09 juin 2008

USHUAIA - PANORAMA DU BOUT DU MONDE, EN ROUTE POUR L'ANTARCTIQUE

Je quitte Buenos Aires au bout de 10 jours, et prend l'avion pour Ushuaïa, la ville du bout du monde, ou l'atmosphère des pionniers des lattitudes extrêmes flotte encore.

Dans cette ville au nom devenu mythique grâce à l'emission de Nicolas Hulot, l'heure d'un grand départ est arrivé, la réalisation d'un rêve commence... Depuis le pont supérieur du bateau qui m'emmène en Antarctique, je balaye du regard toute la baie d'Ushuaïa et ses sommets enneigés.

28 décembre 2005

USHUAÏA - LE PLUS BEAU LEVER DE SOLEIL QUE J'AI VU DE MA VIE

Le bateau reprend sa route dans le Canal de Beagle dès le lever du soleil, si bien que lorsque je me réveille et vais sur le pont pour voir où nous sommes, le quai est juste en face de moi. Il fait un soleil radieux à Ushuaïa, et une température estivale de 16°C dès 7h00. Il y a une effervescence inhabituelle sur le port : il est rempli de bateaux de croisière, dont un énorme de plusieurs centaines de passagers (des retraités américains dans toute leur splendeur) qui débarquent. Il va y avoir du monde en Antarctique pour le Jour de l'An ! Ca me conforte encore plus dans mon choix d'avoir fait l'expédition maintenant. Il y a aussi un magnifique vieux gréement hollandais à 3 mats.

 

Je prend une dernière photo depuis le pont et je descend prendre mon petit-déjeuner. Le moment des adieux commencent, les passagers quittent le navire petit à petit. Je dis au revoir au capitaine Ezequiel Amas, au personnel de bord, et je vais récupérer mon sac à dos qui a été déchargé sur le quai. Marité part avec une amie franco-argentine, et je prend la direction de l'hôtel avec Christophe et Amichai. Audrey nous rejoindra un peu plus tard. La ville n'a pas changé si ce n'est que les rues sont remplies de gens en t-shirt. Quand je suis parti, il faisait à peine 5°C.

Le Free Style se trouve sur les hauteurs d'Ushuaïa, un hôtel neuf, propre et confortable dont le lit en dortoir de quatre personnes coûte 30 pesos avec petit-déjeuner inclus. Aussitôt débarrassé de mon sac à dos, je me sert d'Internet. J'ai plus de 50 emails qui m'attendent, je suis désespéré ... je vais devoir passé la journée scotché à l'ordinateur. En plus la connexion est super lente donc je vais en ville dans le plus grand café internet dont le gérant est un vieux con mal rasé, désagréable au possible, mais c'est le plus proche. Je retrouve quelques membres de l'équipage,et des touristes de l'expédition. A peine installé derrière mon écran que tout se bloque. Je vais lui dire et il tire sa tronche de mec blasé genre "tu me soûles". Il regarde l'ordinateur et me fait un bye-bye de la main avec son regard désagraéble qui m'énerve tant et qui veut dire "casse toi". Ca a le don de m'énerver, je lui scotcherai bien la porte de sa boutique à la super glue cette nuit ... Mais bon, pas de temps à perdre avec un con de commerçant mal luné, donc je me met à la recherche d'un café Internet qui ne soit pas plein, et je m'installe jusqu'à 12h30 pour répondre à mes messages.

Je rejoins ensuite Amichai et Christophe à l'hôtel pour aller déjeuner. Je lance une machine à laver avant de partir, et on se prend un hamburger dans un boui-boui. Puis je retourne sur internet pour commencer à mettre à jour le blog. 10 jours en Antarctique, ça fait du boulot ! J'y reste jusqu'à 17h00, heure à laquelle j'ai rendez-vouz avec Audrey et Xavier, l'espagnol avec nous en expédition. Mais en route, je trouve des super photographies a faire, donc je m'attarde et quand j'arrive, Amichai me dit qu'ils sont partis sur le port voir le départ des bateaux, dont le nôtre, qui à lieu à 18h00.



Nous allons ensemble les rejoindre, assister au début de l'invasion de l'Antarctique, puis nous allons prendre un verre dans un bar. J'apprend qu'il y a un dîner de groupe ce soir à 19h30. Je retourne à l'hôtel récupérer ma lessive et repars au lieu de rendez-vous. C'est en face de la station essence sur le port, où le couple de néo-zélandais qui voyage en camping car depuis 12 ans à élu domicile. Ils me font halluciner ces  deux là. Je me demande si je serai capable de faire ça.

 

Nous sommes une vingtaine de l'expédition à se rejoindre, puis nous partons dîner dans une parilla. Ma dernière expérience dans ce type de restaurant à viandes n'avait pas été concluante, celle-là ne le sera pas plus. La viande est grasse, plein d'os, seul le poulet est bon. Qu'à cela ne tienne, ça me permet de me fendre encore bien la poire avec Christophe. Nouveau retour à l'hôtel pour faire mon sac à dos (mon bus pour le Chili est à 8h00 demain matin), et nous repartons prendre une bière dans un pub irlandais, qui va vite devenir enfumé par les fumeurs qui débarquent. Audrey est fatigué, donc elle rentre se coucher, et nous continuons la soirée dans un autre bar moins enfumé. A  4h00, nous décidons de partir, pour aller voir le lever de soleil qui commence.

Nous retournons prendre nos appareils photos à l'hôtel, Amichai va se coucher, et je repars avec Christophe sur le port. Les nuages commencent à s'éclaircir en prenant une teinte violette sur les pourtours et le ciel près de l'horizon devient orange. Petit à petit, le ciel prend feu, créant des reflets colorés magnifiques sur l'eau stagnante de la baie. Un des plus beau lever de soleil que j'ai vu jusqu'alors. Je suis content de voir qu'après l'Antarctique, j'arrive encore à m'émerveiller des choses de la nature les plus communes.


 

 


18 décembre 2005

ANTARCTIQUE - EMBARQUEMENT DEPUIS USHUAIA POUR LE DERNIER CONTINENT VIERGE

Après avoir passé la matinée à tourner en rond entre le backpacker et le café internet, à 15h00, je prend le chemin du port avec toutes mes affaires. Il fait un temps pourri mais j'ai le sourire au lèvre, jusqu'aux oreilles, et je commence a ressentir l'excitation du départ. Mon bateau, l'Ushuaia, d'un beau bleu marine et blanc, est visible au loin, amarré entre deux autres gros bateaux. Il est sous pavillon panaméen, mais affilié à la ville dont il porte le nom. Il semble flambant neuf, la peinture a été refaite récemment.

Je fais une photo souvenir devant le port avec le panneau de la ville "Fin del Mundo", et je prend la direction du ponton.



Il faut passer ses affaires dans un appareil à rayon X et me voilà en train de marcher sur la digue en béton. Je passe le premier bateau russe et rejoint un petit groupe qui attend devant le bateau. La montéee à bord n'est autorisée qu'à partir de 16h00, soit dans 15 minutes. Je pose mon sac, et vais faire un tour pour voir les autres bateaux. Deux navires russes semblent aussi partir pour des expéditions polaires.





Les deux énormes bateaux derrière le mien sont des navires de pêche. Le Centurion del Atlantico est en train de charger une cargaison de Surimi. Les marins se font un plaisir de poser pour mon objectif. Les marins russes sont plus concentrés sur leur travail.

 

 

 

Alors que je marche sur le ponton, je manque de prendre une moule sur la tête. Elle s'écrase sur le béton à 1 mètre de moi. Je lève la tête et j'aperçois une mouette qui descend, se pose, récupère la moule cassée et s'en va à nouveau. Dangereux de se promener sur le port ...

A 16h00, les organisateurs font leur apparition et passent voir chacun d'entre nous pour vérifier que nous sommes sur la liste de départ, puis je monte dans le bateau. Je montre mon billet et mon passeport (que l'organisateur garde) à un deuxième contrôle, puis une hôtesse m'emmène jusqu'à la chambre. Nous descendons un escalier, puis un deuxième. J'ai l'impression que je vais dormir dans la cale ! Cabine 512. C'est là. Il y a déjà mon compagnons de chambre dedans. Il s'appelle Lâm, 41 ans, et vient de Hong-Kong. Notre chambre, est assez spartiate, avec un lit superposé, une armoire, un lavabo, une petite table de travail avec une chaise, et un accès à une salle de bain commune. Après les présentations, je remonte sur le pont pour commencer la visite du bateau. C'est assez comique car tout les passagers font pareils : ils déambulent sur les ponts, l'air interrogateur, chacun se regarde, fait un bonjour timide, puis on continue a explorer chaque recoin comme si nous avions perdu quelque chose, en faisant une photo de temps en temps. Je fais connaissance avec Sam, un néo-zélandais qui voyage avec se femme depuis 12 ans avec leur camping car.

Le cocktail de bienvenue débute à 18h00. La majorité des passagers est plus vieille que moi, je dirais dans la quarantaine bien avancée. Je suis sûrement un des plus jeune, mais je m'y attendais. Une bonne dizaine de nationalité est représentée, l'anglais sera donc la langue officielle du voyage. A 18h00, l'Ushuaïa quitte le port lentement, suivi quelques minutes plus tard par un énorme bateau russe qui nous doublera rapidement.

Je sors sur le pont pour regarder le spectacle du Canal de Beagle. A gauche, c'est la terre de feu argentine, à droite le Chili. Nous passons le Phare des Eclaireurs, petite tour rouge et blanche seule sur son cailloux inhospitalier, puis nous passons devant Puerto Williams, la vraie ville la plus australe du monde du côté chilien, contrairement a ce que les argentins affirment pour faire la publicité d'Ushuaïa.
Le ciel est toujours menaçant, mais de temps à autre, un rayon de soleil perce l'épaisse couche de nuages grisâtres pour éclairer la surface de l'eau et créer une marre de lumière. L'atmosphère est mystique, j'ai l'impression d'avoir embarqué pour l'Au-delà.



 

 



Une présentation de l'équipage dans la salle de conférence s'enchaîne sur le cocktail. Le Capitaine est un ancien Commandant de brise-glace, nous avons à bord un naturaliste, un ornithologue, un spécialiste de de l'Antarctique, et le personnel hôtelier. A la fin de la présentation, nous devons faire un exercice de simulation d'évacuation. Tout le monde retourne dans sa chambre, et attend la sonnerie d'alarme. Il faut prendre son gilet de sauvetage, et se rendre sur le pont où se trouvent les canots. Moi, comme d'habitude, j'étais reparti faire des photos et je croise pour aller dans ma cabine tout le monde à contre-sens, en pleine évacuation.

 

L'exercice terminé, je retourne sur le pont et fait connaissance avec Xavier, un étudiant espagnol qui se promène avec une énorme caméra de reporter. Il est étudiant en cinéma et profite de l'expédition pour réaliser  un projet de film documentaire. Le haut parleur annonce que le dîner est servi, et nous nous nous rendons dans la salle de restauration. Là, je fais connaissance avec Victoria et John, un couple australien, avec Audrey, une française qui a embarqué avec Stéphane qui est à une autre table. Nous sommes donc 3 français à bord, d'environ le même âge. Le repas est bon.

Aussitôt fini, je vais dans le salon pour écrire l'article du jour. Audrey et Stéphane me rejoignent, et nous faisons mieux connaissance jusqu'à minuit. Tout le bateau est déjà couché, et le roulis commence. Il fait super chaud dans la chambre, et je commence à avoir mal au coeur. De temps en temps, les portes du placard qui sont ouvertes claquent au gré du tangage. Le mal de mer empire et je suis obligé de prendre un cachet qui m'assomme au bout d'une heure.

17 décembre 2005

USHUAÏA - DERNIERS PRÉPARATIFS AVANT LE DÉPART EN ANTARCTIQUE

Finalement, j'ai choisi l'option "réveil à 4h00"  pour faire les photos du lever de soleil sur Ushuaïa, comme ça si le temps n'est pas bon, je retourne me coucher illico au lieu d'avoir attendu toute la nuit pour rien.
Mon alarme sonne, je jette un coup d'oeil par la fenêtre et, je comprend que j'ai bien fait de ne pas rester éveillé toute la nuit. Il fait un temps pourri, et cela va durer toute la journée. Quand je sors dehors, il fait à peine 5°C et une pluie glaciale tombe par intermittence toutes les heures. Je me réfugie donc au café Internet comme la majorité de la jeunesse de la ville qui ne jure plus que par les jeux en réseau, les messageries instantanées, et les webcam en ce samedi. Le premier où j'entre est complet, donc je suis obligé d'aller dans le plus grand de la ville. J'y passe la matinée a surfer sur les forums de voyage ou je récupère des informations, et en donne aussi.

De retour au Backpacker pour le déjeuner, je me fais mes pâtes rituelles, des tortelinis cette fois pour essayer de varier les plaisirs, mais comme la sauce est toujours aussi dégueulasse, je ne vois pas vraiment la différence. Vivement le self-service sur le bateau que je puisse me goinfrer sans vergogne !

Je récupère ma lessive, et je me demande ce que je vais faire cet-après-midi pour m'occuper. Je me rend compte que les places dans les bus pour le Chili sont assez prisées et que je ferai bien de réservé la mienne dès maintenant pour Puerto Natales, ma prochaine destination à l'entrée du fabuleux Parc Torres Del Paine. Il n'y a pas de gare routière à Ushuaïa. Il faut donc réserver via l'intermédiaire d'une agence de voyage. Je vais en voir une dans le centre, et j'hallucine sur le prix du trajet. Je vais dans celle où j'ai pris mon billet pour l'Antarctique qui me donne globalement le même tarif (110 pesos pour aller à Punta Arenas), mais un peu plus de souplesse dans la fréquence des départs. Je prend donc ma réservation pour partir le 29 décembre, le lendemain de mon retour d'Antarctique. Le propriétaire du backpacker m'avait mis la pression pour passer le Jour de l'An ici, mais ça va me mettre trop en retard sur mon planning (déjà que les 10 jours en Antarctique n'étaient pas prévus ...), donc je vais probablement le passer à Puerto Natales au Chili, voire carrément au milieu du Parc Torres del Paine, dans un refuge. Ca pourrai être sympa.

Il me reste un peu de temps avant que les magasins ne ferment (à 20h00) pour m'acheter un sweat-shirt à manches longues, puis je jette un oeil sur le port pour voir si bateau est là (mais pas encore), et je rentre. Le ciel se dégage pour la première fois de la journée, et laisse apparaître les montagnes qui ont blanchit. C'est magnifique.

Je passe la soirée à lire des vieux National Geographic, et à étudier mon itinéraire pour atteindre Santiago du Chili dans le temps record de 3 semaines, sans prendre d'avion. Je discute un peu avec les israéliens, un couple de français qui me cherchait "c'est toi qui va en Antarctique ?? (ça y'est je suis célèbre dans le backpacker), et je vais me coucher. Demain, c'est le grand jour.

16 décembre 2005

USHUAÏA - JE FAIS PASSER LE TEMPS ...

Cette nuit, je me suis rappelé pourquoi j'en avais marre des dortoirs : il y a toujours un emmerdeur qui ronfle toute la nuit et m'empêche de dormir. J'avais envie de me lever pour secouer son lit comme un prunier, ou de lui balancer une chaussure dans la tête, mais bien sûr, comme souvent dans ces cas là, c'est un gros balèze ... Donc personne ne dit rien jusqu'au petit déjeuner.

Il fait 5°c ce matin, et un ciel gris qui ne donne pas envie de sortir de son lit. Mais je dois quand même aller dehors pour faire une lessive avant le départ, et continuer mes préparatifs. Mais la pluie arrive vite et je me réfugie dans un café Internet.  Un autre truc m'énerve ce matin, c'est tous ces fumeurs qui s'allument une cigarette a côté de moi, au restaurant, au petit déjeuner ou au diner dans le backpacker, a l'aéroport, dans la gare routiere, et bien sur, dans le cafe Internet, sans demander si ca dérange quelqu'un. L'Argentine est un paradis pour eux car il n'y a semble-t-il aucune loi anti-tabac dans les lieux publics, et du coup ils sont vraiment sans-gene. Bref, des que le soleil revient, je repasse au backpacker car Daphna part pour Punta Arena (Chili) ce matin. Nous nous disons au revoir, et je repars.

Je réalise aussi que je vais passer 10 jours sur un bateau dans des conditions de navigation qui risquent d'être extrêmes. Des cachets contre le mal de mer ne seraient pas inutiles. J'ai aussi besoin de caleçons, et j'achète une carte postale pour les enfants d'une école à Dreux avec laquelle je correspond pour faire des leçons de "géographie interactive".

La pluie s'est arrêtés donc je vais me promener de l'autre côté de la baie en prenant la route qui mène à la presqu'île. La vue sur Ushuaïa et son port  est superbe, il manque juste un petit rayon de soleil.





Un arc-en-ciel apparaît au loin, très bas sur l'horizon. Je n'en avais jamais vu des comme ça. Cela doit être dû à la latitude.



Il recommence à pleuvoir, donc je reviens vers la ville et un vent glacé me fouette le visage. J'ai beau me protéger, à la fin de la route, la moitié de mon visage est engourdi par le froid. C'est ça la météo de la Terre de Feu et de Patagonie : un ciel changeant perpétuellement. En l'espace d'une demi-heure, il peut passer d'un soleil radieux a un ciel gris menaçant. Mais il y a une constante, le vent glacée. Heureusement que c'est l'été ici car je n'ose pas imaginer ce que ça doit être en hiver.

 

Je passe au supermarché m'acheter mon paquet de pâtes quotidien ainsi qu'une pizza, puis je rentre au Backpacker. Pas mal de monde est parti donc c'est beaucoup plus calme que les jours précédents. J'apprécie un peu plus. Il ne reste plus que la smala des israéliens et 2 anglaises. Je grave des photos pour un des israélien avec mon ordinateur, ce qui me permet au passage de voir celles qu'il a fait du lever de soleil sur Ushuaïa. C'était le matin où ils sont rentrés bourrés. C'est décidé, je me lève à 4h00 demain ! Ou je ne me couche pas ...

15 décembre 2005

USHUAÏA - UN PETIT TOUR EN PRISON

Pas de programme prévu aujourd'hui, juste envie de ne rien faire. C'est un petit bonheur de pouvoir s'autoriser ça. Je me lève donc à 9h30, et vais passer une bonne partie de la matinée sur Internet pour répondre à une partie de mon courrier en retard. Puis je croise à nouveau Daphna au backpacker qui n'a rien à faire non plus. Le temps de me faire mes pâtes, et je lui propose d'aller au musée de la Marine ensemble.

Le Musée est situé dans l'ancienne prison d'Ushuaïa qui est à l'origine du développement de la ville, lorsque celle-ci fut fermée en 1948 et rachetée par la Marine Argentine pour en faire une base navale stratégique. Des flots d'immigrants arrivèrent attirés par la rumeur de gisements aurifères, et aujourd'hui le développement continue grâce à la mine d'or que constitue le tourisme.

Le musée est assez hétéroclite et intéressant. Il retrace l'histoire des différentes expéditions depuis 500 ans, avec des maquettes des bateaux, des peintures et des cartes géographiques. Une salle est consacrée aux indiens Yamana qui peuplèrent la région avant la colonisation. Puis la visite continue par une aile de la prison dont chaque cellule a été aménagé pour retracer l'histoire de la construction du bagne, ses prisonniers célebres, à travers des objets et des photographies d'époque.

 

Nous y passons une heure, puis nous allons prendre un chocolat chaud dans un magasin spécialisé.  Elle a rendez-vous avec un ami donc je la laisse, et vais faire mon shopping pour affronter le continent le plus froid de la planète. J'achète une cagoule thermique et des chaussettes du même genre, puis je repasse à l'agence de voyage récupérer mon billet de bateau. Il manque juste une petite information dans mon dossier : mon groupe sanguin, sans quoi, pas de départ (soit disant ...). Ca ne rigole pas au niveau de la sécurité médicale.

Je n'ai absolument aucune idée de la réponse. Je dois donc envoyer un email à ma mère en espérant qu'elle le connaisse, et je rentre préparer mon dîner. Je comptais me faire du riz (pour changer des pâtes ...), mais Daphna me propose d'aller faire des courses et d'acheter des légumes et des oeufs en plus, pour faire un dîner un peu plus goûtu. Ca ne se refuse pas. La soirée se passe tranquillement à discuter avec d'autres voyageurs.

14 décembre 2005

USHUAÏA - UN AIR DU BOUT DU MONDE ...

Je me lève à 8h00 et je pars aussitôt explorer les rues aux alentours car le soleil est au rendez-vous et je crains que cela ne dure pas longtemps. Ushuaïa est une ville spéciale, par sa situation géographique bien sûr, mais aussi par l'atmosphère particulière qu'elle dégage. Le centre à des allures de station de sport d'hiver car de nombreux bâtiments utilisent du bois et ont des formes de chalet. Les enseignes publicitaires se battent en duel avec les feux rouges et les fils électriques, cachant un horizon composés de montagnes légèrement enneigées.

Dès que l'on s'éloigne un peu de la rue commerçante en montant sur la colline, avec un peu d'attention, on pénètre dans un autre univers : celui des pionniers du début du siècle, à l'époque ou les matériaux de construction était de la tôle et du bois, et que la seule source de chaleur était celle du poêle. En effet, au milieu des maisons d'aspect moderne, se trouvent des cabanes au toit de tôle ondulée rouge, souvent rouillées, avec des frises en bois qui courent tout le long. Les toits très pointus évitent que les mètres de neige qui tombent en hiver ne s'accumulent dessus et ne fasse effondrer la baraque. Les façades sont parfois aussi en tôle ondulée, mais le plus souvent en bois. Pour égayer le paysage, elles sont peintes en vert, rouge, bleu, ou blanc. Enfin, une clôture en bois délimite des petits jardins au gazon bien vert, ou s'empilent dans un coin un bric-à-brac de planches, pièces mécaniques, vélos, etc ... Voilà une maison typique d'Ushuaïa.

 





Et lorsque je regarde au bout de la rue, il y a toujours cette vue magnifique sur une montagne à la silhouette déchiquetée qui retient quelques langues de glace ou de neige sur ses pentes.



Je me retourne, et là, c'est magique : c'est le Canal de Beagle qui me fait face avec ses eaux d'un bleu profond, et quelques îlots envahit par les phoques. De l'autre côté du canal, les montagnes du Chili peinent a émerger des nuages. Au bout de la rue cette fois, c'est le port et ses gros bateaux de pêche, ses porte-containers, ou des bateaux brise-glaces préparant un ravitaillement polaire avec une expédition scientifique. Et bientôt, peut-être le mien ...



Je retourne à l'Hôtel où m'attendent Daphna (l'israélienne avec laquelle j'ai sympathisé hier soir) et son amie Ingrid (Autriche), pour partir faire une petite randonnée jusqu'au Glacier Martial à quelques kilomètres d'ici seulement. Nous prenons un taxi jusqu'au point de départ où un téléphérique fonctionne. Le temps commence à tourner à la neige fondue, et l'option du téléphérique (15 pesos) prend vite le dessus sur celle de la marche. Nous arrivons au premier refuge en 10 minutes, et de là, une petite marche de 20 minutes nous permet d'atteindre le pied du glacier. en fait, le nom de "glacier" est assez usurpé car il ne s'agit que d'une fine langue de glace qui descend de la montagne. Même celui du Huayna Potosi où je me suis entraîné le premier jour était 10 fois plus impressionnant. Nous allons sur le flanc de la montagne opposée pour avoir une vue panoramique sur Ushuaïa et la baie, y restons 10 minutes, puis je tente d'escalader un peu plus la montagne, pendant que les filles retournent au refuge pour m'y attendre. Malheureusement, la neige rend la pierre glissante et je fais demi tour au bout de 15 minutes. De toute façon, la vue n'était pas mieux qu'en bas.





Nous reprenons le téléphérique pour descendre, puis nous nous faisons prendre en stop par un couple espagnol qui nous dépose près du centre-ville. Daphna part à 15h00 pour une croisière dans la baie, donc nous mangeons rapidement, et chacun va de son côté pour le reste de l'après-midi.

Moi, j'ai un "problème" à régler. J'ai peur qu'il n'y ai plus de place sur le bateau que j'ai trouvé pour l'Antarctique si j'attend le jour du départ pour tenter d'avoir un ticket bradé. La saison touristique a commencé, il y a beaucoup trop de monde ici. Et puis même bradé, ça me coûtera sûrement plus de 2000 dollars. Après, si je me plante, il va falloir patienter plus d'une semaine sur place pour tenter à nouveau ma chance. Ce que je ne peux pas me permettre si je veux atteindre Santiago à temps en ayant un peu profité de la Patagonie. J'ai pris ma décision : je ne peux pas laisser passer ça. Si proche de l'Antarctique, à peine 1000 kilomètres, et devoir repartir sans l'avoir vu ... impossible ! Je vais donc à l'agence, et je réserve ma place pour le prochain départ, Dimanche 18 Décembre. Je signe un paquet de paperasse concernant le respect des Traités Internationaux sur l'Antarctique, des décharges médicales, un contrat de voyage, et je prie pour que ma carte bancaire fonctionne. Alléluia, je suis en route pour le voyage le plus dingue de ma vie !

Sans trop vraiment réaliser ce qu'il va se passer dans 4 jours, je repars en ville à l'Office du Tourisme faire apposer sur mon passeport un tampon "Ushuaïa, Fin du Monde". C'est vrai quoi ... Il ne va pas y avoir d'immigration à passer quand je vais fouler la banquise... il me faut une preuve officielle que j'étais dans le coin !  ;-)

Je continue ensuite ma promenade de découverte de la ville en allant au port, en longeant l'embarcadère jusqu'à la base de la Marine Nationale, puis je vais au Musée de la fin du Monde (10 pesos). Il n'est pas très grand, mais les cinq salles regorgent d'information intéressantes sur les indiens de la régions (disparus depuis longtemps), la vie des pionniers, sur les expéditions en Terre de Feu depuis plus de 500 ans, les naufrages célèbres, et la faune locale.



En rentrant à l'hôtel je me fais une petite frayeur en passant devant une vitrine d'agence de voyage. Elle affiche des places de dernière minute pour un départ en Antarctique dans 2 jours, à un tarif inférieur de 500 euros par rapport au mien. Je rentre immédiatement dans l'agence pour en avoir le coeur net, mais je m'aperçois vite en étudiant l'offre que ça dure moins longtemps que la mienne, d'où le prix inférieur. Je préfère ça ... je me voyais déjà en train d'annuler mon voyage avec l'autre agence, et le bordel que ça risquait d'être.

Je rencontre un français cool à l'hôtel, qui comme moi a tout laché, ainsi que mes nouvelles camarades de chambre. Encore des israéliennes.
22h00 : je vais au supermarché acheter des pâtes et de la sauce tomate pour faire mon dîner. Heureusement que j'aime les pâtes car je vais devoir en manger des paquets pour les semaines à venir...

13 décembre 2005

DE BUENOS AIRES À USHUAÏA EN AVION

Je me réveille tôt pour terminer de préparer mon sac, et je prend la direction de l'aéroport en taxi. Comme d'habitude, je tombe sur un fou qui se prend pour un pilote de Formule 1 mais ça a le mérite de me faire arriver vite. Il y a encore des traces de la grève des pilotes d'Aerolineas Argentinas qui a paralysée le trafic aérien pendant plusieurs semaines : un stand avec des banderoles se tient en face des guichets. Au milieu, deux grévistes qui campent dans une tente prennent le café.

J'ai demandé une place près du hublot et dès que l'avion quitte le sol, je ne regrette pas d'avoir pensé à ça. La vue sur Buenos Aires est superbe. L'immense Avenue 9 de Julio et son Obelisque prend toute son ampleur vue du ciel. Elle est tout simplement impressionnante par son gigantisme.



Le découpage urbain est surprenant aussi : le quadrillage parfaitement rectiligne des rues forme une immense trame qui ressemble à une ville de Légo, puis au fur et à mesure que l'on s'éloigne et prend de la hauteur, les maillons se resserrent et ne forment plus qu'un fond gris.
Les nuages, projetant leur ombre sur le sol, apparaissent et parsèment le ciel tel une flotte d'OVNI prête à envahir la Terre.



Petit à petit, les nuages s'étendent et le sol n'est plus qu'un tapis blanc jusqu'à l'horizon. Je profite des 3 heures de vol pour sortir mon ordinateur et écrire les articles en retard.

A 14H30, l'hôtesse me fait signe de ranger mon ordinateur car nous amorçons la descente sur Ushuaia. L'avion crève la couche de nuages et une vision magique apparait. Une multitude de pics de montagnes blanchies par la neige s'étend à perte de vue, uniquement interrompus par les lagunes aux eaux d'un bleu profond, et le Canal de Beagle. L'avion amorce un virage à 90 degrés et Ushuaia apparaît nichée dans une petite baie. Dans quelques minutes, je vais toucher terre, plus proche que jamais de l'Antarctique. L'aéroport est sur une presqu'île juste en face de la ville et jusqu'à ce qu'on atterrisse, la vue est superbe.

Quelques touristes débarquent en tongs et en t-shirt, mais ils sortent vite fait des affaires chaudes quand ils récupèrent leur sac. Moi aussi d'ailleurs. La température extérieure n'est pas désagréable mais le fond de l'air est frais. Un froid spécial, pas celui d'un hiver parisien, mais un froid pur, un froid qui vient d'au delà l'Océan, là ou des kilomètres de glace recouvrent la terre... La magie d'Ushuaia est en train d'opérer.

Je prend une navette pour le centre-ville avec d'autres voyageurs, qui me dépose au Backpacker Cruz del Sur dans la rue principale. Le lit en dortoir coûte 25 pesos. L'endroit n'est pas spécialement confortable et tranquille mais l'ambiance est sympa, et le contact avec les autres voyageurs est facile. Je pose mon sac et je me demande ce que je vais faire maintenant. Une idée dingue me passe par la tête, mais j'ai peu d'espoir de la réaliser : je demande au propriétaire s'il y a des bateaux du genre ravitaillement de mission scientifique qui partent pour l'Antarctique en ce moment. Il m'indique alors une agence à 30 mètres qui commercialise carrément des croisières. Je n'en demandais pas tant ! Je m'y rend et demande des informations. Un bateau part le 18 décembre pour 10 jours. Le prix est astronomique, quasiment 2900 euros et il ne reste que 5 places. Mais est-ce que je peux laisser passer ça ??? Est ce que je vais revenir à Ushuaia un jour ? La question mérite réflexion. Je sors de l'agence un peu abasourdi. L'Antarctique ... c'est un rêve que je ne pensais pas pouvoir réaliser ... et je suis là, à quelques centaines de kilomètres de la banquise ... je peux sentir l'air qui en vient ...

Je me dirige vers le port pour prendre des renseignement sur une mini-croisisère de 4 heures dans la baie et les îles aux alentours. Je discute avec un des vendeurs et une vendeuse qui m'apprennent que je peux avoir un billet bradé à moins de 1000 dollars si j'arrive à trouver une place de libre le jour du départ. Il faut de la chance, mais c'est envisageable. Si le Père-Noël veut me faire un beau cadeau, c'est maintenant ou jamais !

Je me fais un rapide passage sur Internet pour vérifier l'état de mon compte en banque (au cas ou ...), et je vais me promener un peu en ville pour m'imprégner de l'ambiance du Bout du Monde.  Puis je rentre à l'hôtel pour étudier mon itinéraire et les conséquences d'une croisière de 10 jours non prévus sur mon planning. Il est 20h30 mais il fait encore jour comme au milieu de l'après-midi. C'est l'été austral. Le soleil se couche vers 23h00, et se lève vers 5h00, ce qui fait des journées très longues. C'est mon appareil photo qui est content !

Je vais au supermarché m'acheter une pizza surgelée, que je laisse brûler dans le four pendant que je suis sur Internet. Ca enfume toute la cuisine mais personne ne m'en veut. Je discute une partie de la soirée avec une israélienne et une française et je vais me coucher vers minuit