03 août 2008

CHILI - LE PARC NATIONAL TORRES DEL PAINE, BIJOUX DE LA PATAGONIE

Après 10 jours de rêve en Antarctique, je remet le pied sur la terre ferme, direction le plus beau parcours de trekking au monde : le Parc National du Torres del Paine en Patagonie Chilienne. Je me prépare avec Amichay rencontré sur le bateau, un autre israelien, et une anglaise.

Au 3ème jour de trek, nous allons au Mirador, à 3h00 de marche de notre camp. Nous sommes dans une sorte de gigantesque cirque naturel délimité par une série de montagnes granitiques aux formes fabuleuses.



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TREKKING AU PARC TORRES DEL PAINE - CIRCUIT W - 1er JOUR

20 avril 2008

AU COEUR DE L'AMAZONIE BOLIVIENNE

Après avoir traversée l'Amazonie brésilienne, nous voici dans le Parc National Madidi, au coeur de l'amazonie bolivienne. Avec 2 guides et une cusininière autochtone, nous partons 4 jours en trekking découvrir la vie dans la fôret. Nous faisons un pause avant la tombée de la nuit. Les insectes commencent à se régaler de notre peau fraiche, il ne fait pas bon de trainer sur la rive...




Lire aussi l'article avec ses photos :
TREK DANS LE PARC MADIDI - 1ER JOUR DANS LA JUNGLE

19 octobre 2006

METRO - LE TREK EN BLOGS

Le site de Métro France vient de faire un article sur les blogs qui traitent du trekking dans le monde. La part belle est faite aux bloggeurs ayant été faire un tour du côté de l'Hymalaya (Népal), mais le  sujet est élargi en arrivant sur la thématique du Tour du Monde, et donc ... sur mon blog !

 

Idées de trek ailleurs dans le monde : quelques blogs

Bérangère et Alban dans les Andes. Direction l'Amérique du Sud avec deux amis baroudeurs. Du soleil dans les Andes est une pépite de blog pour découvrir les Andes avec un maximum de couleurs locales. Nantais d'origine, Bérangère et Alban relatent avec beaucoup d'humour leur voyage en Bolivie. On ne peut pas mieux dire : ça fait envie !

Et si vous ne savez pas quelle destination choisir... Il y a encore la possibilité du tour du monde. C'est le choix de Ludovic qui a décidé de visiter des endroits de rêve et d'en parler sur www.tour-du-monde.net. Après avoir listé toutes les lieux qui l'attiraient au quatre coins du globle, il a décidé de les découvrir les uns après les autres, quel que soit le temps que ça prendrait. Du Kilimanjaro aux plages de Rio de Janeiro, des mystérieux Moaïs de l'Ile de Pâques à la Grande Muraille de Chine... Ludovic n'a pas froid aux yeux et il s'en donne les moyens. Outre un blog très régulièrement tenu à jour et regorgeant de photos, notre trekkeur de compétition tient scrupuleusement à jour son budget quotidien et son itinéraire. Il y a même une soixantaine de vidéos.

A part le fait que je n'ai pas été jusqu'à la Grande Muraille de Chine (ça, c'est bien les journalistes, ils aiment exagérer ...), le reste, "trekkeur de compétition", "pas froid aux yeux", tout est vrai ! ;-)

14 avril 2006

BALI - ASCENSION DU VOLCAN GUNUNG BATUR ET LA ROUTE POUR AMED

Un employé de l'hotel frappe a ma porte a 4h00, comme prévu. Je m'habille en vitesse, prend un sweat-shirt et mon coupe-vent imperméable au cas ou il fait froid au sommet, et je sors dans la nuit a la recherche des autres participants pour l'ascension du Gunung Batur. Personne. Le gars de l'hotel a disparu, et personne ne m'attend au restaurant, ni a l'accueil, pour m'emmener ailleurs. Je fais le tour de l'hotel mais tout est fermé. J'attend 5 mn devant le portail, toujours rien. Qu'est ce que c'est que cette organisation de merde ?!? Le gars qui a a frappé a ma porte aurait pu au moin m'attendre ou me dire ce qu'il fallait faire ! Je vais frapper plusieurs fois a la porte de la récéption mais personne ne me répond. Je redescend devant le portail. Il y a de la lumiere a l'hotel a coté, et j'entend des gens qui parlent, un gros groupe apparement.

Au bout de 5 minutes, un indonésien arrive de cet hotel et me demande si je vais pour le tour. Je dois payer maintenant les 200 000 RPH. Je lui propose 50% maintenant et 50% au retour mais il refuse catégoriquement, donc je paye tout. Il m'emmene a l'hotel qui se trouve etre le lieu de rendez-vous de tous les groupes. Il y a une trentaine d'étudiants norvégiens et un groupe de 6 francais avec lesquel je vais aller. On me sert un thé avec un pancake et nous nous entassons dans le mini-bus pour aller jusqu'au bureau des guides que j'ai été voir hier.

De la, nous partons dans la nuit, un guide devant et un guide derriere. La lumiere pale de la Pleine Lune nous permet d'apercevoir clairement le volcan et son sommet noyé dans les nuages.J'espere que ca va se dégager le temps de l'ascencion qui doit durer 2 heures, mais rien n'est moins sur. Le chemin est facile et seuls les 300 derniers metres montent un peu. Mais c'est franchement de la rigolade a coté de tous les autres treks fait jusqu'a maintenant. Nous sommes meme tous surpris d'etre arrivé aussi vite. La montée aura duré a peine 1 heure. Je suis trempé car il fait déja largement 20 degrés, meme dans la nuit. Le groupe de norvégiens et deja la et met de l'ambiance. Ce sont des etudiant(e)s en programme d'échange pour 3 mois a Bali. Sympa les études ... 

En attendant le lever de soleil, nous sommes toujours dans la brume. Le ciel s'éclaircit indiquant que le soleil est déja levé mais nous ne voyons rien. Finalement, au bout d'une demi-heure, les nuages daignent s'écarter l'espace de 10 secondes maximum, a quelques minutes d'intervalle, offrant les seules possibilités de photos dans une étroite fenetre a travers la brume. C'est un genre spécial de lever de soleil que je n'avais jamais eu et qui a son charme. C'est meme mystique.

Le jour enfin levé, nous repartons pour longer la crete du cratere qui continue de monter et nous permet de passer au dessus de la couche de nuage. Dans le cratere, c'est le top : la vapeur blanche qui innonde la cuvette et remonte vers les pentes donne l'impression que l'on domine une marmite bouillonnante.


La réfraction de mon ombre sur cet écran de fumée donne lieu a un étrange phémomene : un halo lumineux tel un double arc-en-ciel entoure ma tete. Je suis loin d'etre un saint pourtant !  ;-)

 

Le guide nous monte des fumerolles ou une vapeur a plus de 150° C rend possible la cuissons d'oeuf durs en quelques minutes. C'est le grand truc des guides au petit-déjeuner pour impresionner les touristes. Cette route sur la crete est vraiment belle, car elle est cerné d'un précipice de part et d'autre qui offre des superbes panoramas sur le cratere intérieur, mais aussi sur les parois du cratere géant dans lequel le volcan et le lac se trouvent eux-meme.

 

 



Nous descendons vers le second cratere ou le guide nous montre d'autres fumerolles. Il suffit de creuser un peu le sol et on peut extraire des pierres brulantes qui l'on entend crépiter lorsque l'on approche son oreille. Nous continuons la decente vers un troisieme cratere duquel part une immense coulée de lave noire fraiche que la végétation n'a pas encore recouverte. c'est ici qu'a eu lieu la derniere éruption. Nous prenons un piste de cendre dans laquelle je peux courir et rejoignons le chemin par lequel nous avons commencé l'ascension.



Il est 9h30, apres avoir donné un pourboire au guide, nous retournons a l'hotel pour prendre une douche bien méritée. Je me fais servir le petit-déjeuner pendant que je fais mon sac, et j'enfourche ma mobilette sous un beau ciel bleu, pressé d'arriver a ma prochaine destination.

 

Je reprend la route qui longe le cratere en passant par Kintamani pour ensuite descendre sur la cote de l'autre coté du volcan. La route est completement bloquée 2 kilometres avant d'arriver au temple, en raison des dizaines de bus de pelerins qui stationnent sur la file de gauche, ne laissant plus qu'une voie pour la circulation a double sens. Les policiers qui sont la pour réguler le trafic sont d'une inefficacité totale. Je dois attendre a plusieurs reprises en plein milieu des gaz d'échappements, si bien que ca me soule et je grille tout le monde en passant sur le bas coté de la file opposée. Une autre mobilette fais al course avec moi car nous n'arretons pas de nous doubler mutuellement et quand je crois l'avoir laissé derriere, le gars réapparait et se fend fierement d'un "Hello mister" en rigolant !

Une fois le temple passé, le trafic redevient normal et je peux reprendre une vitesse de croisiere pour entamer la descente. La route est raide et serpente au milieu de la végétation. Je m'amuse en laissant  la mobilette en roue libre et voir jusqu'ou je peux aller sans mettre un coup d'accélérateur. Je traverse des charmant petits villages de paysans dont les maisons aux toits de tole rouillée se sont collées les une aux autre sur les parois du volcan. Au fur-et-a-mesure que je descend, la variation de temperature et d'humidité de l'air devient perceptible.

 

La route pour Amed est une ligne droite au milieu des cocotiers qui longe la cote et traverse des petits villages. Je fais un détour pour aller voir les plus hautes chutes d'eau de Bali, mais il faut payer une "contribution" et marcher quelques kilometres dans la foret. Avec mon gros sac a dos, ca ne va pas etre évident, et j'ai déja assez chaud comme ca. Je laisse tombe et je repars vers Amed.

J'arrive a Tulamben, le haut lieu de la plongée a Bali. Les clubs de plongée s'alignent le long de la route et je m'arrete dans l'un d'eux qui fait Café Internet pas la meme occasion. Ca n'ouvre qu'a 14h00 donc je vais déjeuner dans le boui-boui a coté en attendant. Je me remseigne pour faire la plongée dans l'épave du bateau de guerre américain. Un package de 2 plongées coute 50 USD mais le gars me les fait a 45 USD. C'est le meilleur tarif que j'ai jamais eu depuis que je sillone les spots de plongée dans le monde. Le rendez-vous est a 7h30, encore une grasse matinée qui part en fumée ...

Amed est un charmant bled coincé entre les rizieres et une longue plage de galets noirs ou s'alignent les bateaux de peche locaux. Je trouve une tres belle chambre (60 000 RPH) de style colonial au Amed Café, un hotel qui se classe lui meme "petit budget" mais avec un sacré standing au niveau du confort et de l'environnement. Une chambre pareille en Polynésie Francaise couterai au bas mot 200 USD !

Je me met en maillot de bain, prend mes lunettes de natation et fonce a la plage qui n'est pas paradisiaque, mais le vrai interet est ailleurs. A quelques metres de la plage des coraux et des beaux poissons offrent un snorkelling interessant dans une eau a 27° C. Puis je me détends dans un transat en lisant un vieux VSD que j'ai trouvé a l'hotel. Le soleil se couche derriere le volcan Gunug Agung, créant un immense cone en ombre chinoise a l'horizon.


Je vais diner au restaurant de l'hotel qui est rempli de francais : des couples en vacance. Je sors mon Lonely Planet et commence a étudier en profondeur un éventuel parcours a Borneo. Si ca se fait, ca va etre une sacré aventure pour terminer en beauté ce Tour du Monde.

 

31 décembre 2005

EL CHALTEN - TREK AUTOUR DU FITZ ROY

Amichay et Itay partent ce matin faire une randonnée en cheval à la Laguna Torres. Le temps est beau donc je vais faire le trek autours du Fitz Roy. Normalement, c'est un parcours de 2 jours mais je vais essayer de faire le circuit complet dans la journée.

A 9h00, je suis sur le sentier vers la Laguna Torres qui offre un point de vue sur le Cerro Torres, un pic granitique vertigineux considéré il y a encore 30 ans comme impossible à gravir. Ca monte dès le départ mais la suite est facile. Le chemin passe dans la forêt, puis longe un marais asséché que la végétation a envahit, avant d'arriver dans un champ de rochers typique des zones glaciaires. En 3 heures, je suis devant le lac, au pied du Cerro Torre : une muraille de pics tellement abruptes que la neige ne peux même pas s'y accrocher. Un glacier descend sur la gauche et termine sa course dans un petit lac qui s'écoule par une riviere tumultueuse. Le spectacle est magnifique. J'y passe une vingtaine de minutes, pas plus, si je veux réussir a boucler le trek dans la journée. Je reviens sur mes pas, et je croise Amichay et Itay sur leurs chevaux qui arrivent seulement. Ils hallucinent que je sois arrivé avant eux.

Je bifurque dans la foret ou je me fais une pause-déjeuner rapide. Le chemin longe ensuite 2 lacs a l'eau cristalline séparés par une petite langue de terre. Au fur et a mesure que j'avance, un bout de montagne apparait derrière celle qui borde les lacs : c'est le Fitz Roy. Tous les 100 mètres, je lève la tete pour en voir un peu plus, et au bout d'une heure, il est la, entier, et majestueux, en face de moi. Je m'y arrete une bonne demi-heure cette fois, pour encrer cette vision dans mes souvenirs. Dommage que je n'y campe pas, car le lever de soleil doit etre fabuleux ici.

Le chemin du retour a El Chalten dure 2 heures, tout le long en pente. Je suis content de l'avoir fait dans ce sens car je commence a avoir mal aux jambes. La panorama sur la vallée est superbe tout du long. 
A 16h30, j'arrive a El Chalten. Durée du trek : 8 heures au lieu de  2 jours. Pas mal ! Je retrouve Amichay et Itay qui sont arrivés il y a 10 minutes a peine, sans etre passé par le Fitz Roy  ...

Je vais prendre une bonne douche, puis je vais acheter une énoOOooorme glace artisanale que je dévore en 5 minutes. Il ne nous reste plus qu'a attendre le bus pour Bariloche qui passe a 2h30 du matin. Nous jouons aux cartes, discutons dans le salons de l'auberge.

A 23h00, le propriétaire de l'Auberge nous fait comprendre qu'il faut quitter les lieux car nous ne faisons plus parti des clients. il nous reste encore 3 heures a attendre...  Nous prenons donc nos sacs et essayons de trouver un bar sympathique pour nous installer. Il y a un vent glacial et il nous faut traverser tout le village pour arriver à La Chocolateria, un bar aux allures de refuge de haute montagne. Des vielles photos d'alpinistes et d'expéditions sur le Fitz Roy sont accroché aux murs ainsi que quelques objets d'époques. Un VTT est accroché au plafond. Itay demande ce que ça fait là et le serveur nous raconte une histoire hallucinante : il a appartenu à un voyageur qui est arrivé là il y a 3 ans. Il est parti escalader le Fitz Roy avec un ami et a donc laisser ses affaires inutiles en ville comme cela se fait toujours. 5 jours plus tard, l'ami du voyageur revient au restaurant seul. Une chute mortelle... et le restaurant a gardé le VTT. Cet ami est revenu à El Chalten la semaine dernière, et le restaurant a décider de pendre le VTT dans la salle en la mémoire du voyageur disparu.

Nous commandons de la bière, du chocolat fait maison, et je sors mon jeu de cartes. Ca nous occupe jusqu'à 2H00, heure à laquelle nous prenons la direction de la station de bus, qui est en fait un simple point de rendez-vous en face d'un restaurant fermé. Il y a déjà 4 autres voyageurs qui attendent. Ca caille grave, donc j'espère que le bus ne va pas tarder, mais A 2h30, il n'y a rien. Nous sortons le jeu de cartes pour quelques parties mais le vent nous fait vite abandonner. Nous discutons donc jusqu'à 3h30. Des phares apparaissent enfin. Un bus basique, pour ne pas dire pourri, s'arrête devant nous. Je n'arrive pas à croire qu'au prix où est le billet, nous allons passer 24 heures la-dedans. Je monte, car il n'y a pas le choix : le prochain bus direct pour Bariloche est dans une semaine ...

EL CHALTEN - JOURNÉE DE PLUIE

Comme toujours lorsque l'on veut partir en randonnée, la première chose que l'on fait en se réveillant est de regarder la couleur du ciel par la fenêtre. En l'occurrence, ce n'est pas fameux :  gros nuages gris et une fine pluie fraîche, mais un morceau de ciel bleu au loin me laisse espérer que la situation devrait s'améliorer dans quelques heures.
Comme je n'aime pas l'auberge ou nous sommes, je motive Amichay et Itay pour trouve un endroit plus confortable et propre au niveau des espaces communs, surtout dans l'optique où nous devons rester enfermés à l'intérieur toute la journée si la pluie persiste. Je pars donc avec Amichay vérifier les disponibilités dans quelques adresses que nous avons dans nos guides. Tout est plein car personne ne part trekker à cause du mauvais temps, mais un gars nous indique une auberge qui me convient parfaitement et pas chère (25 pesos) juste en face de chez lui. Nous réservons 5 places, et retournons chercher nos sac à dos. Yahil et Sophia préfèrent rester, car ils ont pu avoir un lit double, alors au ce n'est pas le cas dans la nouvelle auberge. Nous leur donnons rendez-vous ce soir pour dîner ensemble.

La météo ne s'améliore pas vite. Le coin de ciel bleu grandit, mais il reste du mauvais côté. Tout le massif du Fitz Roy reste caché dans le brouillard. Je vais faire les courses pour le déjeuner : poulet sause fromage. Amichay fait une salade dont il a le secret, et comme d'habitude, on se regale.

A la fin du repas, Nathalie, une francaise que j'avais deja vu à El Calafate arrive dans l'auberge. Comme il il nous reste a manger, nous lui proposons. Nous faisons plus amplement connaissance. Toujours pas de soleil en vue, donc nous commencons une partie de carte et  apprennons comment jouer au tarot à Amichay et Itay. Je fais5 parties, puis je vais ecrire les articles en retard pour mettre a jour le blog. Je ne pensais pas trouver une connection Internet ici, mais avec la connection satellite, c'est possible. C'est juste ultra chere et ultra lent. Je vais aussi faire des photos du village pendant qu'une eclairicie persiste car je trouve vraiment l'atmosphere magique.

 
     
 


Le reste de l'aprè-midi passe tranquillement a discuter avec les autres voyageurs qui comme nous attendent le soleil.

 

Yahil et sophia arrivent a 18h30. Ils ont été faire les courses pour préparer un gros diner. On se régale de raviolis et de salade. On se fend la poire pendant des heures avec les histoires de Yahil lors de son service militaire (qui dure 3 ans en Israël) car il était responsable d'une caserne, puis c'est Itay qui s'y met, lorsqu'il était plongeur dans la marine (et l'est resté professionnellement avant de partir en voyage). Nous partons ensuite voir une projection gratuite de film sur grand écran dans un bar puis tout le monde rentre se coucher.

17 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - LE CAUCHEMARD DE L'ASCENSION VERS LE SOMMET

Mario vient nous réveiller à 23h45. Il me faut une bonne demi-heure pour mettre tout l'équipement : 3 épaisseurs de pull, un sous-pantalon thermique, un pantalon normal, la combinaison étanche, les chaussures, les gants, les guêtres, la cagoule thermique, et le baudrier.

Je me sens bien physiquement et moralement, et je prend juste un maté de coca avec une tartine de confiture avant de partir. Je vais au début du glacier pour enfiler mes crampons, et Mario prépare la cordée. Il est en premier, je suis derrière lui, Christophe est derrière moi, et Paulino, notre deuxième guide, ferme la marche. C'est parti pour presque 1000 mètres d'ascension qui devrait durer 6-7 heures.

 

Nous entamons la marche sur une langue de neige dure, dont la pente est déjà bien raide. Il n'y a pas besoin d'utiliser les torches frontales car la Lune, presque pleine, éclaire la montagne d'une pâle lueur blanchâtre que la neige reflète suffisamment pour nous permettre de voir le paysage. Pas un souffle de vent, juste le bruit de la neige qui crisse sous nos pieds. L'atmosphère est mystique.

Au bout de 20 minutes, je sens que mon estomac ne va pas bien. Je me demande si nous ne sommes pas parti un peu vite après le petit-déjeuner, mais rien de gênant. Un léger mal de tête reprend mais c'est normal car l'altitude augmente. Une fois en haut du glacier, nous faisons une pause, puis nous traversons un immense champ de neige en légère montée sur 500 mètres, avant que la pente reprenne de plus belle. Ca devient vraiment dur, mes jambes sont lourdes, les muscles des mollets douloureux, mes pieds sont gelés, et j'ai de plus en plus de mal à reprendre mon souffle. Je dois faire des tout petits pas pour arriver à avancer. A ce moment là, j'essaye de ne penser à rien, j'oublie toutes mes sensations, et j'avance tel un zombie dans la neige, mon piolet dans une main et la corde dans l'autre. Malgré cela, nous doublons deux autres cordées qui étaient parties avant nous.

Nous sautons une crevasse, et le chemin prend la direction d'une paroi de glace que nous allons devoir escalader. J'ai besoin de faire de plus en plus de pause, et à chaque fois, je dois lutter pour repartir. Mario, me demande souvent si je suis OK, et je répond toujours pas l'affirmative même si ce n'est pas vrai. Je veux aller au bout. Le mal de ventre me coupe les jambes, et je décide de me faire vomir (pas besoin de forcer) en espérant que c'est juste le petit-déjeuner qui ne passe pas. Aussitôt, je me sens un peu mieux et nous repartons.

Arrivée au pied du mur de glace, il faut patienter 15 minutes que le guide installe la corde et que je puisse me lancer à mon tour. Pendant ce temps, le froid pénètre mes 4 couches de vêtements. Les crampons permettent d'accrocher la glace suffisamment longtemps pour que je lance mon piolet, et que je me hisse un peu plus haut à chaque fois. C'est éprouvant mais c'est vraiment génial.

 

Nous marchons depuis 4 heures, et le sommet me semble encore loin. Nous reprenons la marche dans une pente ou la neige est plus molle. La nausée reprend, et à chaque pas, je dois faire appel à toute ma volonté pour lever mes jambes. La situation devient critique, car j'ai besoin d'une pause tous les 150 mètres. Quand le guide me demande si je veux continuer, je fais mine de ne pas l'entendre, et je donne le signal du départ dans un effort surhumain pour me relever. 100 mètres plus loin, je m'effondre à nouveau : j'ai l'impression que mon cerveau va exploser. A chaque respiration, les poumons me brûlent comme ça ne m'était jamais arrivé auparavant, l'envie de vomir est revenue, plus forte, et mes jambes de veulent plus obéir. Malgré toute la volonté et l'énergie que j'essaye d'aller chercher au fond de moi, tout mon corps dit "non". Je fixe le sommet pendant quelques secondes, et je m'entend dire alors "je redescend".

Mario me sépare de la cordée et continu avec Christophe. Paulino me fait passer devant et je reprend péniblement la marche en sens inverse. Alors que nous traversons le grand champ de neige plat, j'aperçois le camp au loin.



Je réalise alors vraiment pour la première fois depuis que j'ai prononcé mes dernière paroles de la nuit ce que je suis en train de faire. Et là, le craque, je pleure de déception. Je n'ose pas me retourner pour regarder le sommet qui commence sûrement à rougir avec les premières lueurs du soleil.
Les photographies suivantes ont été réalisées par Christophe lors de sa descente.







Dès que j'arrive au camp, je me fourre dans mon sac de couchage et j'essaye de dormir pour ne plus y penser. Sans succès. Je me sens physiquement mieux, mais moralement, c'est autre chose...  Quand les autres reviennent, je ne leur posent pas trop de questions, je préfère ne pas savoir ce que j'ai raté. A 10h00, nous refaisons nos sac, la tente est pliée, et nous prenons le chemin du camp de base. A 14h30, nous sommes de retour à La Paz. je retourne à l'hôtel ou j'ai laissé mes affaires, Christophe prend aussi une chambre, et nous retrouvons Jérôme qui a fait l'ascension en 2 jours.

 

L'après-midi est chargé : je dois retirer de l'argent, aller sur internet pour gérer mes comptes, prendre une assurance pour les 6 prochains mois, et surtout, je dois acheter mon billet de bus pour partir à Sucre dès demain. Mais une fois à la gare, j'apprend qu'il n'y a aucun départ possible en raison du blocage de la route par des manifestants. Les élections présidentielles sont dans 15 jours, et les revendication populaires vont bon train. Génial ... j'avais bien besoin de ça aujourd'hui. La seule solution consiste à faire un long détour par Cochabamba, d'où je pourrai prendre un autre bus pour Sucre.
Le soir, je vais prendre un verre avec Christophe et Jérôme. Je décide d'attendre encore  un jour pour partir de La Paz. De toute façon, il y a de quoi s'occuper ici.

16 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - ASCENSION VERS LE 2EME CAMP

Je n'ai pas dormi de la nuit malgré le relatif confort et la chaleur de ma "chambre". Je suis debout à 7h30, et je vais immédiatement jeter un oeil dehors. Le ciel est bleu, le Huayna Potosi est bien dégagé. Pourvu que ça soit comme ça demain matin aussi. Je vais me promener pour voir la vallée du Zongo depuis un promontoire rocheux derrière notre camp. Il fait assez chaud, environs 15 °C, mais dès que le soleil se cache derrière les nuages, la température chute de plus de 10 °C.

 

Aussitôt le petit déjeuner terminé, nous faisons nos sacs, avec tous le matériel nécessaire pour l'ascension. Le mien fait bien 15 kilogrammes, et je vais devoir le porter jusqu'au prochain camp, 400 mètres plus haut. Nous prenons la route à 10h00 en traversant le barrage hydraulique, et longeons le glacier sur lequel nous nous sommes entraînés la veille.



Puis nous grimpons sur une crête balayée par le vent froid. Au bout de la crête, il faut monter à pic dans un chemin de rochers éboulés. C'est une vrai galère pour ne pas se tordre les chevilles. Et avec mon sac sur le dos, je commence à le sentir passé. Pour couronner le tout, le ciel s'est couvert, et une fine grêle commence à tomber.



 

A midi, nous arrivons enfin au camp Alto Roca, à 5130 mètres. C'est un empilement de roches concassées sur une crête, rien de confortable. Un abris de pierre prometteur est en construction (dommage, je me voyais bien dormir dedans), et une tente en toile de jute bleue, constituent les seuls abris permanents. Mario, notre guide, installe notre tente sur un emplacement à peut près près plat, protégé du vent glacial.

 

Quelques heures après notre arrivée au camp, je commence à ressentir un bon mal de crâne, signe que le mal des montagnes arrive. J'ai des pilules préventives achetées à la pharmacie de La Paz, mais elles n'ont pas l'air de faire tellement d'effet. Petit à petit, je commence à avoir aussi envie de vomir. Je me force à avaler deux sandwichs car je dois prendre des forces pour l'ascension de cette nuit, puis je vais dormir dans la tente. La grêle tombe toujours, de plus en plus fort, les nuages on envahi le camp au point qu'on ne voit rien à plus de 10 mètres.
Dans mon duvet je n'arrive pas à me réchauffer. J'ai les pieds gelés, et pour cause, je me rend compte que l'eau a filtré sous le tapis de sol, et a mouillé le bout de mon duvet. Déjà que les fermetures éclairs ne marchent presque pas ... Quel matériel de merde ! Je n'ai vraiment pas de chance avec les tentes quand je pars en montagne (voir récit sur le Kilimanjaro).

Je me lève et sort pour prendre l'air, mais ça ne va pas mieux. Le mal de tête est toujours là, avec les cervicales en plus, toujours la nausée. Si je suis dans cette état cette nuit, ça ne va pas le faire... Finalement, je me force de vomir, je prend un maté de coca, et une heure plus tard, je me sens mieux, voire bien. Le ciel se dégagé vers 17h00, le soleil couchant nous offre un festival de lumière sur les montagnes et glaciers environnants. Notre guide nous prépare un dîner sommaire avant la nuit complète, mais je préfère ne rien manger pour ne pas prendre de risque au niveau de mon ventre. A 19h00, je suis dans mon duvet pour essayer de dormir un peu avant l'ascension finale.

 

15 novembre 2005

LE HUAYNA POTOSI - JOURNEE D'ENTRAINEMENT SUR LE GLACIER

Je quitte Isabella ce matin. Elle prend la direction du Lac Titicaca, et je pars au nord de La Paz pour escalader le Huayna Potosi en 3 jours, une montagne à 6088 mètres, réputée facile d'accès par rapport à sa hauteur. J'ai rendez-vous à 9h00 à l'agence Adolfo Andino, pour récupérer tout le matériel de montagne que j'ai essayé la veille. J'en profite pour faire recoudre mon sac de couchage qui a un trou au bout. Nous embarquons dans une voiture avec le guide, Christophe et Jérôme, un autre français qui va tenter l'ascension en 2 jours seulement.

La route est superbe. Nous arrivons d'abord sur les hauteurs de La Paz, ce qui nous permet d'avoir un  panorama fantastique sur la ville, dominée par le majestueux Illimani.

Nous quittons la ville et nous retrouvons rapidement sur l'Altiplano, immense plaine désertique balayée par le vent. Le Huayna Potosi, pyramide enneigée impressionnante, apparaît au loin. Devant lui, des lacs aux eaux de couleur turquoise et des rives aux dégradés de rouge nous donnent l'impression de pénétrer dans un autre univers.

Nous passons devant un cimetière abandonné, depuis que la mine qui se trouvait à proximité a fermé. Toutes les tombes sont ouvertes, et certains cercueils ont même été sorties de leur emplacement.

Nous arrivons au camp de base à 4700 mètres d'altitude vers midi. Il se trouve à proximité d'un barrage hydraulique. Il y a une vue vertigineuse sur la vallée du Zongo, plus de 2000 mètres plus bas. Le camp se résume à une petite maison de gardien, avec un terrain de camping derrière.

Nous déjeunons et partons pour 1 heure de marche qui nous emmène au pied d'un glacier qui surplombe un petit lac, sur lequel nous allons nous entraîner a utiliser le matériel d'escalade. Nous chaussons les crampons, prenons les piolets, et nous voilà parti à l'assaut du glacier pendant 2 heures.

Avec l'altitude, chaque mouvement me fatigue 2 fois plus que la normale. Au bout de 10 minutes, le piolet est tellement lourd a projeter contre la glace, que je n'ai plus aucune précision dans le geste. Nous revenons au camp ou je fais la connaissance de Sylvain, un québécois. Avec Christophe qui est belge, la Francophonie est bien représentée ce soir.

Notre guide a monté la tente, mais je m'aperçois vite qu'elle ne ferme pas. La fermeture éclair est cassée. Ca me rappelle l'expérience du Kilimanjaro : pas question de revivre ce calvaire ! Du coup, je me débrouille pour dormir avec Christophe et Sylvain dans un local qui sert de cuisine, avec un chauffage de fortune (une résistance chauffante posée sur une brique), mais qui est appréciable, compte tenu de la température extérieure. A 20h00, tout le monde est couché.

06 novembre 2005

TREK DANS LE PARC MADIDI - 1ER JOUR DANS LA JUNGLE

Notre groupe de 4 embarque ce matin pour essayer de vivre pendant ces 4 jours dans la jungle une expérience amazonienne unique. Nous sommes accompagné de Simon, notre guide indigène pour la pampa. C'est un ptit bonhomme à la tête joviale qui nous a bien fait rire. il y a aussi Jeni, notre cuisinière, et Juan le deuxième guide, plus discret mais qui saura être là quand il faut.

La barque remonte le courant avec difficulté car le courant est vraiment fort. A certains endroits le niveau de l'eau est si faible que nous devons descendre de la barque pour l'alléger et lui permettre de continuer, en nous récupérant plus loin.







Au bout de 3 heures, nous débarquons sur une berge au milieu de nulle part. Un petit chemin s'enfonce dans la forêt, et nous débouchons 200 mètres plus loin dans une clairière en friche ou 2 grandes cabanes ont été construites.  L'une des cabanes abrite nos lits, rustiques, avec leurs matelas en paille.  Des bruits d'animaux en tout genre se font entendre ça et là, et surtout, nos amis les moustiques sont sur le pied de guerre. Voilà donc notre camp.
Jeni s'active aussitôt pour nous préparer le déjeuner dans sa marmite noircie sur un feu de bois.

 

A 15h00, nous partons faire une marche dans la jungle jusqu'à une paroi rocheuse ou des grands et beaux perroquets rouges, verts et bleu ont élu domicile. Des nuées d'autres perroquets verts et jaunes sillonnent le ciel et piaillent sans cesse.

 

En route, Simon nous a expliqué les différents types de forêt que nous allons voir, de la Primaire (la plus ancienne, la plus dense et la plus haute) à la Tertiaire qui à moins de 200 ans. Nous apprenons aussi à reconnaître des plantes médicinales. Il y a aussi pas mal d'insectes multicolores louches. Plus c'est beau, plus, c'est venimeux ...

Nous passons ensuite au dessus de la paroi d'où nous avons une vue panoramique sur la jungle, et le fleuve qui serpente au milieu, et les montagnes verdoyantes au loin.



Simon nous fait goûter une racine anesthésiante dont l'effet est immédiat : je l'ai à peine posé sur ma langue que je ne sens plus rien. Nous mâchons aussi des feuilles de coca pour voir ce que ça fait. Le goût n'est pas terrible, juste une légère sensation anesthésiante.

 

De retour au camp après cette ballade de 3 heures, nous allons nous laver dans la rivière, puis le dîner arrive. L'unique bougie qui nous éclaire attire toute sorte de papillons et d'insectes bizarres dont cet "insecte bâton", cousin de la mante religieuse, dont le camouflage en brindille est parfait.

 

A 20h00, nous partons pour une marche de nuit car les animaux sortent plus souvent. Nous avons beau avoir des torches, la physionomie de la forêt change complètement et devient vraiment inquiétante. Qui sait ce qui va me tomber dessus ? Je ne vois plus les insectes venir et ramper sur moi. Finalement, nous n'apercevons rien de plus malgré un circuit d'une heure.

De retour au camp, nous installons les moustiquaires, et c'est parti pour une nuit au milieu du plus grand écosystème du monde.