison du blocage de la route par des manifestants. Les élections présidentielles sont dans 15 jours, et les revendication populaires vont bon train. Génial ... j'avais bien besoin de ça aujourd'hui. La seule solution consiste à faire un long détour par Cochabamba, d'où je pourrai prendre un autre bus pour Sucre.
Le soir, je vais prendre un verre avec Christophe et Jérôme. Je décide d'attendre encore  un jour pour partir de La Paz. De toute façon, il y a de quoi s'occuper ici.

16 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - ASCENSION VERS LE 2EME CAMP

Je n'ai pas dormi de la nuit malgré le relatif confort et la chaleur de ma "chambre". Je suis debout à 7h30, et je vais immédiatement jeter un oeil dehors. Le ciel est bleu, le Huayna Potosi est bien dégagé. Pourvu que ça soit comme ça demain matin aussi. Je vais me promener pour voir la vallée du Zongo depuis un promontoire rocheux derrière notre camp. Il fait assez chaud, environs 15 °C, mais dès que le soleil se cache derrière les nuages, la température chute de plus de 10 °C.

 

Aussitôt le petit déjeuner terminé, nous faisons nos sacs, avec tous le matériel nécessaire pour l'ascension. Le mien fait bien 15 kilogrammes, et je vais devoir le porter jusqu'au prochain camp, 400 mètres plus haut. Nous prenons la route à 10h00 en traversant le barrage hydraulique, et longeons le glacier sur lequel nous nous sommes entraînés la veille.



Puis nous grimpons sur une crête balayée par le vent froid. Au bout de la crête, il faut monter à pic dans un chemin de rochers éboulés. C'est une vrai galère pour ne pas se tordre les chevilles. Et avec mon sac sur le dos, je commence à le sentir passé. Pour couronner le tout, le ciel s'est couvert, et une fine grêle commence à tomber.



 

A midi, nous arrivons enfin au camp Alto Roca, à 5130 mètres. C'est un empilement de roches concassées sur une crête, rien de confortable. Un abris de pierre prometteur est en construction (dommage, je me voyais bien dormir dedans), et une tente en toile de jute bleue, constituent les seuls abris permanents. Mario, notre guide, installe notre tente sur un emplacement à peut près près plat, protégé du vent glacial.

 

Quelques heures après notre arrivée au camp, je commence à ressentir un bon mal de crâne, signe que le mal des montagnes arrive. J'ai des pilules préventives achetées à la pharmacie de La Paz, mais elles n'ont pas l'air de faire tellement d'effet. Petit à petit, je commence à avoir aussi envie de vomir. Je me force à avaler deux sandwichs car je dois prendre des forces pour l'ascension de cette nuit, puis je vais dormir dans la tente. La grêle tombe toujours, de plus en plus fort, les nuages on envahi le camp au point qu'on ne voit rien à plus de 10 mètres.
Dans mon duvet je n'arrive pas à me réchauffer. J'ai les pieds gelés, et pour cause, je me rend compte que l'eau a filtré sous le tapis de sol, et a mouillé le bout de mon duvet. Déjà que les fermetures éclairs ne marchent presque pas ... Quel matériel de merde ! Je n'ai vraiment pas de chance avec les tentes quand je pars en montagne (voir récit sur le Kilimanjaro).

Je me lève et sort pour prendre l'air, mais ça ne va pas mieux. Le mal de tête est toujours là, avec les cervicales en plus, toujours la nausée. Si je suis dans cette état cette nuit, ça ne va pas le faire... Finalement, je me force de vomir, je prend un maté de coca, et une heure plus tard, je me sens mieux, voire bien. Le ciel se dégagé vers 17h00, le soleil couchant nous offre un festival de lumière sur les montagnes et glaciers environnants. Notre guide nous prépare un dîner sommaire avant la nuit complète, mais je préfère ne rien manger pour ne pas prendre de risque au niveau de mon ventre. A 19h00, je suis dans mon duvet pour essayer de dormir un peu avant l'ascension finale.