11 mai 2006
JAVA - JAKARTA - LE MONUMENT NATIONAL, LES QUARTIERS DE KOTA ET GLODOK
La chaleur est tellement lourde a Jakarta et le ventilateur tellement inefficace que j'ai tres peu dormi cette nuit. Je me leve tot, prend un rapide petit-déjeuner, et je vais a la gare ferroviaire de Kambir d'ou partent les bus pour l'aéroport, histoire de repérer un peu a l'avance ce qui m'attend pour demain matin. La gare se trouve a une vingtaine de minutes a pied de Jalan Jalak, et comme souvent, c'est un endroit ou il est peu recommandé d'y trainer. Les mendiants et autres marginaux qui crechent dans les environs sont vite visibles, et l'odeur immonde qui arrive parfois a mes narines m'incite a faire au plus vite ce que j'ai a faire. Je trouve facilement l'arret des bus pour l'aéroport. Le trajet ne coute que 15 000 RPH et les premiers départs sont a 4h00, avec des bus toutes les demi-heures.
La gare ferroviaire se trouve sur l'un des cotés du Monument National, une tour de marbre culminant a plus de 50 metres de haut, plantée au milieu d'une immense place vers laquelle converge de larges avenues parfaitement adaptée a un défilé militaire. C'est l'une des dernieres oeuvres a la gloire de Soekarno commencée de son vivant, ancien Président emblématique d'Indonésie dont l'égo n'avait rien a envier a un Staline ou un Mao Ze Dong.
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La colone abrite un musée et un ascenseur qui emmene les touristes au sommet, ou se trouve une plateforme d'observation. Je paye les 5100 RPH d'entrée, et apres un rapide tour de la base, je me joins a la file d'attente pour l'ascenceur. Il y a surtout des groupes d'écoliers, je suis le seul touriste étranger. La vue depuis le sommet offre un beau panorama a 360 degrés sur le centre-ville.


J'y reste une demi-heure et redescent derriere un groupe de bonzes en tunique jaune. Puis je prend la direction du Nord de Jakarta ou se trouve le quartier de Kota, centre historique de la capitale autrefois appelé Batavia du temps de la colonisation hollandaise.
La distance est trop importante pour y aller a pied donc je lorgne sur les rares trishaw qui circulent. Le seul que je croise ne comprend pas ou je veux aller et il s'enfuit, plutot que de devoir faire une effort et prendre la course. Je monte dans un bemo ou la course ne me coute que 5000 RPH. Assise en face de moi se trouve une jeune musulmane couverte en noir de la tete au pied. Seuls ses yeux sont visibles. Ils n'expriment aucun appétit de la vie, aucune émotion, rien ... Ou plutot, si : je ne ressent que de la résignation, et de la gene devant mon regard inquisiteur. C'est la premiere fois que je vois ca. Je n'arrive pas a détacher mon regard d'elle. D'abord, d'un point de vue purement pratique, je me demande comment elle fait pour supporter cette couche de vetement par une telle chaleur moite ? Ca doit etre terrible pour elle. Puis un sentiment de désolation m'envahie. Elle me fait tellement de peine. J'ai envie de lui parler, de lui faire comprendre qu'il y a une autre vie possible qui l'attend, une vie de femme libre, mais c'est peut-etre son choix d'etre comme ca. Que puis-je faire si elle ne me sollicite pas ???
Le bemo remonte une longue avenue tres fréquentée qui pue les gaz d'échappement. Je n'en peux plus de cette pollution. Je suis devenu allergique. Le chauffeur m'indique l'arret en face du Café Batavia. C'est la. Une place sans intéret dans un quartier insalubre et surement dangereux apres 17h00, devant ce café de style colonial, seul vestige de l'époque d'une splendeur passée.

Des groupes d'étudiants en art peignent, a meme le sol sur une feuille de papier, le batiment en face d'eux qui est un musée réputé de Jakarta. Je jette un oeil par dessus leur épaule : ils sont vraiment tous nuls en peinture et en perspective d'architecture ! Ou alors tres débutants.
Je fais un tour dans les rues voisines en esperant trouver quelque chose digne d'intéret qui justifiera mon déplacement jusqu'ici, mais sans succes. Un pont enjambe un canal a l'odeur infecte qui donne presque envie de vomir, de nombreux batiments décrépis sont a 2 doigts de s'effondrer, voire ont commencé a le faire, et les vestiges d'architecture hollandaise ont quasiment disparu. Enfin, les gens ne m'inspirent pas confiance du tout.

Je reviens au Café Batavia a coté duquel se trouve un marché de vetements et chaussures. Tous les produits sont des grossieres contrefacons, au point que c'en est parfois hillarant, tel cette paire d'Adididas. Je m'achete une ceinture en cuir car j'en ai vraiment besoin. Je la fais raccourcir, je fais rajouter des trous, et voila une ceinture sur mesure !

L'heure du déjeuner approche et il n'y a rien qui me convient ici. Je commence a descendre la rue principale par laquelle je suis arrivé, longeant les arcades du quartier de Glodok, le quartier chinois. Des portraitistes beaucoup plus talentueux que les étudiants que j'ai vu 500 metres plus loin refont a l'identique des vieilles photos abimées dans un style tres chinois.

Je tourne dans une ruelle pour m'enfoncer dans ce monde particulier. La encore, pas l'ombre d'un touriste a part moi. Je reste dans les ruelles commercantes ou l'activité bat son plein avec des marchands de légumes et des stands de DVD pirates.

Je trouve meme le plus gros durian qu'il m'ai été donné de voir, ce fruit malodorant et au gout infecte dont rafolle les asiatiques.

Je débouche sur une large rue pietonne dont le centre jonché de débris en béton, derriere des fils barbelés, me donne l'impression d'avoir atterrit sur un champ de bataille. Ou apres un tremblement de terre peut-etre ? Cet endroit est bizarre. Je reviens sur l'avenue principale, je visite un dernier centre commercial ou ne se vendent que des pieces d'outillage, puis je prend le bus rouge Transjakarta dont m'a parlé hier Monti. Effectivement, c'est tres pratique : le couloir qui est réservé a sa circulation permet d'aller vite, la climatisation fait un bien fou, et cela ne coute que 3500 RPH pour revenir a mon domicile.

Je déjeune tardivement au Mac Donald, puis je vais dans le centre commercial m'acheter des chemises car les prix sont vraiment attractifs et je dois dépenser mes derniers roupiahs avant de quitter le pays. La pluie se met a tomber en meme temps que la nuit, donc je rentre a l'hotel prendre une bonne douche.
Il reste une chose qui me perturbe un peu : je dois me lever a 4h00 demain mais j'ai perdu mon horloge avec alarme. J'ai donc demandé au gérant de l'hotel de venir me réveiller demain matin, mais je n'ai pas confiance. Un mauvais pressentiment ... Je retourne donc au centre commercial acheter une petite horloge de voyage qui me coute une fortune pour ce que c'est (100 000 RPH) mais rater mon avion pour Batam me reviendrai encore plus cher.
Il ne me reste plus qu'a faire mon sac avant d'aller diner. Je me débarrasse de quelques t-shirts inutiles en bon état, et d'autres objets dont je n'aurais plus l'utilisation pour la fin du voyage. Je les met dans un sac plastique, et donne le tout au gérant de l'hotel en lui demandant de les remettre a uner personne pauvre qu'il connait. J'espere qu'il ne gardera pas tout pour lui.
20:47 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, jakarta, kota, glodok
10 mai 2006
JAVA - JAKARTA - ORGANISATION, SHOPPING ET DINER AU J.W. MARRIOTT
J'ai passé une nuit horrible en raison de la chaleur et de l'humidité. Impossible de m'endormir profondement.
La priorité de la journée va a l'organisation de mes prochains vols en avion : celui pour aller a Singapour, et celui pour ... pour ... j'arrive pas a l'écrire... celui pour rentrer en France. J'entre dans une agence de voyage de Jalan Jalak (ma rue), et achete un billet d'avion pour Batam (420 000 RPH, soit 40 euros), petite ile indonésienne a 30 kilometres au Sud de Singapour. Apres, il n'y a plus qu'a prendre le ferry, et le trajet total me coutera 3 fois moins cher que si j'avais acheté un aller direct pour Singapour.

Ceci fait, je prend la direction du bureau de British Airways, seule compagnie habilitée a effectuer un changement sur mon billet Tour du Monde. Bien sur, comme a chaque fois que j'ai du aller les voir, leur bureau a changé d'endRoit. Il ne se trouve plus avec Qantas, comme c'est spécifié dans le Lonely Planet. Je demande a tout hasard au gars de Qantas s'il peut imprimer mon nouveau billet. Il met du temps a comprendre que j'ai changé 2 fois de point de départ (Madras puis Bangkok, et finalement Singapour). Au bout du compte, il fait une copie de mon billet et l'envoi par fax a la nouvelle adreJsse de British Airways ou je dois me rendre. Et bien sur, c'est a perpette ! Hors de question de me faire encore arnaquer par un taxi local, donc je trouve un taxi-mobilette qui m'y emmene pour une somme raisonnable. La fille de British Airways est ultra lente. Elle tapote sans cesse sur son clavier, mai je me demande bien pour écrire quoi, car mon agence de voyage a déja fait tous les changements dans le systeme centralisé. Il n'y a qu'a imprimer mon nouveau billet normalement. 1 heures plus tard, apres avoir paye 125 USD supplémentaires, je sors enfin avec mon nouveau billet en poche. Le choc thermique entre l'air frais du batiment climatisé et la chaleur moite de Jakarta n'est pas tres agréable. Voila, l'essentiel est fait, je peux passser a la deuxieme étape : l'achat de mes souvenirs et des vetements.
Je me rend au centre commercial a proximité mais il n'y a pas du tout ce que je veux. Comme dans la rue, les différents types de marchandises sont organisés par étage. Un étage entier, grand comme un terrain de footbal, ne contient que des petits stands de téléphones mobiles neufs et d'occasion. Un vrai capharnaum ! Viens ensuite l'étage des ordinateurs et accessoires informatiques, l'étage des restaurants ou je m'installe pour le déjeuner car la vue y est chouette, l'étage des DVD et CD pirates, etc. Ce n'est pas tres dur de s'y retrouver, mais pour faire un choix, c'est une autre affaire.


A 14h00, j'appelle Monti, et elle me donne rendez-vous a 15H30 dans le lobby du J.W. Marriott juste en face du centre commercial. c'est la-bas qu'a eu lieu le second attentat en Indonésie apres celui de Bali. En attendant, je monte au dernier étage ou se trouve la parking a ciel ouvert (d'habitude les parkings sont souterrains, mais ici, c'est comme ca). Cela me permet de bénéficier d'une belle vue panoramique sur Jakarta et de voir le nuage de pollution qui plane sur la ville. Les tours du centre d'affaires ne sont qu'a quelques kilometres de moi, mais je ne peux que deviner leur silouhette grise.

Des petits bidonvilles sont intercalés entre les tours, sur les terrains vagues promis a un grand avenir immobilier.

Je retourne dans les étages inférieurs puis me dirige vers le Marriott. Monti est déja la, tres éléguante dans une grande robe blanche avec des chaussures a talon, moi, j'ai mon treillis de routard avec mon t-shirt rouge délavé et mes chaussures de trek ... Cherchez l'erreur ! Elle est super contente de me revoir. Je lui explique que je dois encore acheter des souvenirs et de vetements. Comme elle a sa voiture, elle me propose de m'accompagner, ce que je ne refuse pas car elle va me faire gagner beaucoup de temps.
Nous partons donc dons les embouteillages vers le Blok M, un immense centre commercial ou je dois pouvoir trouver mon bonheur. Effectivement, l'étage consacré a l'artisanat possede absolument tout ce qu'il est possible de trouver en Indonésie. J'achete un masque de Barong, une danse traditionnelle balinaise, et un masque javanais. Nous allons ensuite a l'étage du pret-a-porter masculin ou elle me montre directement le coin des affaires : des chemises de marque pour 15 euros l'unité. J'en prend 3, et nous repartons au bout de 15 minutes, en passant pas l´étage de la mode musulmane. C'est tellement plus simple quand on fait ses activités avec les locaux .

L'oncle de Monti l'a appelé et nous a proposé de le rejoindre au restaurant du Marriott ou il donne un buffet a l'occasion de son 70eme anniversaire. Nous sommes cordialement invités et je ne me fais pas prier pour accepter l'invitation. Je dois juste mettre une tenu correcte. Monti me raccompagne donc a mon hotel, ou je prend une douche en 30 secondes, saute dans un jean, et met l'une des chemises que je viens d'acheter. Ca fait plus d'un an que je n'en avait pas mis une ! Ca fait plaisir de se sentir a nouveau présentable.
Le buffet du Marriott est fabuleux. Il y a plus 5 types de cuisine disponibles. L'oncle de Monti passe nous voir a notre table alors que je suis en train de choisir un vin. Il me précise immédiatement que je peux prendre ce que je veux. Je comptais justement payer le vin pour remercier Monti, mais apparament, ce soir mon porte-monnaie en au repos. Son oncle repasse une deuxieme fois a notre table accompagné du Chef. La réputation francaise a fait son effet... Quelques minutes plus tard, un médaillon de foie gras poellé parfait arrive sous mon nez, et le régal commence. Ce fut le meilleur diner depuis que je suis parti de France.
Monti me raccompagne a mon hotel. Elle repart demain a Yogyakarta en voiture, puis s'envole dans la foulée pour Bali avec Birgit, Anton et Joko. Y'a pas a dire, c'est cool la vie d'étudiant en Indonésie !
07:07 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, jakarta, java
07 mai 2006
JAVA - PANGANDARAN - EXPLORATION DES ENVIRONS EN MOBILETTE
Quand j'ouvre les yeux ce matin, c'est le déluge dehors. Hors de question d'aller me promener en mobilette avec les autres par ce temps la. Le rendez-vous est au Cantik Bar a 10h00, et il pleut encore quand je m'y rend. Les autres sont déja la. Nicole, Natna et moi étant peu motivés pour partir avec ce temps, nous attendons jusqu'a 10h30 que ca se calme, et nous décidons de tenter le coup sous un petit crachin qui semble faiblir. Je conduis une mobilette avec Nicole derriere moi en direction du Green Canyon. Malheureusement, au bout de quelques kilometres, la pluie repart de plus belle et nous nous abritons sous une station-essence pour prendre une décision. Si nous continuons dans cette direction, nous foncons droit sur la tempete, si nous allons dans le sens opposé, quelques morceaux de ciel bleu nous laissent espérer une meilleure météo. Le choix n'est pas difficile... Nous chamboulons donc les plans et allons voir une plage située dans un Parc National.
La route serpente dans la foret traverse quelques hameaux traditionnels. Il faut payer un léger droit d'entrée pour accéder a la plage qui se trouve dans un Parc National. L'endroit est tres fréquenté par les touristes indonésiens qui viennent passer 5 minutes ici avant de remonter dans leur bus. Du haut d'un promontoire, j'ai une vue superbe sur une plage grise qui s'étend a perte de vue de part et d'autre. Les vagues déferlent en créant des lignes d'écume blanche qui glissent sur plusieurs centaines de metres avant d'atteindre le sable.

Nous descendons sur la plage et la carte postale révele son vrai visage : des kilometres de déchets en plastique jonchent le sable. Quel gachis. Malgré ca, Natna et Dewi s'installent a l'ombre dans un coin a peu pres propre. Je vais me promener pour voir si ca s'améliore un peu plus loin mais il n'y a rien a esperer de ce coté la. Comme tout pays en voie de développement qui se respecte, le respect de l'environnement est une préoccupation qui se place bien loin derriere celles liées a la satisfaction des besoins élémentaires de la population : manger et gagner de l'argent, pour le reste, on verra plus tard !

J'observe quelques beaux specimen de crabes qui se balladent pendant ques les autres vont gouter les vagues. Nous restons la une heure, puis nous repartons dvers notre destination initiale car le ciel s'est largement éclaircit.


Au bout d'une demi-heure de route, nous quittons l'asphalte pour emprunter d'étroites petites routes de campagnes ou seules les mobilettes peuvent circuler. Ca se transforme en chemin de terre qui zizague entre les maisons construites dans l'ombre de la végétation. J'ai l'impression de rouler dans les jardins des uns et des autres. Nous débouchons sur une superbe lagune aux eaux dormantes séparée de la mer par un fin bras de terre. Derriere, les vagues font entendre leur rugissement sans que nous puissions les voir.



Une longue passerelle en bambou permet d'accéder a une sorte de village sur pilotis construit en plein milieu de la lagune. Tout autour se trouvent des plateformes de peche traditionnelle.

Nous accédons au village et nous installons sous une hutte. L'endroit est paisible a souhait. Entres les huttes reliées par des petites passerelles, se trouvent des filets qui tiennent captifs les poissons de la peche precédente. Il suffit de choisir ce que nous voulons et cela arrivera dans notre assiette dans quelques minutes plus tard. Nous faisons une commande groupée. Le temps que notre repas arrive, je vais visiter les installations puis je reviens a notre hutte ou l'envie de faire une sieste dans ce petit coin de paradis a déja effleuré tout le monde.


Un thé nous est servit et quand le déjeuner arrive, nous nous régalons. Tout est posé au milieu, chacun se sert et mange avec les doigts comme il est d'usage de le faire ici, apres s'etre lavé les mains dans un petit bol avec de l'eau citronnée. Le repas nous coute 22 000 RPH chacun (2 euros), une aubaine pour un poisson aussi frais et délicieux !
Je serai bien resté sur ce paisible village flottant quelques heures de plus, mais de gros nuages gris refont leur apparition et nous préférons rentrer a Pangandaran avant que cela se gate. Chacun vaque a ses occupations, et je garde la mobilette pour aller au Café Internet. Je la ramene ensuite a Dewi qui est toujours au bar, je vias prendre une douche et tous le monde se rejoint pour le diner et une derniere soirée tous ensemble. Comme Erik et Matias partent demain pour le Sud de Java puis Bali, je leur donne des conseils sur l'itinéraire.
10:53 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, java, pangadaran, plage, pêcheur
06 mai 2006
JAVA- PANGANDARAN - LA VIE SUR LA PLAGE
Je me suis réveillé a minuit avec l'oeil gauche tellement enflé que je ne pouvais plus l'ouvrir. Déja hier, je ressentais une gene que j'attribuais a une poussiere. Finalement, c'est un peu plus grave : j'ai du etre piqué par un insecte et ca s'est infecté. J'arrive a me rendormir, mais ce n'est pas un sommeil n'est pas tres reposant et je traine au lit jusqu'a 10h00. Je me fais servir le petit-déjeuenr sur ma terrase privative, je donne des affaires a laver, et je pars explorer ce bled qu'est Pangadaran, considéré comme LA station balnéaire de Java. Les rues sont toujours aussi vides. Je pensais que les touristes indonésiens allaient débarquer par bus entiers de Jakarta ce matin, mais il ne sont pas encore arrivés. Tant mieux !
Je vais 1 heure sur Internet et repars en observation de la vie locale. Malgré mon oeil amputé, ca ne m'empeche pas de voir ce superbe side-car local, bricolé avec un vieux Vespa et une carlingue d'auto-tamponneuse. A part la peinture, il faut avouer que c'est du beau travail !

Je me dirige vers la plage, aussi vide que les rues. Pourtant, la profusion de boui-bouis et d'étals de vetements indiquent qu'une activité frénétique a lieu ici, parfois. Serait-ce un effet secondaire des attentats de Bali et Jakarta ?


Je reviendrai plus tard, je vais d'abord déjeuner dans le Café Bamboo en face de la plage, de l'autre coté de la route. La serveuse prend ma commande et vient s'assoir discuter avec moi, le temps que mon plat arrive. Dewi est une indonésienne modele réduit (1,40 m), 34 ans, travaillant a Jakarta. Elle a perdu son job il y a 2 mois, avec un salaire de 200 000 RPH/mois (soit un peu moins de 20 euros), pas assez pour rester vivre a Jakarta ou la vie est chere. Elle est donc venue ici pour aider son ami qui tient le restaurant, le temps de trouver un autre travail.
Programme de l'apres-midi : me trouver un coin tranquille sur la plage pour lire, dormir, observer les gens ... profiter de mes derniers jours de voyage quoi !
Je croise des gosses qui jouent a s'enterrer dans le sable. Au fur-et-a-mesure que je m'approche, je me rend compte que le ptit gars qui sert de cobaye s'est fait mettre des seins en sable, et son copain lui "greffe" un penis au moment ou j'arrive. Futur ladyboy ?

Je m'installe sur un banc en bois au milieu de la plage, face a la mer. Parfait ! J'y reste 3 heures, profitant sans risque du soleil qui joue a cache-cache avec les nuages. Lorsque je commence re-prendre conscience du monde autour de moi, je m'apercois que la plage s'est remplie de touristes indonésiens pendant que je dormais. Un groupe de 15 adultes marche a 30 metre de mon banc, un homme dirige son camescope sur moi. Je parie que dans 30 secondes ils vont tous venir... Bingo ! Toutes les femmes, en djelabbah et voile sur la tete, viennent s'assoir autours de moi et semblent beaucoup s'amuser de ma présence. Le camescope toujours braqué dans ma direction, je fais des grimaces et tire la langue, histoire d'agrémenter leur souvenir de week-end. Ca me met quand meme un peu mal a l'aise de se sentir une bete de foire. D'habitude, c'est moi qui shoote, et je me dis que si les gens ressentent la meme chose quand je les prend en photo, c'est pas tres cool.
Je reste sur mon banc jusqu'a ce que le ciel soit completement couvert, puis je pars marcher le long de la plage pour observer ces curieux touristes qui se baignent tout habillés. Ce n'est pas pour se protéger du soleil, ca c'est sur ! Quelques hommes qui jouent dans les vagues sont torse-nue, mais toutes les femmes, de la plus jeune a la plus vieille, sont couvertes de la tete au pied. Meme pour faire du body-board, elles gardent un t-shirt et un pantalon de bain.

Peu apres, j'apercois une petite fille musulmane adorable qui s'amuse dans l'eau, et elle vient vers moi des qu'elle voit que je la prend en photo. Elle me regarde avec des grands yeux innocents et curieux, et m'offre un superbe sourire. Sa soeur, qui doit avoir 12 ans pas plus, arrive avec une branche et se met a courrir derriere elle en la fouettant pour la faire déguerpir de devant mon objectif. Je l'aurai bien attrapée pour qu'elle arrete, mais je n'ai pas a m'en méler, surtout si les parents ne sont pas loin.

La voiture des garde-cotes arrive : un modele "Alerte a Malibu" local en piteux état qui fait hurler sa sirene pour indiquer aux gens de sortir de l'eau car la marrée descend et crée de forts courants qui partent vers le large.

Il commence a faire vraiment sombre, et je rentre a mon hotel pour prendre une douche. Une femme vient m'offrir ses services de massage alors que je sirote un thé devant ma chambre, mais je refuse gentiment et je m'endors jusqu'a ce que le raffut commence. La transformation de Pangandaran qui avait commencée aux alentours de 15h00 avec l'arrivée des touristes indonésiens sur la plage vient de prendre un nouveau tournant : le village endormi est maintenant un karaoké géant. Des voix horribles qui s'évertuent sans succes a etre mélodieuses raisonnent dans la nuit sur un fond musical des boites a rythmes. Quelle cacophonie ! Meme ma chambre a Kuta était plus tranquille. J'essaye de me rendormir un peu en attendant que la pluie cesse pour aller manger mais c'est impossible. J'allume donc la télévision et je commence a regarder Speed 2 : Cruise Control. Toutes les 15 minutes, le film est coupé pendant plus de 5 minutes pour laisser place a la publicités, c'est insuportable. A chaque fois, il y a au moins un spot pour des serviettes hygiéniques, un spot pour un médicament contre les regles douleureuses, un spot pour des vitamines, et un autre pour une marque de téléphonie mobile nationale.
La pluie ayant cessé, je vais au restaurant Cantik, juste a coté de mon hotel. Je retrouve Dewi qui vient discuter avec moi et continue de me raconter sa vie : elle est divorcée d'un allemand qui lui a fait 1 gosse et qui est rentré chez lui apres. Quand je lui dis que je veux aller au Green canyon demain, elle me fait rencontrer Nicole, une anglaise de 38 ans qui est assise un peu plus loin. Elle y va demain avec 2 hollandais, Erik et Matias, qui sont la aussi. Nous formons donc un groupe pour y aller, et Dewi nous accompagnera en tant que guide avec son amie Natna, une autre fille indonésienne qui vit en Allemagne et qui revient en Indonésie tous les ans. Elle est avec sa "girlfriend", l'allemande blonde que j'avais remarqué hier. Je passe une bonne soirée a faire connaissance avec mes futurs compagnons de barroude.
10:29 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, java, pangadaran, plage
05 mai 2006
JAVA - TRAJET EN BUS DE YOGYAKARTA A PANGANDARAN
J'ai eu à peine 3 heures de sommeil mais l'excitation du départ m'aider a fonce sous la douche pour me réveiller. J'engloutis mon pancake a la banane en 1 minute, je paye l'hotel et je me rend au bureau de l'agence de voyage a 50 metres dans la ruelle. Le gars se souvient de moi, et me fait assoir pour attendre le bus. A 7h30, il me fait signe qu'il arrive et je me leve pour aller sur la rue principale, mais c'est un fausse alerte. Je reste a patienter sur le trottoir, assis sur mon sac a dos. 8H00 passe, heure prévue du départ, mais toujours pas de bus en vue. Il devait deja passer me prendre 7h30... Ca s'annonce mal. Je me vois déja en train de raler pour demander le remboursement du billet, et de monter dans un taxi pour aller a la gare routiere et attraper le premier bus pour Pangadaran. 8h15 passe, 8H30 arrive, et le gars de l'agence s'agite quand un bemo tout pourri, peint en rose approche. Ca, c'est pour moi. Gagné! Il se gare. Pour le prix que j'ai payé, je m'attendais a un bus privé de luxe, dans le genre de celui pour aller a Semarang. Cruelle désillusion. Il n'´y a que 2 personnes a l'interieur en plus de moi, donc j'ai de la place a l'arriere. L'essentiel est que j'Arrive a temps a Cilacap pour avoir le ferry de 13h00 qui va a Majinklak, d'ou je prendrai un bus local pour Pangandaran.
Nous partons de suite sans récupérer d'autres personnes au passage, ce qui m'arrange car je suis déja assez en retard et je ne veux pas stresser pendant 4 heures. La chaleur est étouffante par cette belle journée, ca ne m'aide pas pour m'endormir. En plus, l'indonésien de devant, passe derriere et commence a vouloir discuter avec moi. Je me prete au jeu l'espace d'une demi-heure, mais mon envie de dormir l'emporte rapidement. A 11h00, nous faisons un premier arret de 15 minutes dans une gare routiere que j'identifie comme étant dans un bled a mi-chemin de Cilacap. Le timimg va etre court. Je ne me rendors pas, j'essaye de voir comment nous progressons sur la carte de la région du Lonely Planet mais celle-ci n'est pas assez détaillée. Jusqu'a ce que je vois enfin un panneau "Cilacap - 31 km", je n'ai aucune idée d'ou nous sommes. Il est alors 12h30. A raison d'1 kilometre par minute, ca devrai le faire. Sauf que bien sur, on commence par faire un détour par des petites rues pour déposer l'indonésien a son domicile, puis nous faisons un nouvel arret pour déposer un colis, puis les feux rouges s'y mettent. Je m'assure que le chauffeur a bien compris que je veux aller au port d'embarquement de ferries pour prendre celui de 13h00 et qu'il ferait mieux de se dépecher car il est 12h59 ! Il ne conprend pas l'anglais, ca sent de plus en plus le roussi ...
Nous arrivons a l'entrée d'un port : je saute du van, fais signe au chauffeur d'attendre, et je vais demander a un agent au poste de sécurité si c'est bien ici pour le ferry qui va a Majinklak. Non, c'est ailleurs et il donne la direction au chauffeur. C'est reparti pour un tour, il est maintenant 13h10. Nous arrivons a 13h20 devant un ponton d'embarquement avec un bateau sur lequel est écrit "Indonesian Ferry". YES !! Ca doit etre ca, il n'est pas encore parti. Et Il ne partira jamais ... L'agent portuaire explique que le service de ferry est interrompu depuis plus d'un an. La seule solution pour moi est d'affreter un bateau en bois, mais ca va couter une fortune. Tout ca pour ca ! Je ne passerai pas par le chenal avec les backwaters, mais au moins j'ai tenté le coup, c'est sans regrets.
Je remonte donc dans mon bemo privé et il ne me reste plus qu'a aller a la gare routiere pour prendre un bus direct pour Pangandaran. Le prochain part dans 20 minutes, c'est un mini-bus assez déglingué car il sert transporter tout et n'importe quoi. Je demande le prix et on m'annonce "Three thousand roupiahs". Pas cher pour 3 heures de trajet ! Ca m'étonne un peu mais je vais bien voir. Je mets mon sac a l'arriere, et m'aprette a aller chercher a manger, mais le moteur demarre. C'est plus dans 20 minutes le départ ? J'embarque, je creve de faim. Lorsqu'il faut payer, je prépare mes 3000 RPH, et quand je les tend au gars, il me regarde d'un drole d'air et me les rend. Bah quoi ? T'en veux pas ? Un vieux a coté rigole et me fais comprendre qu'il veut 3 billets de 10 000 RPH et non pas de 1000 RPH. J'en étais sur : le gars a confond "three thousand" et "thirty thousand". Je paye, et j'essaye de m'endormir, blasé. La route est ultra cahotique et je fais parfois des bonds 15 cm sur mon siege. Pourvu que ca ne soit pas comme ca pendant 3 heures. Ca me rapelle le bus pour Dar-es-Salaam en Tanzanie (lien hypertexte): une des pires route que j'ai eu, pendant 8 heures, avec une diarhée a gérer... Ca me semble hier et pourtant, c'était il y a plus de 8 mois.
Le temps est long, j'ai hate d'arriver maintenant, mais la carte géographique de mon guide fait toujours défaut. Je regarde donc le paysage défiler sous mes yeux et me dit en souriant ironiquement que dans quelques semaines, je serai pret a payer cher pour etre a nouveau dans ce bus pourri. En attendant, je vais glandouiller quelques jours au bord de la mer, histoire de bien me relaxer une derniere fois avant de plonger dans le tumulte urbain de Jakarta, puis Singapour, et Paris.
A 16h30, la mer apparait enfin et j'arrive a Pangandaran. Il aura fallu 8 heures pour faire 200 kilometres (a vol d'oiseau). Je parcours a pied le dernier kilometre qui me sépare de l'hotel Puri Sakura que j'ai choisi, a 100 metres de la plage dans une petite allée. La chambre est propre, bien décorée, avec une vrai douche (eau froide), et un lit confortable. Je négocie le prix de 65 000 a 55 000 RPH, et je pose enfin mon sac. Je suis arrivé ! Je sirote mon thé de bienvenue en discutant avec un local qui fait office de guide touristique, puis je vais faire un tour pour avoir un premier apercu de la ville. C'est tres calme, pas un touriste étranger a part moi, exactement ce qu'il me fallait ! Je rentre prendre une douche, puis je vais diner au Café Bambou ou les premiers touristes apparaissent. Des allemandes, dont l'une tres typée indonésiennes. Si elles sont la pour le week-end, je mets ma main a couper qu'on va vite se recroiser. Je n'ai qu'une envie apres m'etre bien rempli le ventre, c'est d'aller dormir. Malgré le fait d'etre vendredi soir, et qu'il pourrait y avoir un peu d'animation, je ne resiste pas a l'appel de la couette et je vais me coucher a 22h00.
10:50 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, java, yogyakarta, bus
04 mai 2006
JAVA - YOGYAKARTA- BECAK STORY ET L'ARTISANAT SUR JALAN MALIOBORO
Décu par le fait de ne pas avoir pu aller au Plateau de Dieng, je n'ai pas envie de rester a rien faire de la journée. Je décide donc de partir en "expédition photo" pour la journée. J'ai un super oeil aujourd'hui, je vois pleins de scenes et de détails intéressants de la vie quotidienne que j'avais tous les jours sous le nez, mais que je n'avais jamais percu jusqu'alors. C'est bon signe !
Je commence avec la vie des becaks, ces cyclo-pousses qui pullulent dans Yogyakarta plus que dans n'importe quelle autre ville d'Indonésie. Ils sont garés partout, en rang d'oignon ou de maniere completement anarchique. Ils sont a tous les coins de rues, a toutes les sorties de ruelles ou de centre commerciaux, devant tous les batiments ou les allers et venus sont importants.

On peut monter seul dedans, ou a 4 en meme temps, ca ne leur fait pas peur. Ils vous emmenent lentement mais surement dans le moindre recoin de la ville, a la seule force des mollets. Et leurs mollets sont rarement plus gros que mon avant-bras. Quel est donc leur secret ?

Les proprietaires de becaks vivent dans leur becak, souvent décoré de maniere personalisée via une petite fresque peinte sur les garde-boues. Ils y dorment une grande partie de la journée dans l'attente d'un client potentiel, ils lisent dedans, discutent avec leur voisin becak. Ils regardent l'activité de la ville se dérouler devant leur roues, en helant de temps en temps quelqu'un qui pourrait avoir besoin de leur service. En tant que touriste, heuuu ...non.... en tant que voyageur, je suis une cible privilégiée, et il est impossible de marcher 100 metres sans entendre un "Hello Mister ! Becak ?"

Jalan Malioboro est une des rues principale de Yogyakarta et réunit une grande quantité de becaks le long du couloir qui est spécialement destiné a leur circulation.

Tout du long de ses arcades s'alignent une quantité impressionante d'étals et de magasins de vetements batik, d'artisanat en tout genre. Je m'y promene appareil photo en main, essayant de faire un panel représentatif de ce que j'ai sous les yeux.
Des vetements au motifs locaux.

Pour avoir la tenue locale complete, il ne faut pas oublier les sandales assorties.

Les vetement, c'est plus confortable quand on dort dessus que dedans.

Les masques traditionnels javanais sont haut en couleurs, mais bien moins beaux que ceux de Bali.

Les bijoux a base de graines et autres matieres premieres naturelles sont particulierement bien fait.

Cet abat-jour en osier tressé représente un fantastique travail d'artisanat.

Il y a aussi des objets de moins bon gout tels ces cendriers humains. Notez celui en forme de bouche ouverte particulierement réussi. Pas une seule carrie !

Alors que je fais une pause, un groupe de 7 adolescentes voilées, tout sourire, me saute dessus. "S'il vous plait Monsieur, nous faisons une interview pour l'école, est ce que vous pouvez répondre a nos questions ?". C'est classique ici : pour faire pratiquer l'anglais a leurs étudiants, les professeurs les envoient en commando dans les quartiers touristiques pour parler avec les étrangers. Le questionnaire est vraiment basique et je dois répondre dans un microphone car la conversation est enregistrée. Une photo pour clore le tout et me voila a nouveau libre.

Suite de la journée dans l'article :
Java - Yogyakarta - Dans les entrailles du marché local
13:17 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, java, yogyakarta, becak, artisanat
15 avril 2006
BALI - AMED - PLONGEE DANS L'EPAVE DE L'USS LIBERTY ET LES FABULEUSES RIZIERES EN TERRASSES DE TIRTAGANGGA
Le réveil est dur ce matin (6h45) mais la plongée qui m'attend devrait m'aider a me réveiller. Je mets 25 minutes pour rejoindre Tulamben sur ma mobilette, sous un beau ciel bleu. Il fait déja tres chaud.
Je fais connaissance avec Tulak le maitre de plongée, et avec Melvyn, un singapourien de mon age qui sera mon partenaire. Tulak me montre un plan de l'épave pour m'expliquer ce que nous allons faire et voir. Le Liberty est un bateau cargo armé americain qui a été touché par une torpille japonaise en janvier 1942. Il fut remorqué jusqu'a la plage pour etre évacué avec succes et resta la jusqu'en 1963, date de la derniere éruption du Gunung Agung. L'onde de choc le fit glisser en dessous de la surface de l'eau, et l'épave et devenu un paradis pour la faune marine.
C'est la premiere fois que je fais une plongé en partant de la plage. L'eau est a 29° C et la visibilité est bien supérieure a 15 metres. Je n'avais jamais eu de telles conditions jusqu'alors. Au fur-et-a-mesure que nous avancons en longeant le fond qui descend lentement, une masse sombre se matérialise devant nous. Lorsque nous sommes a quelques metres, je prend seulement conscience de la taille du bateau. La sensation est géniale. Nous faisons le tour par le coté ou se trouve le pont, passant un canon dont le tube est completement envahi de superbes coraux branchiformes blancs. Toute l'épave en est recouverte. D'autres coraux en forme de vase mesurent jusqu'a plus d'1,5 metre. Et bien sur, la multitude de poissons qui vient se nourrir ici paracheve le spectacle. Je n'avais jamais vu ca avant, c'est fantastique. Nous passons entre les pieces métallique, et pénétrons dans la coque éventrée du bateau ou la visibilité reste parfaite. Nous arrivons a la proue ou se trouve un autre canon, cassée net et un peu éloignée du reste du bateau. Nous revenons par l'extérieur de la coque tapissé de coraux et autres étranges formes de vie marine. Je tombe meme nez-a-nez avec une tortue d'un metre, et quelques minutes plus tard avec un gros Napoleon de 1,5 metres dont je n'ose pas m'approcher. J'aurai pu rester des heures dans cette épave qui représente ma plus belle plongée, mais nous remontons au bout de 45 minutes vers la plage.
Il faut faire une pause d'une heure avant d'enchainer sur la plongée suivante, le temps que l'organisme élimine les bulles d'azote dans le sang. Je discute avec Melvyn qui se fait ici une semaine de vacance "speciale plongée". Je vais m'acheter un snack et nous repartons, toujours a pied en suivant la plage, vers le second site appellé "The Wall", un mur de coraux qui plonge a plus de 60 metres. En me mettant face au mur, j'ai un vide total sous moi jusqu'a ne plus distinguer la paroie qui s'enfonce dans les profondeurs marine. J'adore cette sensation de flotter dans le vide, comme si j'étais en apesanteur dans l'espace. Je me mets la tete en bas juste au dessus des coraux pour les observer de plus pres, puis je me rétablis doucement en suivant un banc de poissons. Je vois un beau poisson-lion rouge avec ses multiples nageoires qui forment une sorte de voile autours de lui, puis un poisson-tigre marron. Je monte, je descend, pirouette, je m´éclate quoi ! "The Wall" est magnifique a tout points de vue, mais apres la plongée dans l'épave, ca ne me procure pas le meme effet non plus. Il aurait fallu le faire en sens inverse pour apprécier chaque plongée a sa juste valeur. Quoiqu'il en soit, la cote Nord de Bali représente un lieu de plongée et de snorkeling a ne louper sous aucun prétexte.
A 11h30, je retourne sur Amed pour déjeuner dans un petit restaurant dont le gars est super sympa. Je l'avais déja repéré hier et a chaque fois que je passais devant, c'était toujours vide. Je dois etre son premier client depuis au moins 2 jours !
Je vais faire un tour sur la plage pour aller voir les bateaux des pecheurs. Il y en a des centaines, tous en bois et ayant cette forme particuliere de trimaran. La partie centrale est extremement étroite, a peine de quoi s'assoir et étendre ses jambes. Les proues sont souvent peintes de maniere a représenter une tete de "je ne sais quelle divinité".


Je pars ensuite pour Tirtagangga, a une quinzaine de kilometres d'Amed. Les plus belles rizieres en terrasse de Bali sont censées etre la-bas. La route monte entre les collines et offre un superbe panorama jusqu'a la mer. Avant meme d'arriver a Tirtagangga, des terrrasses offrent déja un bel apercu de ce qui m'attend.

Je traverse quelques hameaux dont les habitants sont des menuisiers spécialisés dans la réalisation de ces petits autels en bois que l'on retrouve dans tous les temples.

Lorsque j'arrive a Tirtagangga, c'est l'éblouissement devant le spectacle qui s'offre a moi. Les terrasses innondées s'étendant a perte de vue crées un patchwork de mirroirs séparés par des fines lamelles de gazon qui suivent scrupuleusement les courbes de niveau de la montagne. J'attendais de voir ca depuis mon arrivée en Indonésie. Je parcours tres lentement la route qui surplombe ce chef d'oeuvre crée par l'homme en m'arretant tous les 10 metres pour prendre des photos.


Je continue sur la meme route jusqu'a Amlapura ou je m'arrete pour m'acheter une glace, puis je prend le chemin du retour en passant par une petite route qui traverse des villages traditionnels.

Je me perd et je reviens sur Tirtagangga ou je cede a la tentation de me prendre un rafraichissement dans un petit restaurant installé sur un promontoire qui domine les rizieres.


Je rentre tranquillement a Amed avant la tombée de la nuit, et je retourne au meme restaurant que celui de ce midi pour diner.
10:02 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : indonésie, bali, amed, bareau, plongée sous-marine, tirtagangga, rizières
14 avril 2006
BALI - ASCENSION DU VOLCAN GUNUNG BATUR ET LA ROUTE POUR AMED
Un employé de l'hotel frappe a ma porte a 4h00, comme prévu. Je m'habille en vitesse, prend un sweat-shirt et mon coupe-vent imperméable au cas ou il fait froid au sommet, et je sors dans la nuit a la recherche des autres participants pour l'ascension du Gunung Batur. Personne. Le gars de l'hotel a disparu, et personne ne m'attend au restaurant, ni a l'accueil, pour m'emmener ailleurs. Je fais le tour de l'hotel mais tout est fermé. J'attend 5 mn devant le portail, toujours rien. Qu'est ce que c'est que cette organisation de merde ?!? Le gars qui a a frappé a ma porte aurait pu au moin m'attendre ou me dire ce qu'il fallait faire ! Je vais frapper plusieurs fois a la porte de la récéption mais personne ne me répond. Je redescend devant le portail. Il y a de la lumiere a l'hotel a coté, et j'entend des gens qui parlent, un gros groupe apparement.
Au bout de 5 minutes, un indonésien arrive de cet hotel et me demande si je vais pour le tour. Je dois payer maintenant les 200 000 RPH. Je lui propose 50% maintenant et 50% au retour mais il refuse catégoriquement, donc je paye tout. Il m'emmene a l'hotel qui se trouve etre le lieu de rendez-vous de tous les groupes. Il y a une trentaine d'étudiants norvégiens et un groupe de 6 francais avec lesquel je vais aller. On me sert un thé avec un pancake et nous nous entassons dans le mini-bus pour aller jusqu'au bureau des guides que j'ai été voir hier.
De la, nous partons dans la nuit, un guide devant et un guide derriere. La lumiere pale de la Pleine Lune nous permet d'apercevoir clairement le volcan et son sommet noyé dans les nuages.J'espere que ca va se dégager le temps de l'ascencion qui doit durer 2 heures, mais rien n'est moins sur. Le chemin est facile et seuls les 300 derniers metres montent un peu. Mais c'est franchement de la rigolade a coté de tous les autres treks fait jusqu'a maintenant. Nous sommes meme tous surpris d'etre arrivé aussi vite. La montée aura duré a peine 1 heure. Je suis trempé car il fait déja largement 20 degrés, meme dans la nuit. Le groupe de norvégiens et deja la et met de l'ambiance. Ce sont des etudiant(e)s en programme d'échange pour 3 mois a Bali. Sympa les études ...
En attendant le lever de soleil, nous sommes toujours dans la brume. Le ciel s'éclaircit indiquant que le soleil est déja levé mais nous ne voyons rien. Finalement, au bout d'une demi-heure, les nuages daignent s'écarter l'espace de 10 secondes maximum, a quelques minutes d'intervalle, offrant les seules possibilités de photos dans une étroite fenetre a travers la brume. C'est un genre spécial de lever de soleil que je n'avais jamais eu et qui a son charme. C'est meme mystique.

Le jour enfin levé, nous repartons pour longer la crete du cratere qui continue de monter et nous permet de passer au dessus de la couche de nuage. Dans le cratere, c'est le top : la vapeur blanche qui innonde la cuvette et remonte vers les pentes donne l'impression que l'on domine une marmite bouillonnante.

La réfraction de mon ombre sur cet écran de fumée donne lieu a un étrange phémomene : un halo lumineux tel un double arc-en-ciel entoure ma tete. Je suis loin d'etre un saint pourtant ! ;-)

Le guide nous monte des fumerolles ou une vapeur a plus de 150° C rend possible la cuissons d'oeuf durs en quelques minutes. C'est le grand truc des guides au petit-déjeuner pour impresionner les touristes. Cette route sur la crete est vraiment belle, car elle est cerné d'un précipice de part et d'autre qui offre des superbes panoramas sur le cratere intérieur, mais aussi sur les parois du cratere géant dans lequel le volcan et le lac se trouvent eux-meme.



Nous descendons vers le second cratere ou le guide nous montre d'autres fumerolles. Il suffit de creuser un peu le sol et on peut extraire des pierres brulantes qui l'on entend crépiter lorsque l'on approche son oreille. Nous continuons la decente vers un troisieme cratere duquel part une immense coulée de lave noire fraiche que la végétation n'a pas encore recouverte. c'est ici qu'a eu lieu la derniere éruption. Nous prenons un piste de cendre dans laquelle je peux courir et rejoignons le chemin par lequel nous avons commencé l'ascension.


Il est 9h30, apres avoir donné un pourboire au guide, nous retournons a l'hotel pour prendre une douche bien méritée. Je me fais servir le petit-déjeuner pendant que je fais mon sac, et j'enfourche ma mobilette sous un beau ciel bleu, pressé d'arriver a ma prochaine destination.
Je reprend la route qui longe le cratere en passant par Kintamani pour ensuite descendre sur la cote de l'autre coté du volcan. La route est completement bloquée 2 kilometres avant d'arriver au temple, en raison des dizaines de bus de pelerins qui stationnent sur la file de gauche, ne laissant plus qu'une voie pour la circulation a double sens. Les policiers qui sont la pour réguler le trafic sont d'une inefficacité totale. Je dois attendre a plusieurs reprises en plein milieu des gaz d'échappements, si bien que ca me soule et je grille tout le monde en passant sur le bas coté de la file opposée. Une autre mobilette fais al course avec moi car nous n'arretons pas de nous doubler mutuellement et quand je crois l'avoir laissé derriere, le gars réapparait et se fend fierement d'un "Hello mister" en rigolant !
Une fois le temple passé, le trafic redevient normal et je peux reprendre une vitesse de croisiere pour entamer la descente. La route est raide et serpente au milieu de la végétation. Je m'amuse en laissant la mobilette en roue libre et voir jusqu'ou je peux aller sans mettre un coup d'accélérateur. Je traverse des charmant petits villages de paysans dont les maisons aux toits de tole rouillée se sont collées les une aux autre sur les parois du volcan. Au fur-et-a-mesure que je descend, la variation de temperature et d'humidité de l'air devient perceptible.

La route pour Amed est une ligne droite au milieu des cocotiers qui longe la cote et traverse des petits villages. Je fais un détour pour aller voir les plus hautes chutes d'eau de Bali, mais il faut payer une "contribution" et marcher quelques kilometres dans la foret. Avec mon gros sac a dos, ca ne va pas etre évident, et j'ai déja assez chaud comme ca. Je laisse tombe et je repars vers Amed.
J'arrive a Tulamben, le haut lieu de la plongée a Bali. Les clubs de plongée s'alignent le long de la route et je m'arrete dans l'un d'eux qui fait Café Internet pas la meme occasion. Ca n'ouvre qu'a 14h00 donc je vais déjeuner dans le boui-boui a coté en attendant. Je me remseigne pour faire la plongée dans l'épave du bateau de guerre américain. Un package de 2 plongées coute 50 USD mais le gars me les fait a 45 USD. C'est le meilleur tarif que j'ai jamais eu depuis que je sillone les spots de plongée dans le monde. Le rendez-vous est a 7h30, encore une grasse matinée qui part en fumée ...
Amed est un charmant bled coincé entre les rizieres et une longue plage de galets noirs ou s'alignent les bateaux de peche locaux. Je trouve une tres belle chambre (60 000 RPH) de style colonial au Amed Café, un hotel qui se classe lui meme "petit budget" mais avec un sacré standing au niveau du confort et de l'environnement. Une chambre pareille en Polynésie Francaise couterai au bas mot 200 USD !
Je me met en maillot de bain, prend mes lunettes de natation et fonce a la plage qui n'est pas paradisiaque, mais le vrai interet est ailleurs. A quelques metres de la plage des coraux et des beaux poissons offrent un snorkelling interessant dans une eau a 27° C. Puis je me détends dans un transat en lisant un vieux VSD que j'ai trouvé a l'hotel. Le soleil se couche derriere le volcan Gunug Agung, créant un immense cone en ombre chinoise a l'horizon.

Je vais diner au restaurant de l'hotel qui est rempli de francais : des couples en vacance. Je sors mon Lonely Planet et commence a étudier en profondeur un éventuel parcours a Borneo. Si ca se fait, ca va etre une sacré aventure pour terminer en beauté ce Tour du Monde.
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13 avril 2006
BALI - CEREMONIE AU TEMPLE DE KINTAMANI
A cause de la pleine lune, les centaines de chiens errants de la ville ont hurler a la mort toute la nuit. Si j'avais eu un fusil, je me serai fait un plaisir de les dégommer un par un. Je pars a 7h30 de l'hotel sous un beau ciel bleu en ayant laissé 2 gros sacs et mon matelat de treking pneumatique au gérant.
Comme en venant de Kuta, la route est un alignement ininterrompu de magasins d'artisanat dont les oeuvres s'exposent en facade. Il y des choses splendides mais je ne m'arrete pas, je prendrai des photos au retour. La brume matinale qui estompent les palmiers, avec la silouhette du Gunung Agung qui se découpe en ombre chinoise a l'horizon, donne une atmosphere mystique.

Je fais quelques arrets pour voir le panorama, et je me rend compte que des rizieres en terrrasse, les plus belles que j'ai vu jusqu'ici, gisent dans l'ombre. Il faut absolument que je revienne dans 3 jours pour prendre des photos. La route monte lentement et au bout d'une heure, j'arrive enfin a Batur, un hameau perché sur le bord du volcan. La crete circulaire est clairement dessinée, et au centre du cratere se trouve le Gunung Batur avec son lac de 5 km de long gisant a ses pieds. La vue est magnifique.
Je me met tout de suite en quete d'un hotel en longeant le cratere vers Kintamani. Plus je me rapproche du village, et plus les routes sont encombrés de bus remplis d'indonésiens en tenue traditionnelle. Il y a un temple important vers lequel convergent des centaines de pelerins avec des paniers d'offrandes sur la tete. Ca va etre fabuleux ici dans quelques heures, il faut que je me dépeche de larguer mon gros sac a dos.

Je traverse Kintamani a 2 reprises mais aucun hotel n'est indiqué. La seule guesthouse que je trouve est completement vide. Je reviens sur mes pas et continue jusqu'a Kedisan, village au bord du lac dans le cratere. Je trouve immediatement une chambre qui me convient (60 000 RPH avec eau chaude et vue sur le lac et le volcan) a l'hotel Surya. Le principal business ici, c'est l'ascension du Gunung Batur. Des guides harcelent les touristes a tous les coins de rue pour louer leurs services. Il y en a meme un qui me suit presque jusqu'a ma chambre. Je demande a l'hotel qui organise aussi le trek combien ca coute avec eux : 350 000 RPH pour 4 heures ! en 5 minutes, le prix tombe a 250 000, mais c'est toujours cher pour ce que c'est. Surtout que je peux aisement le faire tout seul. Je prendrai ma décision plus tard, je dois d'abord comparer les offres.
Pour l'instant, j'enfourche ma mobilette et je fonce au temple de Kintamani pour ne pas louper la cérémonie. Je gare ma mobilette juste en face et je dois payer un droit de garde de 2000 RPH : autant dire que c'est comme si je faisais une offrande, car le garde n'est la que pour demander de l'argent, pas pour surveiller mon véhicule. D'ailleur, quand je repartirai, personne ne sera la pour vérifier que je prend bien la bonne mobilette. Comment pourrait-il le faire dans cette cohue ? Comme les fois précédentes, je dois louer un sarong car personne ne m'empretera. Une femme me poursuit pour que je lui en loue un a 10 000 RPH, mais j'en trouve une autre qui me le fait a 5000 RPH.
Je fais d'abord le tour du temple principal pour voir les temples satellites qui se ressemblent tous. Par contre, comme ils sont construit au bord meme du cratere, la vue sur le centre serait divine si le ciel ne commencait a se couvrir sérieusement. Je me hate de contourner l'enceinte et je reviens devant le temple principal ou les échoppes envahissent le trottoir. La foule s'est encore accrue et la rue est maintenant envahie de balinais en costume traditionnel, portant leur offrande. Ca va du simple petit panier de riz en feuille de palmier, a la piece montée de fruits et cuisses de poulet grillées sur un plateau d'argent. Il y a de quoi faire un festin, mais d'ici quelques jours, tout cela ira dans une décharge juste derriere le temple. Quel gachis monumental !
J'entre dans la premiere cours ou se trouve une grande porte centrale décorée d'art végétal. Toutes les guirlandes, les fanions tressés, la moindre petite fioriture est faite a partir de feuilles. Qund je pensais ce matin que les balinais sont de artisans fabuleux, ils en apportent encore la preuve avec cette créativité sans bornes.

Les pélerins envahissent petit a petit le temple par toutes les portes existantes. Mais comme elle sont étroites, une file d'attente se forme a l'entrée de la troisieme enceinte réservée a la priere, et donc interdite pour moi.


Comme hier, je peux assister au spectacle en regardant par dessus le muret. C'est encore plus impressionant qu'hier car le temple est plus grand.


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Je circule entre les 2 enceintes pendant 1 heure afin de prendre le maximum de photos, puis je m'incruste dans les batiments annexes. Quelle bonne idée j'ai eu la ! Une rangée de tetes de cochon farcie fraichement préparées m'attend pour la photo de famille. Des morceaux de boyaux ont éte plantés au bout de batons, histoire de compléter la décoration, Beuuuurk !

Une chevre grillée a subit le meme sort un peu plus loin. Je n'ose croire que quelqu'un va manger ca... C'est juste pour faire une offrande hein ??? Pas sur ... A coté, des plateaux de riz, légumes et brochettes ont éte soigneusement disposés sur le sol. Quelques minutes plus tard, un groupe d'hommes vétu de maniere identique vient s'assoir et commence a manger. Je m'en vais avant de voir ce que je ne veux pas voir.

Je fais un dernier tour du temple, je rend mon sarong, et je retourne a ma mobilette juste au moment ou la pluie se met a tomber. Tous le monde part aussi, s'entassant dans des camions réquisitionnés pour l'occasion.

Les journées se suivent et se ressemblent ... Je patiente 10 minutes sous un abris, puis je pars emmitouflé dans mon ciré encore mouillé de la veille. La pluie redouble et je dois m'arreter encore 10 minutes devant un restaurant pour m'abriter. La route est devenue glissante, surtout lorsque j'aborde le dernier troncon qui descend dans le cratere. Il ne pleut pas autours du lac, et je déjeune dans le restaurant de l'hotel. Je prend une salade de légume bouillie dans du lait de coco, servie avec une sauce a base beurre de cacahuette. Etrange, mais c'est bon.
Des rayons de soleil font leur apparition donc je décide de repartir explorer les environs du lac, et de passer a l'Association des Guides du Gunung Batur pour voir les tarifs pratiqués. Pour faire un trek de 4h00, le prix est de 300 000 RPH avec un maximum de 4 participants, soit 75 000 RPH/personne seulement. Ils se foutent bien de la gueule des touristes a l'hotel ! Le probleme, c'est que je suis seul donc je dois payer pour tout un groupe. Je vais mettre le gars de l'hotel devant le fait accompli et voir ce qu'il propose avant de prendre une décision, mais ca ne me donne pas envie d'aller avec lui.
Je continue ma ballade jusqu'au village en bordure du lac, mais rien de vraiment intéressant. La route est sympa, le paysage me fait un peu penser a l'Ile de Paques avec ses champs de lave noire envahis par les hautes herbes. Je fais demi-tour, m'arrete au temple de Pura Jati completement déserté, voire abandonné a en juger par les immenses toiles d'araignées qui passent d'un autel a un autre.
Je rentre a l'hotel et commence a discuter du trek. Ca les met dans l'embarras, ils sont incapables de justifier leur différence de prix. Tu m'étonnes ... Finalement, leur seule défense devient "Si tu veux aller avec un autre guide, vas-y, je ne fais pas ce prix la. 250 000 RPH, pas moins." Donc pour moi, soit je vais seul avec un guide demain et ca me coute potentiellement 300 000 RPH si je suis tout seul, soit je vais avec lui et tout seul ou non, ca me coute de toute facon 250 000 RPH. Quelle arnaque !! Je tente un "200 000 ? OK ?" et il me fais signe que c'est OK en allant chercher son registre d'inscription. Il est 16h00, j'ai la flemme de bouger a nouveau donc je me repose sur la terrasse en profitant de la vue sur le lac. Je lis mon guide en dinant pour commencer a me documenter sur le Sulawesi et Bornéo, 2 iles d'Indonésie, grandes comme la France, que je souhaite explorer. Je me couche tot étant donné que je me leve a 3h30.
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12 avril 2006
BALI - UBUD - CEREMONIE AU TEMPLE HINDOU DE TEMPAKSIRING
Pour la premiere fois depuis longtemps, je me réveille avec le lever de soleil et non le bruit des coqs ou des chiens errants. Je commande un bon petit-déjeuner aupres de mes hotes, histoire de bien commencer la journée en évitant la galere d'hier matin. Avant de repartir visiter les environs d'Ubud, je dois décider de ma prochaine destination pour les jours a venir. Je me rend dans une agence de voyage pour connaitre le prix des bus vers le Nord de Bali, soit Tulamben pour faire de la plongée sous-marine, soit Kintamani pour escalader le volcan Gunung Bromo. Les prix des navettes sont tres élevés (120 000 RPH pour Tulamben pour 3 heures de trajet), car ce sont des navettes privées qui sont organisées a la demande des touristes. D'un autre coté, y aller en Bemo me couterai que 10 000 RPH mais cela prendrai 10 heures car les bemos s'arretent tous le temps pour prendre des gens. Je vais donc au bureau de la Perama pour vérifier les tarifs et les horaires. Il n'y a pas d'erreur, je suis vert. Je n'ai pas trop le choix, mais je vais attendre ce soir pour confirmer ma place pour Tulamben.
Je prend la route de Tampaksirin a 15 km d'Ubud, en traversant les rizieres par un beau temps. Sur la route, je croise des petits corteges de femmes qui portent des grands paniers a offrandes.

Lorsque je passe devant un temple, c'est l'agitation totale. Mais que se passe t-il aujourd'hui ? Je continue jusqu'a Tampaksiring et m'arrete a un temple, croyant etre arrivé a celui que je voulais voir. Il y a une importante célébration qui a commencée, donc je me gare et je parcours les 200 derniers metres jusqu'a l'entrée du temple. Le tintammare habituel résonne dans les champs environnants, et je vois des gens en costume traditionnel qui s'agitent. Il faut absolument que j'aille voir mais j'ai oublié un détail important en partant. Les shorts sont interdits dans l'enceinte des temples hindous et je suis précisement en calecon de bain. Quel con ! Je vais voir quand meme a l'entrée, des fois que les gardes aient un sarong a me preter. Non, il n'ont rien, mais l'un d'entre eux m'acompagne jusqu'a un petit magasin et demande un sarong pour moi. La famille qui habite ici accepte de m'en preter un, ainsi que le turban obligatoire. Trop cool ! Je ressemble a un vrai balinais maintenant. Je franchis les 50 derniers metres jusqu'au temple, un peu impressioné par les regards car je suis le seul non-indonésien au milieu d'un bon millier de personnes.



























