29 avril 2008

PANORAMA DEPUIS LE CAMP 2 SUR LES PENTES DU HUAYNA POTOSI - BOLIVIE

8 heures avant l'ascension finale vers le sommet du Huayna Potosi. Nous venons d'arriver au camp n°2, à plus de 5000 mètres d'altitude. Malgré le soleil radieux, il fait très froid, un vent glacial balaye la crète sur laquelle nous sommes installés. A ce moment, je me sens encore bien malgré un léger mal de tête, loin d'imaginer le calvaire de la nuit ...




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LE HUAYNA POTOSI - ASCENSION VERS LE 2EME CAMP

PANORAMA SUR LA PAZ DEPUIS LE BORD DE L'ALTIPLANO - BOLIVIE

En route pour tenter l'ascension du Huayna Potosi, nous nous arrêtons au bord de la cuvette dans laquelle git La Paz. Les neiges éternelles de l'Illimani resplendissent au loin et me donne un avant goût de ce qui m'attend dans les prochaines heures.





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LE HUAYNA POTOSI - JOURNÉE D'ENTRAINEMENT SUR LE GLACIER

17 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - LE CAUCHEMARD DE L'ASCENSION VERS LE SOMMET

Mario vient nous réveiller à 23h45. Il me faut une bonne demi-heure pour mettre tout l'équipement : 3 épaisseurs de pull, un sous-pantalon thermique, un pantalon normal, la combinaison étanche, les chaussures, les gants, les guêtres, la cagoule thermique, et le baudrier.

Je me sens bien physiquement et moralement, et je prend juste un maté de coca avec une tartine de confiture avant de partir. Je vais au début du glacier pour enfiler mes crampons, et Mario prépare la cordée. Il est en premier, je suis derrière lui, Christophe est derrière moi, et Paulino, notre deuxième guide, ferme la marche. C'est parti pour presque 1000 mètres d'ascension qui devrait durer 6-7 heures.

 

Nous entamons la marche sur une langue de neige dure, dont la pente est déjà bien raide. Il n'y a pas besoin d'utiliser les torches frontales car la Lune, presque pleine, éclaire la montagne d'une pâle lueur blanchâtre que la neige reflète suffisamment pour nous permettre de voir le paysage. Pas un souffle de vent, juste le bruit de la neige qui crisse sous nos pieds. L'atmosphère est mystique.

Au bout de 20 minutes, je sens que mon estomac ne va pas bien. Je me demande si nous ne sommes pas parti un peu vite après le petit-déjeuner, mais rien de gênant. Un léger mal de tête reprend mais c'est normal car l'altitude augmente. Une fois en haut du glacier, nous faisons une pause, puis nous traversons un immense champ de neige en légère montée sur 500 mètres, avant que la pente reprenne de plus belle. Ca devient vraiment dur, mes jambes sont lourdes, les muscles des mollets douloureux, mes pieds sont gelés, et j'ai de plus en plus de mal à reprendre mon souffle. Je dois faire des tout petits pas pour arriver à avancer. A ce moment là, j'essaye de ne penser à rien, j'oublie toutes mes sensations, et j'avance tel un zombie dans la neige, mon piolet dans une main et la corde dans l'autre. Malgré cela, nous doublons deux autres cordées qui étaient parties avant nous.

Nous sautons une crevasse, et le chemin prend la direction d'une paroi de glace que nous allons devoir escalader. J'ai besoin de faire de plus en plus de pause, et à chaque fois, je dois lutter pour repartir. Mario, me demande souvent si je suis OK, et je répond toujours pas l'affirmative même si ce n'est pas vrai. Je veux aller au bout. Le mal de ventre me coupe les jambes, et je décide de me faire vomir (pas besoin de forcer) en espérant que c'est juste le petit-déjeuner qui ne passe pas. Aussitôt, je me sens un peu mieux et nous repartons.

Arrivée au pied du mur de glace, il faut patienter 15 minutes que le guide installe la corde et que je puisse me lancer à mon tour. Pendant ce temps, le froid pénètre mes 4 couches de vêtements. Les crampons permettent d'accrocher la glace suffisamment longtemps pour que je lance mon piolet, et que je me hisse un peu plus haut à chaque fois. C'est éprouvant mais c'est vraiment génial.

 

Nous marchons depuis 4 heures, et le sommet me semble encore loin. Nous reprenons la marche dans une pente ou la neige est plus molle. La nausée reprend, et à chaque pas, je dois faire appel à toute ma volonté pour lever mes jambes. La situation devient critique, car j'ai besoin d'une pause tous les 150 mètres. Quand le guide me demande si je veux continuer, je fais mine de ne pas l'entendre, et je donne le signal du départ dans un effort surhumain pour me relever. 100 mètres plus loin, je m'effondre à nouveau : j'ai l'impression que mon cerveau va exploser. A chaque respiration, les poumons me brûlent comme ça ne m'était jamais arrivé auparavant, l'envie de vomir est revenue, plus forte, et mes jambes de veulent plus obéir. Malgré toute la volonté et l'énergie que j'essaye d'aller chercher au fond de moi, tout mon corps dit "non". Je fixe le sommet pendant quelques secondes, et je m'entend dire alors "je redescend".

Mario me sépare de la cordée et continu avec Christophe. Paulino me fait passer devant et je reprend péniblement la marche en sens inverse. Alors que nous traversons le grand champ de neige plat, j'aperçois le camp au loin.



Je réalise alors vraiment pour la première fois depuis que j'ai prononcé mes dernière paroles de la nuit ce que je suis en train de faire. Et là, le craque, je pleure de déception. Je n'ose pas me retourner pour regarder le sommet qui commence sûrement à rougir avec les premières lueurs du soleil.
Les photographies suivantes ont été réalisées par Christophe lors de sa descente.







Dès que j'arrive au camp, je me fourre dans mon sac de couchage et j'essaye de dormir pour ne plus y penser. Sans succès. Je me sens physiquement mieux, mais moralement, c'est autre chose...  Quand les autres reviennent, je ne leur posent pas trop de questions, je préfère ne pas savoir ce que j'ai raté. A 10h00, nous refaisons nos sac, la tente est pliée, et nous prenons le chemin du camp de base. A 14h30, nous sommes de retour à La Paz. je retourne à l'hôtel ou j'ai laissé mes affaires, Christophe prend aussi une chambre, et nous retrouvons Jérôme qui a fait l'ascension en 2 jours.

 

L'après-midi est chargé : je dois retirer de l'argent, aller sur internet pour gérer mes comptes, prendre une assurance pour les 6 prochains mois, et surtout, je dois acheter mon billet de bus pour partir à Sucre dès demain. Mais une fois à la gare, j'apprend qu'il n'y a aucun départ possible en raison du blocage de la route par des manifestants. Les élections présidentielles sont dans 15 jours, et les revendication populaires vont bon train. Génial ... j'avais bien besoin de ça aujourd'hui. La seule solution consiste à faire un long détour par Cochabamba, d'où je pourrai prendre un autre bus pour Sucre.
Le soir, je vais prendre un verre avec Christophe et Jérôme. Je décide d'attendre encore  un jour pour partir de La Paz. De toute façon, il y a de quoi s'occuper ici.

16 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - ASCENSION VERS LE 2EME CAMP

Je n'ai pas dormi de la nuit malgré le relatif confort et la chaleur de ma "chambre". Je suis debout à 7h30, et je vais immédiatement jeter un oeil dehors. Le ciel est bleu, le Huayna Potosi est bien dégagé. Pourvu que ça soit comme ça demain matin aussi. Je vais me promener pour voir la vallée du Zongo depuis un promontoire rocheux derrière notre camp. Il fait assez chaud, environs 15 °C, mais dès que le soleil se cache derrière les nuages, la température chute de plus de 10 °C.

 

Aussitôt le petit déjeuner terminé, nous faisons nos sacs, avec tous le matériel nécessaire pour l'ascension. Le mien fait bien 15 kilogrammes, et je vais devoir le porter jusqu'au prochain camp, 400 mètres plus haut. Nous prenons la route à 10h00 en traversant le barrage hydraulique, et longeons le glacier sur lequel nous nous sommes entraînés la veille.



Puis nous grimpons sur une crête balayée par le vent froid. Au bout de la crête, il faut monter à pic dans un chemin de rochers éboulés. C'est une vrai galère pour ne pas se tordre les chevilles. Et avec mon sac sur le dos, je commence à le sentir passé. Pour couronner le tout, le ciel s'est couvert, et une fine grêle commence à tomber.



 

A midi, nous arrivons enfin au camp Alto Roca, à 5130 mètres. C'est un empilement de roches concassées sur une crête, rien de confortable. Un abris de pierre prometteur est en construction (dommage, je me voyais bien dormir dedans), et une tente en toile de jute bleue, constituent les seuls abris permanents. Mario, notre guide, installe notre tente sur un emplacement à peut près près plat, protégé du vent glacial.

 

Quelques heures après notre arrivée au camp, je commence à ressentir un bon mal de crâne, signe que le mal des montagnes arrive. J'ai des pilules préventives achetées à la pharmacie de La Paz, mais elles n'ont pas l'air de faire tellement d'effet. Petit à petit, je commence à avoir aussi envie de vomir. Je me force à avaler deux sandwichs car je dois prendre des forces pour l'ascension de cette nuit, puis je vais dormir dans la tente. La grêle tombe toujours, de plus en plus fort, les nuages on envahi le camp au point qu'on ne voit rien à plus de 10 mètres.
Dans mon duvet je n'arrive pas à me réchauffer. J'ai les pieds gelés, et pour cause, je me rend compte que l'eau a filtré sous le tapis de sol, et a mouillé le bout de mon duvet. Déjà que les fermetures éclairs ne marchent presque pas ... Quel matériel de merde ! Je n'ai vraiment pas de chance avec les tentes quand je pars en montagne (voir récit sur le Kilimanjaro).

Je me lève et sort pour prendre l'air, mais ça ne va pas mieux. Le mal de tête est toujours là, avec les cervicales en plus, toujours la nausée. Si je suis dans cette état cette nuit, ça ne va pas le faire... Finalement, je me force de vomir, je prend un maté de coca, et une heure plus tard, je me sens mieux, voire bien. Le ciel se dégagé vers 17h00, le soleil couchant nous offre un festival de lumière sur les montagnes et glaciers environnants. Notre guide nous prépare un dîner sommaire avant la nuit complète, mais je préfère ne rien manger pour ne pas prendre de risque au niveau de mon ventre. A 19h00, je suis dans mon duvet pour essayer de dormir un peu avant l'ascension finale.

 

15 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - JOURNEE D'ENTRAINEMENT SUR LE GLACIER

Je quitte Isabella ce matin. Elle prend la direction du Lac Titicaca, et je pars au nord de La Paz pour escalader le Huayna Potosi en 3 jours, une montagne à 6088 mètres, réputée facile d'accès par rapport à sa hauteur. J'ai rendez-vous à 9h00 à l'agence Adolfo Andino, pour récupérer tout le matériel de montagne que j'ai essayé la veille. J'en profite pour faire recoudre mon sac de couchage qui a un trou au bout. Nous embarquons dans une voiture avec le guide, Christophe et Jérôme, un autre français qui va tenter l'ascension en 2 jours seulement.

La route est superbe. Nous arrivons d'abord sur les hauteurs de La Paz, ce qui nous permet d'avoir un  panorama fantastique sur la ville, dominée par le majestueux Illimani.

Nous quittons la ville et nous retrouvons rapidement sur l'Altiplano, immense plaine désertique balayée par le vent. Le Huayna Potosi, pyramide enneigée impressionnante, apparaît au loin. Devant lui, des lacs aux eaux de couleur turquoise et des rives aux dégradés de rouge nous donnent l'impression de pénétrer dans un autre univers.

Nous passons devant un cimetière abandonné, depuis que la mine qui se trouvait à proximité a fermé. Toutes les tombes sont ouvertes, et certains cercueils ont même été sorties de leur emplacement.

Nous arrivons au camp de base à 4700 mètres d'altitude vers midi. Il se trouve à proximité d'un barrage hydraulique. Il y a une vue vertigineuse sur la vallée du Zongo, plus de 2000 mètres plus bas. Le camp se résume à une petite maison de gardien, avec un terrain de camping derrière.

Nous déjeunons et partons pour 1 heure de marche qui nous emmène au pied d'un glacier qui surplombe un petit lac, sur lequel nous allons nous entraîner a utiliser le matériel d'escalade. Nous chaussons les crampons, prenons les piolets, et nous voilà parti à l'assaut du glacier pendant 2 heures.

Avec l'altitude, chaque mouvement me fatigue 2 fois plus que la normale. Au bout de 10 minutes, le piolet est tellement lourd a projeter contre la glace, que je n'ai plus aucune précision dans le geste. Nous revenons au camp ou je fais la connaissance de Sylvain, un québécois. Avec Christophe qui est belge, la Francophonie est bien représentée ce soir.

Notre guide a monté la tente, mais je m'aperçois vite qu'elle ne ferme pas. La fermeture éclair est cassée. Ca me rappelle l'expérience du Kilimanjaro : pas question de revivre ce calvaire ! Du coup, je me débrouille pour dormir avec Christophe et Sylvain dans un local qui sert de cuisine, avec un chauffage de fortune (une résistance chauffante posée sur une brique), mais qui est appréciable, compte tenu de la température extérieure. A 20h00, tout le monde est couché.